Illustration ZFE. (Photo ALAIN JOCARD / AFP)

L'instauration de la ZFE a-t-elle permis de réduire la pollution de l'air dans la Métropole de Lyon ?

Alors que l'Assemblée nationale a voté la suppression de la ZFE, l'heure du bilan est venue. La pollution de l'air a-t-elle baissé sur la Métropole de Lyon depuis l'instauration de ce dispositif ?

C'est un tournant majeur pour l'agglomération lyonnaise. L'Assemblée nationale ayant adopté la loi sur la "simplification de la vie économique" ce mercredi 15 avril, cette décision a acté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), en vigueur dans la métropole de lyon depuis 2020 pour les professionnels, et en septembre 2022 pour les particuliers. Une victoire pour la majorité métropolitaine dirigée par Véronique Sarselli (LR), quand la Ville de Lyon, restée écologiste, dénonce "une mise en danger de la santé des Lyonnais."

Quel est l'impact de la ZFE sur la pollution ?

Pour rappel, c'est la loi d'orientation des mobilités (LOM) de 2019, qui a rendu obligatoire la création d'une ZFE dans les métropoles où les normes de qualité de l'air sont enfreintes. Après plus de six ans, la zone à faible émission de l'agglomération lyonnaise a-t-elle eu un réel impact sur la pollution de l'air ?

Selon la filiale régionale de l'ATMO, l'observatoire de la qualité de l'air, même s'il n'est pas possible tenir les politiques publiques en seules responsables dans la baisse de la pollution de l'air, la comparaison des chiffres observés permet d'établir un constat : les concentrations de la pollution au dioxyde d’azote (NO2), "émise de moitié par le trafic routier" selon l'ATMO, ont baissé au fil des années.

Source : ATMO Auvergne-Rhône-Alpes

Pour établir cette conclusion, l’observatoire se base sur ses deux stations : la station "Lyon Urbain", qui désigne les taux de concentrations maximaux, car elle est située "à proximité d'un trafic important", et la station "Lyon Centre", représentative des niveaux moyens de pollution, étant plus éloignée des sources d'émissions.

Ainsi, si l'on se penche sur les taux de concentrations moyens et maximaux, on observe la même tendance, une baisse significative, passant de 70 % en 2017 à 30 % en 2026 pour "Lyon Centre", ainsi qu'une diminution d'environ 28 % à 18 % concernant la station "Lyon Urbain".

La ZFE, seule cause ?

Si l’on constate bien une diminution de la pollution de l’air autour de Lyon, cela relèverait en réalité plus d’une multiplicité de facteurs que de la simple instauration de la ZFE. Selon un représentant d'ATMO Auvergne-Rhône-Alpes, "la baisse structurelle des concentrations du NO2 est due principalement au renouvellement du parc de véhicule, qui, en se modernisant est de moins en moins émetteur."

Celui-ci rappelle également un autre facteur, les années COVID : "L’absence de trafic pendant les périodes de confinement a fait baisser la moyenne annuelle." En somme, s'il est impossible de certifier que l'instauration de la ZFE a entrainé une réelle diminution des taux de concentration, le constat est là, la pollution est en chute libre sur l'agglomération lyonnaise.

Lire aussi : Suppression de la ZFE : comment ont voté les députés du Rhône ?

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