La Région annonce laisser la maîtrise d’ouvrage et le financement du projet du tronçon au sud de Lyon de la ViaRhôna. La Métropole devrait alors proposer son propre tracé. @AntoineMerlet

ViaRhôna au sud de Lyon : une sortie à vélo sur le tronçon de la discorde

L'association de cyclistes AF3V organise une sortie de vélo pour pointer les retards sur le tronçon de la ViaRhôna au sud de Lyon, quasiment le dernier tronçon non réalisé, et soutenir un tracé d'itinéraire.

Alors que la Région a jeté l'éponge sur le tracé au sud de Lyon de la ViaRhôna, l'association de cycliste AF3V (Association française pour le développement des véloroutes et des voies vertes) organise une "randonnée vélo" sur le tronçon qui pose problème, ce dimanche 18 septembre. Le départ se fera à 10h devant le siège de la Région AURA. Le tronçon fait 18 km et relie la Confluence à Givors en passant par les lônes du Rhône.

Sur le tronçon
Pierre-Bénite-Givors selon la Région : 18 km; 6 communes; 200 000 usagers par an envisagés; 95 % de l’itinéraire en voie verte; 3 aires d’accueil; 7,8 millions d’euros de budget

Ce tracé, que soutient l'association, était celui que la Région avait proposé avant qu'elle ne rejette la maîtrise d'ouvrage, comme l'annonçait Lyon Capitale en juillet. L'association met en avant les arguments suivants : "Pour rappel, le tracé envisagé au plus près du Rhône s’appuie sur des cheminements existants. Cheminements qui sont déjà parcourus annuellement par plus de 130 000 personnes (piétons et vététistes), dans leur immense majorité issue des communes de la Métropole. Chiffres qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années, les zones naturelles débordant même certains week-ends de barbecues et pique-niques".

ViaRhôna
ViaRhôna dans son ensemble : 1,1 million de cyclistes chaque année; 82 % d’excursionnistes; 18 % de tourisme; 66 € de dépenses par touriste par jour; 37 % de primo-itinérants; 55 % de voies vertes

De fait, les élus écologistes de la Métropole de Lyon avaient pointé l'impact d'une telle construction sur ces zones protégées ainsi que le manque d'informations sur cet impact de la région de Laurent Wauquiez (LR), dans la foulée de l'enquête publique.

Pierre Hémon, le président de l’AF3V et ancien élu écologiste à la Métropole, poursuit : "Aucune solution alternative n’est proposée, et encore moins mise à l’étude à notre connaissance. Si l’on s’en tient à la situation actuelle, il n’y aura pas d’aménagement cyclable avant au moins 10 ans !".

Une mobilisation soutenue par d'autres associations : Collectif Vélo Aura, La Ville à Vélo, Collectif Valve, Comité Rhône-Métropole de la FFVélo (Fédération Française de cyclotourisme) et Les Vélographes.

Présentation de la ViaRhôna

La ViaRhôna est cette piste cyclable touristique de 815 km qui relie la Suisse à la Méditerranée en longeant le Rhône. Quasiment achevée, seul le tronçon entre Lyon et Givors n'est pas encore réalisé malgré 20 ans de discussions pour déterminer un tracé. La Région AURA qui était chargée de réaliser cette portion, abandonne la maîtrise d'ouvrage et le financement. Son tracé avait reçu deux avis défavorables : de l'enquête d'utilité publique, et des écologistes de la Métropole de Lyon. La responsabilité de la réalisation et son financement reviennent donc à la Métropole de Lyon qui souhaite l'utiliser pour sa Voie Lyonnaise 3.

Un projet d'itinéraire par les centres-villes

Justement, du côté de la Métropole, la prudence semble être de rigueur. Interrogée avant le désistement de la Région AURA, la vice-présidente au tourisme, Hélène Dromain (EÉLV), n’avait pas souhaité s’exprimer malgré les enjeux du tracé. Fabien Bagnon (EÉLV), le vice-président à la mobilité, confirmait simplement que le projet de “Voie lyonnaise 3”, reliant Quincieux à Givors, reprendra le tracé de la Région sur ce tronçon au sud de Lyon. Il avançait cependant : “Probablement qu’un jour on fera une belle voie verte route d’Irigny et route de Saint-Genis-Laval.” L’hypothèse d’une autre piste cyclable pour le sud-ouest lyonnais, passant par les centres-villes d'Irigny, de Vernaison, de Grigny semble donc plausible... quitte à s'éloigner du Rhône et perdre en cohérence avec l'esprit originel de la ViaRhôna.

Le vélotaf vs le cyclotourisme

Cet itinéraire plus proche des habitations favoriserait, de facto, le vélotaf  sur le cyclotourisme et éviterait de passer par des espaces naturels protégés comme le faisait le tracé de la Région AURA. Une idée que soutenait Pierre Athanaze (EELV), le vice-président chargé de l’environnement : “C’est certainement ce qu’il faudrait faire. Ce n’est pas aberrant : il y a d’autres tronçons de ViaRhôna qui s’éloignent du Rhône. Ce serait très pratique pour les trajets quotidiens.” L’élu dénonçait aussi le peu de concertation de la Région avec la Métropole sur le sujet : “Vous faites une piste en sachant que c’est quelqu’un d’autre qui va l’entretenir et vous ne le consultez pas ?”.

Pour aller plus loin sur le sujet, Lyon Capitale a consacré un dossier entier sur les raisons techniques et politique du blocage de la ViaRhôna au sud de Lyon. A retrouver aussi dans le numéro d'été

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