L’heure est au premier bilan pour Véronique Sarselli. Comme lors de la campagne des élections métropolitaines de 2026, les mobilités se sont imposées comme le fer de lance de ce nouveau mandat. 100 jours après son arrivée, la présidente revient sur ses premières mesures et fait de nouvelles annonces pour septembre.
Avant même son arrivée à la tête de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR) affichait son ambition : créer une rupture avec l’ancien président écologiste de la collectivité, Bruno Bernard. Lors de sa prise de fonction en mars dernier, la présidente promettait ainsi de "réparer, relancer, rassembler." Réparer notamment les "mobilités du quotidien", après six années passées à critiquer les aménagements réalisés par les écologistes autour de Lyon et en Presqu’île.
Dès ses premiers jours, Véronique Sarselli réaffirmait ses priorités : réouverture de la rue Grenette (2e arr.) et du Chemin Neuf (5e arr.) aux voitures, assouplissement de la zone à trafic limité (ZTL), mais surtout lancer une "nouvelle étape pour les mobilités métropolitaines." Le 9 juin, l’exécutif avait ainsi présenté son "plan d’actions" pour répondre à la "crise des mobilités" et "restaurer la fluidité du trafic." Ce dernier se découpe en trois phases : les 100 premiers jours, les six premiers mois et le 18 premiers mois. Alors que la première étape vient de s’achever, la Métropole de Lyon fait le bilan, et annonce des changements pour la rentrée de septembre.
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Reprogrammation de feux, gel des tarifs des parkings LPA...
Si l’on pouvait s’attendre à des mesures fortes dès sa prise de fonction, Véronique Sarselli a préféré ne pas "précipiter les choses", optant pour la concertation après "trop de décisions vécues comme brutales, illisibles ou imposées", et donc, des actions moins marquantes. Celle qui a sûrement le plus fait réagir est la plateforme participative "Ça bloque ? On agit !", similaire à celle déjà existante baptisée Toodego, et invitant les Grands Lyonnais à signaler les points de blocage apparus sur les routes après des aménagements. En trois semaines, plus de 1 700 contributions ont été comptabilisées par la collectivité, dont 78,2 % concernent la sécurité. Les contributions font également état de difficultés rencontrées par les automobilistes à 69,7 %, les cyclistes à 61,4 % et les piétons à 42,9 %. La plateforme sera clôturée le 31 juillet.
La Métropole de Lyon s’est aussi penchée sur les feux tricolores et les tarifs des parkings LPA. Concrètement, une reprogrammation de certains feux a été engagée sur plusieurs secteurs, dont la rue de la Barre (2e arr.) et le quai Romain-Rolland, depuis le pont de la Feuillée jusqu’au quai Fulchiron, afin de "fluidifier les circulations dans les prochaines semaines, réduire les blocages inutiles et sécuriser les traversées", insiste la collectivité ce jeudi dans un communiqué. Une augmentation de 6 % par an des tarifs des parkings LPA, votée jusqu’en 2032 par l’ancienne majorité et prévue pour le 1er août prochain, a par ailleurs été gelée. Une décision visant "à préserver l’accessibilité de la ville-centre pour les habitants, les familles, les professionnels, les commerçants, les artisans et tout ceux qui n’ont pas toujours d’alternative crédible à la voiture", poursuit la Métropole de Lyon.
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La réouverture de la rue Grenette attendue pour "la rentrée de septembre"
Après une série d'ajustements cet été, le prochain rendez-vous est donné en septembre. Notamment pour la réouverture de la rue Grenette aux voitures, point de tension entre la Métropole et la Ville de Lyon depuis plusieurs semaines. Pour tenter de contrecarrer les ambitions de Véronique Sarselli, la municipalité écologiste avait lancé une concertation citoyenne le 30 avril. Au total, plus de 17 000 personnes y ont participé, et 72 % se sont exprimés, selon la Ville de Lyon, en faveur du maintien de l’axe sans circulation automobile. Mais pas de quoi freiner la présidente LR de la Métropole de Lyon qui confirme ce jeudi la réouverture de la rue Grenette "dans les prochains mois", après avoir annoncé un nouveau dispositif "d'ici l'été." Elle précise par ailleurs que "plusieurs scénarios sont à l’étude" afin de pouvoir acter d’une réouverture "effective le plus rapidement possible et vraisemblablement à la rentrée de septembre."
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Un an après sa mise en place, la ZTL va, elle aussi, connaître quelques changements. "Les premiers retours chiffrés mettent en évidence un impact sur la vie économique, avec 85 % des ayants droit qui sont en réalité des professionnels", soutient la Métropole de Lyon. Elle ajoute : "Dans le même temps, les habitants saluent le retour du calme (…), tandis que la fréquentation piétonne progresse le samedi, confirmant l’intérêt de préserver un fonctionnement renforcé le week-end." La collectivité souhaite donc instaurer deux nouvelles formules : une ZTL "semaine", applicable du lundi au jeudi, de 19 heures à 5 heures, et une ZTL "week-end", en vigueur du vendredi à 15 heures au lundi 5 heures. Les jours fériés seront organisés comme lors des week-ends. D’après la Métropole de Lyon, cette mesure générerait une économie de fonctionnement estimée "entre 500 000 et 1 million d’euros par an."
Une première fois enlevés, puis réinstallés, les plots situés à la sortie du parking Saint-Jean (5e arr.) seront finalement retirés "avant la mi-juillet", assure par ailleurs la Métropole de Lyon. Et de préciser : "L’ouverture d’une sortie vers le nord du parking Saint-Jean ne sera envisagée que si ces dernières mesures ne permettent pas d’atteindre les résultats attendus en matière de fluidité de la circulation." Quant au parking Bellecour, sa réouverture dans les deux sens sera mise en œuvre "d’ici la fin du mois de septembre."
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Pas de calendrier pour la montée du Chemin-Neuf
Il avait bien failli voler la vedette à la rue Grenette le mois dernier. Après une série d’accidents, dont celui d’une jeune fille à vélo, la Métropole de Lyon avait entrepris plusieurs aménagements sur la montée du Chemin-Neuf pour "sécuriser" l’axe aux cyclistes - panneaux signalant la pente dangereuse, bandes rugueuses ou encore radar pédagogique seront installés sur cette voirie réservée aux vélos (hors ayants droit) depuis août 2024 - avant sa réouverture aux voitures. Le 22 mai, la collectivité et la mairie du 5e arrondissement indiquaient que cela n’était qu’une question de semaine.
Il semble toutefois que cela ne soit pas à l'ordre du jour, puisqu’aucune annonce n’est faite à ce sujet. Thomas Rudigoz, maire d’arrondissement, avait assuré que le dispositif ferait l’objet d’une "concertation avec les riverains, les collectivités locales, les usagers et les associations concernées", quand bien même la décision semble d’ores et déjà actée. "Ce n'est pas un choix impulsif, c'était une promesse de campagne, claire et assumée, sur laquelle les habitants du 5ème ont pu se prononcer. Je n'entends pas m'en dédire", expliquait-il alors. Une mesure "ubuesque" pour la Ville de Lyon. Affaire à suivre donc.
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