Solal Gendrin, fondateur de Lyon Pocket et conseiller métropolitain, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Solal Gendrin, fondateur de Lyon Pocket et conseiller métropolitain, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

"On a dépassé Google Maps et Waze" : le succès surprise de l’application lyonnaise Lyon Pocket

Solal Gendrin, fondateur de Lyon Pocket et conseiller métropolitain, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

L’application lyonnaise Lyon Pocket connaît un démarrage fulgurant. Pensée comme une alternative à l’ancien TCL Live, elle permet de visualiser en direct les transports en commun lyonnais, mais aussi les travaux, les parkings relais ou encore les stationnements vélos. Son créateur, Solal Gendrin, revendique une approche centrée sur l’information locale et l’accès libre aux données.

Une application locale qui séduit déjà des milliers d’utilisateurs

Lancée il y a seulement quelques semaines, Lyon Pocket a rapidement trouvé son public. "Lyon Pocket a été numéro un des applications de navigation pendant plusieurs jours", affirme Solal Gendrin. L’application aurait même dépassé ponctuellement Google Maps ou Waze en nombre de téléchargements sur l’App Store. À ce jour, elle compte plus de 25 000 téléchargements, un chiffre appelé à progresser avec l’arrivée prochaine d’une version Android.

L’application permet notamment de suivre en temps réel les bus et tramways lyonnais sur une carte interactive. Les utilisateurs peuvent également consulter les horaires des métros, recevoir des notifications sur les perturbations ou encore visualiser le taux de remplissage des parkings relais. "L’idée, c’est vraiment de pouvoir voir instantanément sur la carte le taux de remplissage", explique le fondateur.

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De nouvelles fonctionnalités en préparation

Solal Gendrin souhaite désormais enrichir l’application avec de nouveaux outils autour des Vélo’v. Il travaille notamment sur un système de prédiction du remplissage des stations grâce aux données historiques de la Métropole de Lyon. "Je suis actuellement en train de travailler sur un algorithme qui permet justement de prédire, en fonction du jour de la semaine, de la météo ou encore de la temporalité, si une station va être remplie ou non", détaille-t-il.

Développée au départ comme un simple projet personnel, l’application est aujourd’hui entièrement gratuite et sans modèle économique. "Je ne vends pas les données. Il n’y a actuellement aucun business model pour cette application", assure Solal Gendrin, qui voit dans Lyon Pocket un outil de service public numérique à destination des habitants de la métropole.

Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler technologie, avec une application qui s’appelle Lyon Pocket, qui permet de visualiser les transports en commun lyonnais, mais bien d’autres choses. Pour en parler, nous recevons son créateur, le fondateur de Lyon Pocket, Solal Gendrin, qui est aussi conseiller métropolitain et directeur produit de la société VASI, basée à Villeurbanne. Bonjour Solal Gendrin.

Bonjour, merci de m’avoir invité.

Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer dans le vif du sujet. D’abord, à quoi sert Lyon Pocket ? C’est déjà un petit succès local puisqu’il y a eu de nombreux téléchargements. Vous avez été placé dans le top 10 des applications les plus téléchargées, je crois, sur Apple. Alors d’abord, à quoi sert Lyon Pocket ?

En effet, Lyon Pocket a été numéro un des applications de navigation pendant plusieurs jours. On a dépassé, en nombre de téléchargements sur une période, Google Maps, Waze, qui sont quand même des pionniers de la navigation, ou encore l’application de la RATP. C’est un beau symbole.

Concrètement, Lyon Pocket, c’est un peu la résurrection de l’ancien TCL Live, pour ceux qui ont eu l’occasion de le connaître. C’est une application où l’on peut voir l’ensemble des véhicules du quotidien sur une carte. On peut voir l’ensemble des trams et des bus bouger en direct, mais pas seulement.

C’est ça qui est important à dire : vous voyez votre bus sur l’application, qui arrive à un kilomètre cinq cents, qui arrive dans la rue. Mais vous voyez aussi les autres bus si vous avez une correspondance. Il y a quand même beaucoup de fonctionnalités. Là, vous nous parlez effectivement des transports en commun. J’ai dit bus, vous avez dit tram, il y a peut-être les métros aussi ? Je ne sais pas s’ils sont actualisés en direct.

On a l’ensemble des horaires pour les métros.

Voilà, donc on a les horaires pour cela. Il y a d’autres fonctionnalités. Il y a aussi, je crois, des choses sur les parkings et les travaux. Vous pouvez nous dire un mot sur ces deux options ?

Bien sûr. À la Métropole de Lyon, on a la chance d’avoir des données sur les travaux du quotidien. L’idée, c’est que quand on descend de chez soi, on peut avoir envie de voir quels sont les différents travaux, ce qu’il se passe dans sa rue, comprendre qu’une canalisation est en train d’être refaite et que cela va durer environ deux à trois semaines.

Mais pas seulement. Je pense aussi à toutes les personnes qui prennent tous les matins un parking relais, par exemple celui de Vaise, qui est très souvent occupé. L’idée, c’est vraiment de pouvoir voir instantanément sur la carte le taux de remplissage, se faire un widget sur son téléphone, etc.

Et avec des systèmes de notification, on peut être averti effectivement ?

