Grand Lyon – conseil de la métropole © Tim Douet
En 2014, Gérard Collomb s’était taillé un scrutin sur mesure. À un an de l’élection métropolitaine, le climat a changé. Pas encore assuré de pouvoir candidater à ce scrutin, à cause de l’émergence de David Kimelfeld, le maire de Lyon doit faire face à la poussée des Républicains dans l’Est lyonnais. Le scrutin devrait se jouer à Villeurbanne et dans le val de Saône, deux territoires dans lesquels tous les scénarios sont envisageables – Carte et analyse.
Lyon 7e / Gerland – Au premier plan, la Cité scolaire internationale © DR
Querelles politiciennes, spéculation immobilière, poussée démographique. Le futur lycée de Gerland, qui devrait ouvrir ses portes à la rentrée scolaire 2020, réunit toutes les problématiques de l’essor de ce nouveau quartier et de son impact sur un équilibre social menacé.
Lyon – Le quartier de Gerland vu de Sainte-Foy © Tim Douet
Pour les promoteurs immobiliers, Gerland avec ses anciennes friches industrielles est le nouvel eldorado lyonnais. Les immeubles de logements comme de bureaux s’y vendent vite et bien et les prix commencent à dépasser ceux de la Confluence. Mais le développement plutôt harmonieux du quartier s’accompagne de polémiques autour d’opérations où les frontières entre argent public et privé sont floues.
Gérard Collomb, David Kimelfeld et Emmanuel Macron © Tim Douet
De la défiance, ils sont passés aux coups bas. Dans les rangs de la majorité, l’ambiance devient délétère, avec formation de clans. Au jeu des soutiens, le président de la métropole rivalise aujourd’hui avec son ancien mentor. Si, officiellement, David Kimelfeld dit vouloir prolonger un attelage qui ne satisfait pourtant ni l’un ni l’autre, il poursuit un autre objectif : empêcher Gérard Collomb de se présenter en 2020. Pour la République en Marche, Lyon est devenu un casse-tête. À démêler rapidement, en ménageant la susceptibilité de l’ancien ministre tout en confortant le renouvellement incarné par le maire du 4e. Délicat.
Alexandre Vincendet / François-Noël Buffet © Tim Douet (montage LC)
Le calendrier s’est brusquement accéléré à droite. Les Républicains veulent désigner leur candidat à la présidence de la métropole dès ce printemps. Le début de campagne entre François-Noël Buffet et Alexandre Vincendet fait en effet rejaillir d’anciennes tensions de la droite locale qu’Étienne Blanc et Laurent Wauquiez veulent rapidement éteindre.
Alexandre Vincendet, dans son bureau à la mairie de Rillieux-la-Pape, en 2015 © Tim Douet
Le maire de Rillieux-la-Pape ne s’est pas encore déclaré candidat à l’investiture des Républicains pour la présidence de la métropole en 2020, mais il mène déjà une campagne interne. Alexandre Vincendet veut jouer Lyon contre le reste de l’agglomération et le renouveau face à un système à bout de souffle. Catalogué sur une ligne droitière, le président de la fédération LR du Rhône fait de Rillieux son laboratoire d’une politique qu’il veut plus pragmatique qu’idéologique. Entretien.
Caroline et Gérard Collomb, dans les salons de la préfecture, en mars 2014 © Tim Douet
Pendant toute la campagne présidentielle puis celle des législatives, Jimmy Brumant était l’un des piliers d’En Marche à Lyon, toujours dans le sillage des Collomb. Au fil des mois, il a pris ses distances, et le phénomène s’est accéléré, dit-il, avec le départ “incompréhensible” de Gérard Collomb du gouvernement. Sa démission, ce mardi, de la direction départementale illustre la fracture entre Caroline Collomb et les marcheurs “apolitiques”, ces militants qui ne sont pas issus du PS ou d’autres formations.
Premier conseil municipal d’Eric Piolle (EELV), après son élection à la mairie de Grenoble, le 4 avril 2014 © Jean-Pierre Clatot / AFP
Grenoble, Clermont-Ferrand, Villeurbanne, mais aussi Grigny, Mornant, Saillans… Depuis 2014, de nombreuses communes, dans des proportions différentes, se lancent dans des expérimentations sur la démocratie participative : budget, votation citoyenne, commissions ouvertes aux habitants. Avec le mouvement des Gilets jaunes, le phénomène devrait s’accélérer en 2020.
Assemblée nationale, juin 2017 © Tim Douet
Utilisé dans certains pays, le tirage au sort des élus intéresse aussi les Gilets jaunes. Ils l’imaginent comme instrument de reconquête d’un pouvoir confisqué par les professionnels de la vie politique. En France, il est expérimenté depuis 2014 dans les conseils citoyens des quartiers défavorisés.
Banderole réclamant l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) lors d’une manifestation des Gilets jaunes à Lyon, en janvier 2019 © Antoine Merlet
Alors que les citoyens, année après année, se détournent des urnes, le référendum d’initiative citoyenne a rapidement émergé du mouvement des Gilets jaunes pour tenter de redynamiser une démocratie en laquelle beaucoup d’entre eux ne croient plus et dont ils sont devenus les passagers clandestins depuis une vingtaine d’années. La plupart avouent alterner entre vote extrême, vote blanc et abstention.

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