Une partie du cours Charlemagne est désormais piétonnisée, dans le 2e arrondissement de Lyon.

Une partie du cours Charlemagne piétonnisée : Quid désormais du reste de la Presqu'île, et à Lyon ? Décryptage

Après une expérimentation de plusieurs mois, une partie du cours Charlemagne, dans le 2e arrondissement de Lyon, est désormais piétonnisée. Et après ? Quelles sont les ambitions de la ville de Lyon en matière de piétonnisation ? Quid de la Presqu'île ? Des coeurs d'arrondissements ? Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon en charge des mobilités, décrypte pour LyonCapitale.fr la stratégie de la ville.

Il s'agissait, depuis le 23 mars 2021, d'une expérimentation. Une piétonnisation sur une distance assez courte sur le cours Charlemagne (2e arrondissement de Lyon), artère centrale du quartier de Confluence, entre la rue Montrochet et le quai Riboud, devant le centre commercial, devant la darse et l'hôtel de région.

Avancer vite cours Charlemagne avait été décidé par la ville de Lyon et la Métropole de Lyon pour répondre à l'arrivée du terminus du tram T2 jusqu'à Montrochet, jusqu'à l'Hôtel de région. Cela avait des conséquences sur le fonctionnement du carrefour rue Montrochet-cours Charlemagne.

"C'est un carrefour extrêmement contraint et largement saturé à certaines heures de la journée et du week-end. L'arrivée du T2 est une opportunité d'améliorer la desserte du quartier Perrache-Confluence. C'est quelque chose de très positif pour les mobilités dans le secteur. Par contre, il vient complexifier le fonctionnement de ce carrefour", expliquait alors Fabien Bagnon, vice-président délégué à la voirie et aux mobilités actives à la Métropole de Lyon. "Pour éviter qu'il dysfonctionne complètement et qu'on ait une saturation complète du secteur, il apparaissait qu'il fallait prendre des décisions, agir, et c'est ce qui a motivé le lancement de cette expérimentation. L'expérimentation va permettre de tester cet aménagement pendant plusieurs périodes", ajoutait Fabien Bagnon.

Le périmètre piéton pourrait encore être étendu à Charlemagne

L'expérimentation a été concluante et le petit secteur de Charlemagne est piétonnisé. Dans la durée. "Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on avait anticipé et prévu. Mais avec l'arrivée du T2, le dossier est venu très rapidement sur la table en début de mandat. Il fallait faire très rapidement quelque chose autour de ce carrefour", explique Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon en charge des mobilités pour LyonCapitale.fr.

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L'adjoint au maire de Lyon tire un bilan très positif de l'expérimentation. "La traversée darse - esplanade est améliorée pour les piétons. Pour les vélos, le flux a augmenté, mais aussi en lien avec l'ouverture du la voûte Perrache (où 2000 cyclistes par jour passent). Pour le tram, pas de remontée spécifique des conducteurs de tram sur des conflits qui pourraient être dangereux. C'est un bonne nouvelle. Concernant les voitures, on a une baisse importante sur Charlemagne-Nord et Charlemagne-Sud de l'ordre de 40 % en 2021. Sur Charlemagne-Sud, on a toujours les problématiques liées au parking du centre commercial le samedi".

Une grande consultation sur la piétonnisation de la Presqu'île en 2022

Pour éviter Charlemagne, coupé à la circulation depuis fin mars, une partie du trafic s'est déplacée vers le quai Perrache, côté Rhône. "On a une légère augmentation du trafic sur le quai Perrache. On est passé à une distribution "en peigne" où les riverains passent par le quai Perrache pour rentrer chez eux puis par le cours Suchet, le cours Bayard et les différentes rues. Il y a une bonne partie du trafic de Charlemagne qui se retrouve sur le quai Perrache pour les personnes qui rentrent chez eux. Sur la partie riverains et usagers", concède Valentin Lungenstrass.

L'adjoint à la ville de Lyon poursuit : "Les retours sont très positifs. On a 70 % des personnes qui veulent continuer - sur les 400 personnes consultées sur le terrain pendant l'expérimentation - qui se décomposent en 24 % qui veulent que ça reste tel quel, et les parties restantes qui veulent soit un paramètre plus large (33 %), soit des améliorations. On a encore des conflits piétons/scooters importants, piétons/vélo et piéton/trottinettes aussi. On peut améliorer la lisibilité où les différents modes doivent passer, la lisibilité des marquages, il y a aussi une volonté  de végétaliser davantage". 46 arbres avaient été plantés au début de l'expérimentation.

"Je souhaite qu'on pérennise cet aménagement qui fonctionne bien. C'est la première pérennisation de piétionnisation de coeur de quartier. On a des améliorations à faire autour de ce périmètre, sur quels sont les impacts et comment améliorer les choses, en terme de plan de circulation", ajoute Lungenstrass. L'espace piétonniser pourrait-il être agrandi autour de la zone ? "Les améliorations viendront au fur et à mesure. On va avoir une approche pragmatique. Les demandes, c'est surtout pour le quai Antoine Riboud, le sud de la rue Smith, la rue Casimir Périer. On va réfléchir sur cela, voir quels sont les flux et voir ce que l'on peut faire", poursuit l'adjoint au maire de Lyon.


