Pascal Blache
Dans l'annonce du départ programmé de Gérard Collomb du gouvernement, Pascal Blache lit une manœuvre du ministre de l'Intérieur de se désolidariser d'un président de la République qui décroche dans les sondages.
Election du président de la métropole au Grand Lyon, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
La nouvelle carte électorale laisse un goût très amer aux élus des monts d’Or. Faiseurs de majorité au Grand Lyon depuis 2001 grâce à un système dans lequel ils étaient surreprésentés, ils digèrent mal le fait que les maires ne siègent plus systématiquement au conseil métropolitain, malgré les promesses de Gérard Collomb.
Gérard Collomb et David Kimelfeld au conseil métropolitain, en mai 2017 © Tim Douet
En 2020, les conseillers métropolitains seront élus au suffrage universel direct. Une première historique qui tranche avec les accords de couloir sur lesquels ont reposé les élections de Gérard Collomb puis David Kimelfeld. Ce nouveau scrutin, Collomb l’a façonné tout seul à la création de la métropole : d’une prime majoritaire à une carte électorale qui semble taillée sur mesure pour La République En Marche.
Le député du Rhône Bruno Bonnell, à l'Assemblée nationale, le 27 juin 2017 © Tim Douet
Bruno Bonnell s’est porté candidat, jeudi soir, à la présidence du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Mercredi, il avait pourtant confié à Lyon Capitale qu’il ne ferait pas un candidat idéal à cette importante fonction : “Soyons sérieux, je suis un électron libre.”
David Kimelfeld, lors de son élection à la présidence de la métropole – Grand Lyon, juillet 2017 © Tim Douet
Courtisé à gauche, coincé au quotidien dans la tenaille des Collomb, David Kimelfeld a décidé de se donner du temps et de garder toutes les options ouvertes tant que le ministre de l’Intérieur n’est pas de retour physiquement à Lyon. Cet entre-deux constitue sa seule chance d’exister dans un paysage politique sur lequel il n’a pas trouvé de prise.
Les élus LR Stéphane Guilland et Philippe Cochet en juin 2018 © Tim Douet
Philippe Cochet et Michel Forissier, qui dirigeaient depuis une décennie la fédération Les Républicains du Rhône, ont décidé de ne pas se représenter. Ils laissent à leurs successeurs un gros chantier : relever la droite lyonnaise.
En moins d'une journée, le SMS envoyé par le président du conseil régional à des lycéens a pris la tournure d'une affaire : opposition outrée et saisine de la CNIL. Interrogé sur le sujet ce mercredi midi, Laurent Wauquiez a refusé de répondre pour ne pas "nourrir une polémique".
Fabrice Luchini en tournage à Lyon, en août 2018 © DR
Un maire de Lyon blasé et incapable de trouver de nouvelles idées après trente ans d’exercice du pouvoir. C’est le futur rôle de Fabrice Luchini au cinéma et Gérard Collomb redoute qu’il ait, pour les spectateurs, des allures de biopic. Le tournage a commencé à Lyon à la fin du mois d’août sans le soutien de la Ville de Lyon et des élus lyonnais, priés de ne pas y participer.
Gérard Collomb en visite officielle à Lyon, en septembre 2017 © Tim Douet
Le remaniement ministériel est tombé et il n'a pas pris la forme d'un couperet pour Gérard Collomb. Pour le moment du moins. Si son bail au ministère de l'Intérieur a été prolongé, il dissimule de plus en plus mal ses envies de retour à Lyon.
Comment le couple Collomb a mis sous verrou la vie politique lyonnaise. Enquête sur une double conquête du pouvoir hors norme.

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