Vallée de la chimie ©Wikipédia Commons
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Polluants éternels : la Métropole de Lyon veut une action prioritaire dans la Vallée de la Chimie

Au lendemain de la détection de polluants éternels dans des oeufs à Pierre-Bénite et Oullins, la Métropole de Lyon demande au gouvernement de faire de la vallée de la Chimie un "site pilote d’action prioritaire" pour lutter contre les PFAS.

L’annonce mardi soir par la préfecture du Rhône de la détection de polluants éternels dans des oeufs pondus sur les communes de Pierre-Bénite et Oullins, au sud de Lyon, a trouvé un écho particulier alors que l’État dévoilait son plan d’action pour lutter contre les PFAS. "La priorité des autorités françaises est l'aboutissement du processus d'interdiction en cours au niveau européen, pour supprimer les risques liés aux PFAS", expliquait le ministère de la Transition écologique en présentant son plan. 

Lire aussi : Des "polluants éternels" détectés dans des oeufs de la Métropole de Lyon

Près de 10 fois plus élevés que la normale, les taux de perfluorés relevés dans des oeufs sur les deux communes du sud de Lyon où près desquelles s'étend la vallée de la Chimie rappellent l’urgence pour les autorités d’avancer vite sur ce sujet. En attendant des études plus approfondies à Oullins et Pierre-Bénite, les services de l’État ont recommandé mardi aux habitants des deux communes et des villes voisines de Saint-Genis-Laval et Irigny de ne plus consommer les oeufs pondus sur leur territoire, mais le sujet inquiète jusqu’au bureau du maire de Lyon. 

Avoir une réponse métropolitaine

"Je suis extrêmement préoccupé par les dernières découvertes qui ont été faites sur des territoires voisins, mitoyens de la ville de Lyon. Comme beaucoup je suis surpris que l’on puisse en être là où nous en sommes aujourd’hui", nous confiait ce matin Grégory Doucet en marge d’une conférence de presse. Sur ce sujet, l’élu écologiste souhaite avancer avec la Métropole de Lyon, "il ne faut pas avancer de manière disperser sur un sujet aussi sérieux et grave qu’est la santé de nos habitants ce ne serait pas une bonne chose", estime-t-il. 

"Il ne faut pas avancer de manière disperser sur un sujet aussi sérieux et grave qu’est la santé de nos habitants ce ne serait pas une bonne chose"

Grégory Doucet, maire de Lyon

Au lendemain de cette nouvelle affaire de pollution dans la métropole de Lyon, la collectivité écologiste présidée par Bruno Bernard presse le gouvernement d’aller "beaucoup plus loin et beaucoup plus vite dans son plan d’action PFAS". Elle estime que le plan présenté par le gouvernement mardi est "encore trop peu ambitieux". Parmi les mesures annoncées, le ministère de la Transition écologique a notamment dévoilé une "démarche d'identification des sites industriels potentiellement émetteurs de quantités significatives de PFAS". Les usines de fabrication de mousse anti-incendie ou encore de poêles anti-adhésives devront ainsi mener des analyses en préambule à une "démarche de réduction" des rejets. Le site Arkema de Pierre-Bénite (Rhône) doit par ailleurs être "préfigurateur" de cette démarche d'identification et de diminution. 

Créer un "Institut éco-citoyen"

Alors que vendredi dernier, cinq pays européens (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Suède et Norvège) ont déposé un projet de "restriction" de ces substances, estimant que leur fabrication et leur usage ne sont "pas contrôlés de manière adéquate", la Métropole de Lyon demande à l’État français "d’allouer plus de moyens pour les contrôles et d’accélérer la transposition des directives européennes en la matière". 

"Institut éco-citoyen qui puisse assurer une veille sur la pollution des sites industriels de la vallée de la Chimie et ses impacts potentiels sur la santé"

Métropole de Lyon

Surtout, l’exécutif écologiste souhaite faire de la vallée de la Chimie un "site pilote d’action prioritaire". La Métropole souhaite créer, en partenariat avec les citoyens, les collectivités, les industriels, des experts-scientifiques et les chambres d’industrie, un "Institut éco-citoyen qui puisse assurer une veille sur la pollution des sites industriels de la vallée de la Chimie et ses impacts potentiels sur la santé". Tout en demandant aux industriels de la vallée de la Chimie de faire "face à leurs responsabilités" en devançant "les obligations qui leur sont faites de retirer les PFAS de leur production en 2024" et de s’assurer que les substituts qui seront utilisés ne soient pas rejetés dans l’environnement sans traitement préalable. 

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