Le plus dur commence peut-être maintenant. Alors que les élus métropolitains vont élire leur président jeudi, les tractations s’intensifient en coulisses et la candidature de Véronique Sarselli n’apparaît pas totalement verrouillée.
Comme en 2001 et 2014, le troisième tour des élections métropolitaines, celui où les conseillers métropolitains vont élire le ou la présidente va-t-il réserver des surprises ? A l’époque, la concurrence était venue de la gauche où Gérard Collomb avait retourné une poignée de conseillers communautaires de droite. Le péril peut venir cette fois des rangs du groupe Grand Cœur lyonnais. Véronique Sarselli a passé la campagne à composer avec des doutes sur sa légitimité, alimentés par des élus qui lorgnaient sur sa place. Dimanche soir, à la Préfecture, elle s’est agacée quand il lui a été demandé si elle pouvait être supplantée : “quelle drôle de question”.
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Cette question se pose parce que l’accord signé par les formations politiques qui ont participé à la création de Grand Cœur lyonnais autorise les grandes manœuvres d’arrière-boutique : “l'engagement s'applique sous réserve que les formations politiques qui soutiennent Véronique Sarselli confirment leur appui dans les mêmes termes au moment du scrutin”. Ce mardi matin, à quelques heures d’une réunion où les partis sont invités à réitérer “leur appui” la tendance est à une validation de l’accord.
Vincendet lorgne sur le poste
Les centristes n'ont pas prévu d’aller au putsch. Chez Cœur lyonnais, la motivation fait défaut. “Est-ce qu’on a vraiment envie de foutre le bordel après une belle victoire d’une liste d'union. J’entends les arguments des uns et des autres mais il y aurait tromperie sur la marchandise vis-à-vis des électeurs qui ont voté pour des listes menées par Véronique Sarselli”, balaie un nouvel élu lyonnais . Alexandre Vincendet, maire Horizons de Rillieux-la-Pape et intéressé au premier chef par un possible renversement, a tâté le terrain mais se heurte à des élus LR qui font bloc derrière leur candidate.
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Si la présidence de la Métropole devait échoir à quelqu’un d’autre que la maire de Sainte-Foy, il ne s’agirait pas d’un élu de leur famille. Or, les maires LR considèrent que cette victoire est la leur et sont donc en soutien de Véronique Sarselli.
Un message cryptique sur X de Jean-Michel Aulas a relancé les intrigues, lundi après-midi. “Son message a mis tout le monde en ébullition”, soupire un élu. Dans un texte où il reconnaît sa défaite aux municipales lyonnaises sans le dire, il assure qu’il va se concentrer sur la Métropole sans jamais citer Véronique Sarselli.
"Jean-Michel Aulas ne tente pas de la doubler"
“Jean-Michel Aulas ne tente pas de la doubler. Il a dit pendant toute la campagne qu’elle était la candidate et qu’il était légitimiste”, pointe une proche de l’ancien président de l’OL. Ce qui se joue en coulisses, ces dernières heures, c’est plutôt la répartition des vice-présidences. “L’accord prévoyait 10 vice-présidences pour Lyon et 12 pour les non-Lyonnais. Au vu des résultats qui sont meilleurs en périphérie, LR demande aujourd’hui une répartition 8-14. Jean-Michel Aulas tente aussi d’avoir la délégation qu’il souhaite”, rapporte un signataire de l’accord baptismal de Grand Cœur lyonnais.
Le développement économique, les mobilités, l’urbanisme circulent comme souhait de l’ancien président de l’OL. Quant à son rang dans l’ordre protocolaire, Véronique Sarselli le rappelait à la Préfecture dimanche soir : “il sera mon premier vice-président s’il le souhaite”.
