La famille d’Axelle Dorier au premier jour du procès. Photo : Nathan Chaize

Au deuxième jour du procès Axelle Dorier, les témoignages de ses frères assomment la salle d'audience

Ce mercredi 18 janvier marquait le deuxième jour d'audience du procès Axelle Dorier à Lyon. Ses frères ont raconté l'horreur le soir du drame et l'impossibilité de reprendre une vie normale.

L'ambiance était solennelle, l'atmosphère pesante, le silence presque absolu. Ce mercredi 18 janvier, les deux frères d'Axelle Dorier, aide-soignante renversée mortellement le 19 juillet 2020 à Lyon, étaient invités à témoigner à la barre en tant que parties civiles.

Evan et Théo, frères jumeaux, fêtaient ce soir là leur anniversaire en même temps que celui d'Axelle, leur aînée de deux ans. Pull gris, démarche lourde, Evan s'avance à la barre. La respiration est lourde, amplifiée par le micro. "C'était la fin du confinement, l'occasion de revoir tous nos amis, entame-t-il. L'ambiance était bon enfant."

"J'ai sprinté, j'ai vu au sol du sang, des cheveux et un morceau de robe"

Evan Dorier, frère d'Axelle

C'est alors que la conductrice de la Twingo qui transporte alors trois filles et qui rencontrait dans ce parc des Hauteurs de Fourvière, Youcef Tebbal et Mohamed Yelloule, renverse le chien de l'un des amis du petit copain d'Axelle. La situation dégénère, le dit petit copain et le propriétaire du chien dégradent le véhicule et agressent sa conductrice, avant d'aller à la rencontre des deux accusés, dans leur Golf.

Youcef Tebbal manœuvre pour s'enfuir, renverse une première fois Axelle, puis une seconde fois, et l'emporte dans sa fuite, prisonnière du châssis. "J'ai sprinté, j'ai vu au sol du sang, des cheveux et un morceau de robe", détaille Evan, appuyé à la barre, le débit lent, la voix tremblante.

"J'ai demandé : Axelle va bien ?, il m'a dit : 'Non, elle est morte.'"

Théo, frère d'Axelle Dorier

Théo, en polo bleu, n'a pas vu tout cela. Après avoir fait le tour du quartier en voiture, il appelle son frère : "Je lui ai demandé où était Axelle. Il m'a dit de suivre les traces de sang. J'ai répondu : 'Elle va bien ?', il m'a dit : 'Non, elle est morte.'" Dans le box des accusés, les têtes sont basses, à l'opposé, une membre du jury est en larme.

Me Versini, avocat de parties civiles questionne Théo. "Racontez-nous comment vivez-vous depuis deux ans et demi." Et le frère d'Axelle, reniflant, de reconnaitre : "Je suis suivi (psychologiquement, Ndlr) toutes les semaines, j'ai eu 40 points de suture au mollet", détaille le jeune homme qui trouvait dans cette automutilation le moyen "d'exprimer une colère".

"Ils ont brisé notre famille"

"Ca été très difficile au début, après la mort d'Axelle, je me suis réfugié dans l'alcool et le cannabis, puis l'année d'après dans le travail", raconte Evan, aujourd'hui cuisinier.

Les deux frères ont tenu a s'adresser à la défense et aux accusés directement. Regardant droit dans les yeux Youcef et Mohamed, Théo lance : "Ils ont brisé notre famille, et c'est très dur de les entendre se défendre en niant presque toutes leurs responsabilités."

Lire aussi : Affaire Axelle Dorier : comment la défense pourrait obtenir la requalification en homicide involontaire

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