C’est ça. On peut s’abonner à une ligne en particulier, comme le métro A si on le prend tous les jours, et être notifié le matin si l’on sait qu’il va y avoir un souci sur la ligne.

Et est-ce que vous avez tout rassemblé ? Vous avez parlé des parkings relais, mais est-ce que pour les Vélo’v, par exemple, on peut aussi voir s’il y a de la place en bas de chez soi le matin, ou pour emprunter un vélo d’ailleurs ? C’est possible ce genre de chose ?

Pas encore pour les vélos. En revanche, on a les stationnements vélo et les roues motorisées. Et justement, cela fait partie des évolutions que j’aimerais ajouter : voir les disponibilités des Vélo’v, mais surtout pouvoir créer un widget. Souvent, les gens utilisent toujours la même station, à l’aller comme au retour.

J’aimerais même aller un peu plus loin en créant un système qui permettrait de prédire si la station Vélo’v va être pleine à l’arrivée. Il n’y a rien de pire que d’arriver et de se rendre compte qu’en fait c’est plein, qu’il faut faire deux kilomètres de plus puis revenir à pied.

Donc de la prédiction, sur la base des probabilités et de l’historique, j’ai envie de dire.

C’est ça. On a la chance, à la Métropole de Lyon, avec l’équipe Data Grand Lyon, d’avoir l’historique des quatre dernières années des taux de remplissage des stations Vélo’v.

Je suis actuellement en train de travailler sur un algorithme qui permet justement de prédire, en fonction du jour de la semaine, de la météo ou encore de la temporalité, si une station va être remplie ou non, à quelle vitesse elle se remplit, par rapport aussi aux données en direct.

D’accord. Donc ça, ce sont les perspectives. C’est intéressant effectivement de voir comment cela pourrait se développer. Revenons simplement sur la genèse : comment avez-vous eu l’idée ? Vous avez parlé un petit peu de TCL Live, qui était une application existant depuis longtemps et qui a disparu parce qu’elle a été intégrée à l’application TCL classique. C’est à ce moment-là que vous vous êtes dit qu’il fallait plancher sur une application pour la remplacer ? Quelle est l’histoire de Lyon Pocket ?

En effet, j’avais vu que TCL Live avait été décommissionnée. Et puis, à ce moment-là, j’ai vu qu’il y avait un nouveau jeu de données. Alors vraiment uniquement pour m’amuser, le soir, j’ai commencé à développer cette application.

Comme je le disais, elle est restée un ou deux mois sur mon ordinateur, sans trop savoir quoi en faire. Puis à un moment, je me suis dit que cela pourrait être intéressant de la sortir. Et c’est vraiment là que cela a commencé à prendre de l’ampleur.

Et là, on est à combien de téléchargements ?

On est à plus de 25 000 téléchargements à ce jour.

D’accord. Et il y a un plateau ou cela continue d’augmenter ?

Cela continue constamment d’augmenter. J’en suis le premier surpris.

Donc il y a encore une grande marge de progression, on imagine, pour toucher tous les Lyonnais et Grands Lyonnais ?

Exactement. D’autant plus que l’application n’est pas encore disponible sur Android. Donc on peut s’attendre à au moins doubler le nombre de téléchargements.

Et alors, une sortie sur Android est annoncée pour quand à peu près ?

Je travaille jour et nuit, week-ends compris. Cela devrait arriver d’ici deux semaines.

D’accord. Vous êtes développeur de formation ? Vous avez beaucoup de casquettes. On a parlé de VASI, qui développe OpenProject. Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ? Vous êtes aussi conseiller métropolitain chez Les Écologistes. Vous faites beaucoup de choses. Qu’est-ce qu’OpenProject exactement ? C’est une autre casquette que vous avez ?

C’est encore une autre casquette. OpenProject, c’est un projet qui me tient vraiment très à cœur.

Les sujets d’urbanisme sont souvent très mal compris. En revanche, quand on explique clairement aux gens, sur une carte, les différents projets qui se trouvent à côté de chez eux, ils sont tout à fait capables de comprendre.

OpenProject.com, c’est justement l’idée de permettre aux habitants d’arriver sur une carte et de voir l’ensemble des projets urbains de la Métropole de Lyon, afin de vraiment les comprendre.

L’objectif, c’est d’avoir les différentes dates, les plans d’insertion, et une explication concrète de ce qui est en train d’être réalisé près de chez soi. N’importe qui peut aller sur la carte : il n’y a pas de publicité, c’est en accès libre, et chacun peut ainsi comprendre ce qui est en train de se passer dans la Métropole de Lyon.

En un mot, puisque c’est la fin de l’émission : le business model, comment financez-vous Lyon Pocket ? Il y a une version premium en cours ? Comment financez-vous tout cela ?

Tout est gratuit. Je ne vends pas les données. Il n’y a actuellement aucun business model pour cette application. En revanche, si un jour nous souhaitons l’étendre, ce sera avec plaisir.

D’accord. Donc l’humanisme à la lyonnaise s’étend même jusqu’à Lyon Pocket actuellement : c’est gratuit, en tout cas. Merci beaucoup Solal Gendrin, c’était la fin de l’émission. Quant à vous, merci d’avoir suivi cette émission.

Plus de détails sur l’actualité lyonnaise, les entrepreneurs et les initiatives sur lyoncapitale.fr.

Je vous dis à très bientôt. Au revoir.

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