Le maire de Lyon, Grégory Doucet était présent à la Guillotière ce vendredi 11 février pour rencontrer les policiers municipaux qui interviennent sur le quartier et présenter les aménagements urbains à venir. (Photo Hadrien Jame)

Grégory Doucet veut "aller encore plus loin" pour améliorer la situation à La Guillotière

Une dizaine de jours après l’agression de trois policiers à la Guillotière, le 20 juillet, le maire de Lyon s’est  déplacé dans le quartier ce vendredi matin, à la veille d’une visite sur place du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. 

24 heures avant un déplacement très attendu du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à Lyon, où il doit notamment rencontrer les policiers blessés le 20 juillet place Gabriel Péri et se rendre dans le quartier des 3e et 7e arrondissements, le maire de Lyon était sur place ce vendredi matin. Lors de cette visite de plusieurs heures à l’abri des caméras et des appareils photo, Grégory Doucet en a profité, comme il l’avait déjà fait il y a quelques mois en présence de la presse cette fois, pour échanger avec les habitants et ses policiers municipaux déployés sur place. 

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Par la suite, l’édile écologiste a répondu aux questions de BFM Lyon, lors d’un direct organisé depuis la Guillotière. Une intervention très attendue, Grégory Doucet ayant jusque là seulement dénoncé l’agression des trois policiers nationaux, avant de laisser les rênes à ses adjoints Fanny Dubot, la maire du 7e, et Valentin Lungenstrass, l’adjoint aux mobilités.

Sécurité et social, deux thèmes étroitement liés pour la mairie

Lors de cette intervention d’une dizaine de minutes, Grégory Doucet a d’abord balayé les critiques de son opposition qui l’accusait de ne pas s’être exprimé sur le sujet, expliquant à nos confrères "j’ai été élu pour être en action, pas pour passer mon temps sur les plateaux télé.Mon exécutif est au travail. Notre mobilisation sur la place Gabirel Péri est pleine est entière. Ce n’est pas seulement le maire de Lyon qui agit, c’est tout notre exécutif qui est au travail ici quotidiennement".


"On a besoin d'aller encore plus loin, [...] d’avoir une mobilisation de moyens à la hauteur des enjeux. […] On cherche perpétuellement à améliorer la situations ici"Grégory Doucet, maire de Lyon


Tout en rappelant la mobilisation déjà importante des forces de l’ordre sur le secteur, avec une présence quotidienne de la police municipale le matin et de la police nationale le reste de la journée avec la BST, l’unité spéciale créée pour la Guillotière. Accompagné de la maire de l’arrondissement et de la députée écologiste de la circonscription Marie-Charlotte Garin, le maire a insisté sur le fait "que tout le monde fait un effort", et que "tous les services de la Métropole, de la Ville et de l’État sont au travail et se coordonnent pour améliorer les différents phénomènes d’incivilités qui sont observés à la Guillotière".

Pour autant, Grégory Doucet estime qu’il y a "besoin d’aller encore plus loin. Parce que les phénomènes comme l’agression de ces policiers sont extrêmement inquiétants. Je crois qu’on a besoin d’avoir une mobilisation de moyens à la hauteur des enjeux. […] On cherche perpétuellement à améliorer la situations ici. Je ne crois pas que l’on puisse parler d’une dégradation particulière. Je crois qu’au contraire la prise de conscience elle est très forte depuis notre élection en 2020", assure l’élu.  

Critiqué par son opposition et notamment de manière très vive par l’ancien maire de Lyon Gérard Collomb, l'élu écologiste assure "on a constamment augmenté les moyens de réponse, sur le front de la répression, c’est important, mais aussi sur l’accompagnement social. On vient de mettre en place un dispositif d’accompagnement des jeunes en errance [financé à hauteur de 100 000 euros, NDLR], que l’on a construit avec la Métropole et la Préfecture".

Doucet pas favorable à la "double peine"

Également interrogé sur la nécessité, ou non, de renforcer encore la présence policière sur place, le maire explique qu’il "faut aller plus loin encore pour faire en sorte que sur la place Gabriel Péri il y ait une présence plus importante, plus régulière, c’est ce qu’il faut rappeler au ministre de l’Intérieur, mais je crois qu’il en est conscient". Et de rappeler, aussi, à Gérald Darmanin sa promesse d’augmenter de 300 agents les effectifs de la police nationale à Lyon, "il ne s’agit pas d’en demander toujours plus".


"Les délais, les crimes et les incivilités doivent être sanctionnés pour ce qu’ils sont, la question de l’expulsion, pour moi, n’est pas ce qui nous permettra de résoudre les problèmes sur la durée"Grégory Doucet, maire de Lyon


S’il ne s’est pas exprimé sur la polémique créée par Gérald Darmanin, lorsqu’il avait annoncé l’expulsion d’un homme suspecté d’avoir participé à l’agression des policiers, avant de finalement être mis hors de cause,  Grégory Doucet a tout de même évoqué la question de la "double peine", à laquelle le ministre est favorable. "Je ne crois pas que l’on traite les phénomènes de délinquance ou de criminalité avec de nouveaux centres de rétention. Les délais, les crimes et les incivilités doivent être sanctionnés pour ce qu’ils sont, la question de l’expulsion, pour moi, n’est pas ce qui nous permettra de résoudre les problèmes sur la durée. Cela a déjà été établi, la double peine n’est pas efficace en matière de prévention de la délinquance", estime Grégory Doucet. Pour lui, la réponse se trouve plutôt dans la justice, "qui manque aujourd’hui cruellement de moyens".

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