David Kimelfed, depuis son fauteuil de président de la métropole, tisse sa toile en participant à des rencontres politiques qui ne sont clairement pas neutres. Son cœur de cible apparaît clairement : les déçus des années Collomb.
Gérard Collomb juste après sa réélection comme maire de Lyon, le 5 novembre 2018 © Tim Douet
Gérard Collomb a été réélu maire de Lyon, ce lundi matin, avec 41 voix. C’est sept de moins qu’en 2014 et cinq de moins que le nombre d’élus de sa majorité. Plus que ces voix manquantes, ce sont les prises de parole très acérées des élus de l’opposition qui auront marqué l’officialisation du retour de Gérard Collomb.
Gérard Collomb, à l’hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2018 © Tim Douet
Ce lundi 5 novembre, Gérard Collomb va redevenir maire de Lyon. Le conseil municipal extraordinaire qui doit définitivement valider le retour de l’ancien ministre de l’Intérieur ne devrait être qu’une formalité. En revanche, le nombre de voix manquantes sera scruté avec attention. Il déterminera, en partie, la réussite du retour de Gérard Collomb.
Gérard Collomb et David Kimelfeld au conseil de la métropole, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
Jérôme Payen et Arabelle Chambre-Foa, respectivement chef et directrice de cabinet à la métropole de Lyon, ont été congédiés ce lundi par David Kimelfeld, le président de la collectivité. Il estime que la confiance est rompue avec ces deux collaborateurs fidèles à Gérard Collomb.
Ça ne ruisselle pas, ça aspire ! La construction de la métropole et son attractivité semblent s’être faites sur le dos des territoires voisins. Dans les autres grandes villes de la région, le prix de l’immobilier chute, victime du trou noir lyonnais.
L’augmentation des prix de l’immobilier à Lyon n’est clairement pas une bonne nouvelle pour les classes moyennes. Leur capacité d’achat est réduite par la hausse constante du marché et leur horizon s’écrit désormais hors de la ville centre. Où restent les très riches et les plus pauvres, éligibles au logement social.
Lyon / Confluence – Construction de la tour Herzog & De Meuron © Tim Douet
Chaque trimestre, le record du prix au mètre carré est battu à Lyon. L’attractivité de la métropole dope un marché sous tension. Directement ou indirectement, les politiques publiques participent à faire grimper le thermomètre. Et la cote d’alerte est aujourd’hui atteinte.
Arrivée de Gérard Collomb à la gare de Perrache, le 3 octobre 2018 © Tim Douet
Le retour de Gérard Collomb ne ressemble pas à la marche de l’empereur qu’il avait imaginée en quittant précipitamment la place Beauvau aux premiers jours d’octobre. Les élus et la société civile ne lui ont pas déroulé le tapis rouge. Ce retour qui s’opère en couple brouille aussi les perspectives politiques des Collomb, notamment auprès de La République en Marche.
David Kimelfeld, à l’hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2018 © Tim Douet
David Kimelfeld semble avoir choisi son rôle pour 2020. Il ne trahira pas Gérard Collomb, d’autant plus qu’il a réussi à conserver la présidence de la métropole de Lyon. En revanche, de l’intérieur, il œuvre pour rendre impossible une nouvelle candidature de l’ancien ministre d’État.
Jean-François Debat (PS) / Nathalie Perrin-Gilbert / Pierre Hémon (EELV) © Tim Douet
De l’intérieur (Pascal Blache, David Kimelfeld) ou de l’extérieur (Nathalie Perrin-Gilbert), Gérard Collomb est menacé comme jamais, à dix-huit mois des élections municipale et métropolitaine. Son retour a cristallisé les mécontentements et relègue au second plan les inimitiés qui ont jusqu’à présent paralysé une union des gauches.

Posts navigation

1 2 3 4 75 76 77