Anaïs Belouassa Cherifi, nouvelle députée du Rhône. (@Anthony Ravas)

Municipales à Lyon : "On ne laissera pas la Mairie à Jean-Michel Aulas", promet Anaïs Belouassa-Cherifi

À quelques semaines des élections municipales, la candidate insoumise à la Mairie de Lyon entend fédérer les électeurs autour des "réalités quotidiennes pour répondre concrètement aux problématiques".

"Être audible, ce n’est pas répondre à toutes les propositions délirantes, mais de proposer des solutions concrètes aux problématiques du quotidien". Telle est la stratégie affichée par la candidate insoumise aux municipales, Anaïs Belouassa-Cherifi. La députée et désormais prétendante à la Mairie de Lyon a profité d’un temps d’échanges avec la presse ce vendredi 23 janvier pour détailler davantage ces propositions de campagne, elle qui est pour l’instant créditée de 9 % d’intention de vote au premier tour.

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1 000 nouvelles places de crèches d’ici 2032

Accusant d’abord Jean-Michel Aulas, grand favori des sondages, de "propositions démagogiques en dehors de toute réalité", Anaïs Belouassa-Cherifi n’hésite pas à reprocher à l’exécutif actuel mené par Grégory Doucet d’avoir largement oublié le volet social lors de son mandat. "Ils se rendent compte qu’il faut retourner à gauche. Les cantines gratuites, le logement… Ce sont des propositions que l’on porte depuis longtemps. De ce point de vue là, on a gagné la bataille idéologique", résume-t-elle. Le sujet n’est donc pas de renier le bilan des écologistes, mais "de faire mieux et d’aller plus loin".

Notamment avec la gratuité des cantines scolaires et la mise en place d’un petit-déjeuner pour les enfants. La candidate insoumise entend faire revenir le dispositif en régie publique et le faire évoluer autour de trois cuisines centrales : celle déjà existante à Rillieux-la-Pape et de deux nouvelles cuisines. Selon Anaïs Beloussa-Cherifi, mettre fin au marché public d’Elior permettrait ainsi de récupérer les marges "de 15 à 20 %" faites par les entreprises pour favoriser une meilleure alimentation dans les cantines. Une mesure en partie instaurée par Grégory Doucet qui s'est engagé à la rentrée de septembre 2022 à servir au moins 50 % de produits bio dans les cantines. La proportion doit atteindre 75 % cette année. La mesure, dont le coût de fonctionnement est estimé à 8 millions d’euros, permettrait également une économie de "1 à 1,5 million d’euros du côté de la logistique" et la création de "100 à 125 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires", précise encore Anaïs Belouassa-Cherifi.

Toujours du côté de l’enfance, l’insoumise promet la création de 1 000 places de crèche supplémentaires à l’horizon 2032. Chiffrée à 20 millions d’euros au global, la proposition aurait un coût de fonctionnement annuel estimé à 2,3 millions d’euros. Pour ce faire, Anaïs Belouassa-Chérifi souhaite mettre en place des conventions avec des entreprises dont les bureaux seraient vacants, notamment dans les quartiers d’affaires, comme celui de la Part-Dieu (3e arr.). La candidate annoncera prochainement ses propositions quant à l’embauche de nouveaux personnels, le secteur connaissant un vieillissement de ses agents.

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Des conventions pour réquisitionner les logements vacants

Autre volet, celui du logement. Alors que Jean-Michel Aulas souhaite créer une "charte de modération" des loyers, Anaïs Belouassa-Chérifi a déjà rappelé sa volonté de réquisitionner les logements vacants pour héberger les personnes sans-abris. "On nous dit que ce n’est pas possible, c’est faux, d’autres mairies l’ont fait", souligne-t-elle. La candidate envisage donc de se concentrer sur les logements lyonnais inoccupés depuis plus de 2 ans. Selon elle, 2 000 habitations seraient concernées entre Rhône et Saône. La réquisition serait rendue possible grâce à la mise en place, là aussi, d’une convention avec les propriétaires… Si tant est qu’ils soient d’accord. "Je veux encore croire à l’humanisme lyonnais", espère-t-elle. En parallèle, la candidate estime que l’une des priorités réside également dans la création de nouveaux emplois d’agents au service patrimoine de la Ville afin d’effectuer un recensement du foncier municipal. "Réquisitionner les logements vacants, c’est avoir un vrai suivi avec les personnes que l’on accueille, qu’il soit social ou médical, pour qu’elles puissent ensuite se réintégrer à la société. Nous avons une vision globale sur le sujet", précise-t-elle encore.

Enfin, si l’insoumise n’est pas tendre avec les écologistes, leur reprochant d’avoir oublié le volet social, mais aussi de l’avoir joué trop personnel, sa position reste claire : "On ne laissera pas la mairie à Jean-Michel Aulas". Et d’ajouter : "Ce serait dramatique que la ville soit dirigée par Jean-Michel Aulas et nous avons une tradition à gauche de s’unir pour que la droite n’arrive pas au pouvoir". Une alliance au second tour semble donc se dessiner, mais les questions du logement et de la sécurité seront décisives. Anaïs Belouassa-Cherifi demande en effet un moratoire sur les caméras de surveillance, les estimant sans réelle efficacité, afin de privilégier la police de proximité, plus à même de régler les problèmes de sécurité, à l’image du marché sauvage dans le quartier des États-Unis (8e arr.).

Le prochain rendez-vous de la candidate est donné à ses militants le 6 février prochain à La Ficelle, dans le 1er arrondissement.

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