gréviste Perrache agents de nettoyage
Saber Barchouchi, responsable des agents de nettoyage d’Arc-en-Ciel et Arnaud De Rivière de la Mure, syndicaliste CNT, comptent les dons récoltés à la gare de Perrache. @ Cheyenne Gabrelle

Grève des agents de nettoyage à Perrache : "la Métropole de Lyon n'assume rien"

Les agents de nettoyage employés par Arc-en-Ciel à la gare routière de Perrache entament leur 42e jour de grève, et dénonce l’absence de dialogue entre les salariés et la Métropole de Lyon, qui sous-traite le marché.

Alors que les déchets s'amoncellent dans la gare routière de Perrache, les grévistes eux, attendent que la Métropole de Lyon ouvre la porte au dialogue. Depuis le début de la grève, aucune négociation entre les salariés de la société Arc-en-Ciel et la Métropole de Lyon, qui sous-traite le marché de nettoyage, n'a eu lieu. Les deux parties se sont longtemps renvoyé la balle, même si la collectivité a évoqué, pas plus tard que lundi, la possibilité d’ouvrir des postes pour les salariés non repris par Arc-en-Ciel.

Pour rappel, les 22 salariés d'Arc-en-Ciel qui s'occupent de l'entretien de la gare sont en grève depuis le 10 octobre pour dénoncer la fin du contrat qui lie leur entreprise à la Métropole. La collectivité ayant décidé de réserver son nouvel appel d'offres pour ce marché à des entreprises d'insertion, ce qu'Arc-en-Ciel n'est pas, les agents chargés du nettoyage de la gare routière se retrouveront sur le carreau au 31 décembre 2022. Ils réclament donc une solution de la part de la Métropole de Lyon avec un travail à la clé.

"La Métropole assumera son rôle d'employeur territorial"

Lundi 21 novembre, à l'occasion du conseil métropolitain, le vice-président de la Métropole de Lyon chargé des finances, Bertrand Artigny, a insisté sur le fait que "l'entière responsabilité de la gestion des ressources humaines d'Arc-en-Ciel lui impose de repositionner les personnes dans son entreprise voire à la holding T2MC", mais que le Grand Lyon "assumera son rôle d'employeur territorial".

À ce titre, la collectivité pourra concéder qu'elle pourra "solliciter l'ensemble des acteurs de nettoyage du territoire ou bien ouvrir un nombre limité de postes de catégorie C, en fonction de ses propres besoins dans le respect du principe d'égal accès à l'emploi public." L'élu EELV précise également que cette ouverture ne pourra se faire que si les mesures du plan de sauvegarde négocié entre l'employeur et l'intersyndicale "ne permettent pas à certains salariés de trouver un poste correspondant à leurs compétences au sein de T2MC et leurs évolutions de carrières".

"La Métropole refuse toute forme de dialogue"

Pas de quoi rassurer les grévistes qui tenaient le piquet de grève à Perrache mardi 22 novembre. Ils ne voient d'ailleurs pas une quelconque prise de responsabilité dans les déclarations de Bertrand Artigny. "Pour nous, la fenêtre d'ouverture lancée par la Métropole hier n'est clairement pas synonyme de dialogue et de négociation" explique Arnaud De Rivière de la Mure, chargé de développement au sein de la CNT, solidarité ouvrière.

Ce dernier retient plutôt les méthodes de la collectivité dans ce dossier. "À de multiples reprises, le directeur des moyens généraux du Grand Lyon, Hervé Renucci, a carrément demandé à la sécurité d'empêcher les retours de salariés sur le site. Un vendeur n'a pas à faire de l'ingérence dans la gestion du personnel de sous-traitant", déplore M. De Rivière de la Mure. Malgré cela, les grévistes souhaitent toujours trouver une porte de sortie au conflit social, autre qu'un recours à la justice.

"Il a fallu sept semaines pour qu'on commence à parler de nous, c'est déjà un miracle", poursuit le syndicaliste, qui appelle désormais de ses voeux l'ouverture d'un vrai dialogue. En attendant, le responsable de l'équipe et délégué syndical, Saber Barchouchi, assure que les salariés poursuivront leur mouvement de grève jusqu'à obtenir gain de cause auprès de la Métropole de Lyon.

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