"Sur la Presqu'île, on peut aller vers un apaisement très fort" avec "des zone à trafic limité"

Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon en charge des mobilités


Et après le cours Charlemagne ? Quid du reste de la Presqu'île ? Quid de certaines rues du reste de Lyon ? Les écologistes sont très attendus sur ce dossier. "Le projet Presqu'île devrait débuter en 2022", souffle Lungenstrass. Mais c'est quoi le projet Presqu'île ? "Sur la Presqu'île, on peut aller vers un apaisement très fort. Il faut juste trouver un équilibre entre accès riverains/liveurs etc et secteur piéton. Ca sera soumis à la concertation, et ça sera très largement discuté à la concertation, il y a aura un mixte de ce que l'on appelle dans les villes italiennes "zone à trafic limité" - ce que Paris souhaite mettre en place dans son centre - c'est à dire un accès autorisé pour les riverains, les livreurs, les infirmiers (infirmières) etc... et pour tout le reste ça sera non", ajoute Valentin Lungenstrass. La concertation de la Presqu'île se déroulera autour de mi-2022, toujours selon l'adjoint.

Piétonisation de Lyon

Parfois accusés d'être "timides" sur la piétonisation, de tarder, les écologistes élus à la ville de Lyon vont accélérer. "J'aurais préféré qu'on lance ce projet dès début 2021 mais cela nécessite un gros travail en amont. Sur Charlemagne, c'est une première étape. C'est positif. Ca nous a permis d'avoir testé des choses, des consultations terrain, des ateliers terrains", complète l'adjoint au maire de Lyon en charge des mobilités.

Des piétonnisations possibles aussi dans les 4e, 8e et 9e arrondissement

Il y a la Presqu'île, mais il y aussi le reste de Lyon. Jusqu'où pourrait aller la piétonnisation dans les autres quartiers de la ville ? "Il y a Presqu'île, mais il y a aussi d'autres coeurs de quartier. Dans le 8e, sur le plateau de la Croix-Rousse, où plusieurs "la Voie est libre" ont très bien fonctionné, dans le centre du 9e. On souhaite aller vers cela. Après, on est dans la dynamique où ça prend un peu de temps à lancer, à concerter. Pour l'instant, on est sur des expérimentations très ponctuelles avec la "Voie est Libre". Pour les expérimentations plus lourdes, on a besoin de plus de temps. C'est triste mais c'est la réalité", poursuit Valentin Lungenstrass.

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On ne ferme pas une rue comme ça ? "Pas en tout cas sur plusieurs jours, semaines, mois. On peut la fermer sur 1 jour/2 jours, quelques jours dans le cadre de la Voie est Libre, sur plusieurs semaines ou mois, ça nécessite plus de réflexion et d'aménagement. Mais c'est clairement notre volonté. Par exemple, la rue du Mail (au coeur du 4e et du quartier de la Croix-Rousse), on a commencé par créer une "zone de rencontre". On a officialisé le fait que les piétons sont prioritaires, y compris sur la chaussée. Avant, la rue du Mail, c'était juste une zone 30. Les piétons avaient leur place sur le trottoir, les voitures au centre. Désormais, la rue du Mail n'a aucun sens dans une zone 30 classique. A terme, la rue du Mail et un certain nombre de rues alentours, ce que l'on teste pendant La Voie est Libre, pourront aller plus loin", concède Lungenstrass.

Villeurbanne compte également largement développer la piétonnisation

L'objectif, c'est de piétonniser tous les coeurs de quartier ? "Oui, mais pas forcément dans chaque arrondissement. Là où c'est pertinent. Il faut être pragmatique. Dans le 5e, dans le 7e, on a fait des tests avec la Voix est Libre, on a moins des centralités. Dans le 7e, place Jules-Guesde il y a quelques commerces, Place des Pavillons aussi, rue de la Tibaudière aussi, mais ce n'est pas forcément des centralités. En revanche, sur le plateau de la Croix-Rousse (4e), avenue des Frères Lumières (8e), on a beaucoup de flux, c'est vraiment des coeurs de quartier où on peut s'attaquer en premier lieu. Après, il y a des arrondissements où ça sera plus par touches ou des apaisements au sens large, mais pas forcément de la piétonnisation", conclut l'adjoint au maire de Lyon.

La ville de Villeurbanne compte aussi développer largement la piétonnisation sur son territoire. Pauline Schlosser, adjointe aux mobilités, déplacements et stationnement à la mairie de Villeurbanne, avait détaillé les ambitions de Villeurbanne en terme de piétonisation sur LyonCapitale.fr au mois de juin. A retrouver longuement ICI.

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