Grégory Doucet, maire de Lyon, et Yasmine Bouagga, maire du 1er arrondissement, réagissent aux annonces de Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, concernant la Rue Grenette. (Clemence Margall)

Réouverture de la rue Grenette à Lyon : "rien ne va", tacle Grégory Doucet qui demande un référendum sur l’aménagement de la Presqu’île 

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a vivement critiqué la décision de la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, de rouvrir la rue Grenette aux voitures d’ici septembre et demande un référendum.

"Rien ne va", a ainsi résumé le maire de Lyon ce jeudi en réaction à l’annonce de Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, de rouvrir la rue Grenette aux voitures "le plus rapidement possible et vraisemblablement à la rentrée de septembre." La Zone à trafic limité (ZTL) va être, elle aussi, modifiée, avec l’instauration prochaine de deux formules : celle dite "semaine", applicable du lundi au jeudi, de 19 heures à 5 heures, et celle dite "week-end", en vigueur du vendredi à 15 heures au lundi 5 heures. Les jours fériés seront organisés comme lors des week-ends.

Lire aussi : Rue Grenette, ZTL : 100 jours après l’arrivée de Véronique Sarselli à la Métropole de Lyon, un premier bilan et des annonces

"Il n’y a pas eu de diagnostic et il n’y a pas eu de discussion"

Hasard de leur calendrier, Grégory Doucet, son adjoint aux mobilités, Laurent Bosetti, et la maire du 1er arrondissement, Yasmine Bouagga, avaient donné rendez-vous à la presse dans le 3e arrondissement, à deux pas de l’Hôtel de la Métropole. "Il n’y a pas eu de diagnostic, et il n’y a pas de discussion", ajoute l’édile lyonnais, qui souhaite désormais "avancer" et "renouer le dialogue" pour trouver un "compromis."

"Mais pour trouver un compromis, il faut qu'il y ait une discussion", lâche encore le maire, qui dénonce une mesure "politique" et "verticale". Yasmine Bouagga, quant à elle, "regrette profondément cette décision", à laquelle elle n’a "pas du tout été associée ou informée en amont." Et d’ajouter : "Nous avons même envoyé un courrier dès le mois d’avril à Véronique Sarselli pour discuter des aménagements en Presqu’île et de la ZTL. Je regrette cette décision de détricotage qui est une dégradation du cadre de vie des habitants." Plus surprenant encore, la maire du 1er arrondissement assure avoir échangé avec son homologue du 2e arrondissement et vice-président aux Mobilités, Pierre Oliver, qui aurait reconnu "que la ZTL fonctionnait bien." "Je ne comprends pas ce retour en arrière alors que nous pouvons continuer à travailler sur des cas spécifiques qui ne remettent pas en cause le principe général qui, lui, est satisfaisant dans son fonctionnement", déplore-t-elle par ailleurs.

Ainsi, le maire de Lyon propose de relancer le Comité de suivi des aménagements de la Presqu’île. Ce dernier, établi sous la mandature précédente, aurait permis de "corriger" certaines décisions pour obtenir "une situation qui convenait aux riverains, usagers et commerçants." Mais aussi d'organiser un référendum sur l’aménagement de la Presqu’île. "Comme le font nos amis suisses, il s’agit d’une votation qui a lieu dans des conditions tout à fait identiques à celles d'élections ordinaires", détaille Grégory Doucet, qui se dit par ailleurs "favorable" à ce que l’on puisse prendre part au vote "dès l’âge de 16 ans."

Lire aussi : Un an après la ZTL, quel bilan pour ceux qui font la Presqu’île ?

"L’élection municipale a aussi tranché"

Quant à un possible retour en arrière de sa part, Véronique Sarselli a souvent répété que les élections métropolitaines avaient tranché la question. Concernant le projet Rive Droite des écologistes, mis en pause lors de sa prise de fonction, la présidente affirmait en avril : "Il est de notre responsabilité d’engager les projets pour lesquels nous avons été élus, mais cela n’exclut pas l’écoute des maires, ni de travailler."

Mais pour Grégory Doucet, "l’élection municipale, elle aussi, a tranché." Il ajoute : "Laquelle des deux nous permet d’avoir un avis définitif sur la rue Grenette, la question peut rester en suspens. C’est pour cela que je fais cette proposition. Ma priorité est le bien-être des Lyonnaises et des Lyonnais, qui est aujourd’hui attaqué." Pour rappel, la Ville de Lyon avait lancé une concertation citoyenne le 30 avril. Au total, plus de 17 000 personnes y ont participé, et 72 % se sont exprimés, selon la municipalité, en faveur du maintien de l’axe sans circulation automobile. 

Le "vrai bilan" de Véronique Sarselli est "la gestion calamiteuse" de l’affaire Abreu

Plus vindicatif encore, le maire de Lyon a enfin estimé que "le vrai bilan" des 100 jours de Véronique Sarselli était surtout "la dislocation" de sa majorité et "la gestion calamiteuse" de l’affaire Roman Abreu, ex-conseiller de Jean-Michel Aulas durant la campagne des élections municipales accusé de viol par soumission chimique par une militante de Génération Aulas.

Lire aussi : "Cette affaire est politique" : à Lyon, Doucet veut une commission des violences sexistes et sexuelles après la plainte contre Roman Abreu

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut