Grégory Doucet / Point presse du 6 Juillet 2022
Grégory Doucet / Point presse du 6 Juillet 2022 © Romane Thevenot

Guillotière : le maire de Lyon tente de reprendre la main et se dit prêt à rencontrer le ministre de l’Intérieur

Piqué au vif après l’envoi d’un courrier du ministre de l’Intérieur le pressant d’agir pour la sécurité à Lyon et plus particulièrement à la Guillotière, le maire de Lyon a longuement répondu à Gérald Darmanin ce mercredi 3 août. Regrettant la "condescendance" du ministre, Grégory Doucet se dit toutefois prêt à le rencontrer en septembre, à ses conditions. 

Cinq jours après la visite de Gérald Darmanin à Lyon, à la suite de l’agression de trois policiers à la Guillotière, le torchon continue de brûler entre le maire Grégory Doucet et le ministre de l’Intérieur. Le bras de fer politique entamé par les deux hommes sur les réseaux sociaux, puis dans la presse, prend désormais la forme d’une correspondance épistolaire piquante. 

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Critiqué, Grégory Doucet contre-attaque

Après avoir essuyé de vives critiques, lundi 1er août dans un courrier envoyé par le ministre, sur sa politique et son action en matière de sécurité à Lyon, Grégory Doucet a finalement décidé de répondre de la même manière au locataire de la place Beauvau. Visiblement piqué au vif par les propos et les implications de Gérald Darmanin, le maire a répondu point par point aux critiques et accusations, avant de longuement rappeler les actions entreprises à la Guillotière par son exécutif. 


"Nous ne pouvons que condamner l’instrumentalisation [de la place Gabriel-Péri, NDLR] à des fins électoralistes, sur fond de débat toujours plus nauséabond sur la sécurité et l’immigration"Grégory Doucet, maire de Lyon


Réaffirmant que la "Ville agit sur le quartier de la Guillotière - Gabriel-Péri comme elle n’agit pas ailleurs", Grégory Doucet insiste sur fait que sa majorité défend "l’idée que l’apaisement relève à la fois de la prise en compte des problématiques sécuritaires et des problématiques sociales et urbaines". Il poursuit en soulignant que son "équipe municipale est au travail dans une approche pragmatique hors des sirènes médiatiques, oeuvrant dans l’intérêt général". 

Selon lui, depuis 12 mois cela s’est traduit par : 

  • Le vote d’une enveloppe de 150 000 euros par le conseil municipal pour "développer des actions sociales" ; 
  • La création du protocole jeune en errance (avec la Métropole de Lyon et la préfecture) qui doit bientôt être déployé ;
  • Une action en matière de propreté sans équivalent dans le secteur ;
  • La création d’un passage piéton à travers le boulevard ; 
  • La création du groupement local de la délinquance ;
  • L’augmentation des opérations de police municipale dans le secteur, qui permettraient en moyenne une vingtaine d’interpellations par mois, "contre une dizaine en 2021" ; 
  • L’ouverture d’une maison des projets, dédiée au projet de transformation de la place Gabriel-Péri.

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Un rendez-vous sous condition

C’est d’ailleurs au sein de cet équipement que le maire de Lyon, qui avait boycotté samedi la visite du ministre de l’Intérieur, propose désormais à Gérald Darmanin de tenir une réunion de travail portant sur la Guillotière le 5 septembre prochain, avant un déplacement place Gabriel-Péri. "Tous les acteurs qui peuvent contribuer à l’amélioration du bien-être des Lyonnais", seraient associés à ce rendez-vous précise Grégory Doucet, non sans placer au passage une pique bien sentie à feu le collectif la Guillotière en Colère, sans le citer, "dont la légitimité est à démontrer" selon lui. 

Lire aussi : Lyon : "épuisé", le collectif la Guillotière en Colère "tire sa révérence" 

Le maire de Lyon a donc décidé de saisir la main tendue par le ministre de l’Intérieur dans son courrier, où il annonçait une nouvelle visite à Lyon le 5 septembre prochain. Néanmoins, Grégory Doucet affirme son autorité à Lyon et tente de reprendre la main dans cette affaire en imposant ses conditions et en pointant du doigt "la condescendance" des "propos" du ministre et "l’instrumentalisation" de la place Gabriel-Péri "à des fins électoralistes, sur fond de débat toujours plus nauséabond sur la sécurité et l’immigration".

Doucet invite Darmanin à "recouper ses informations"

Concernant les nombreuses propositions faites par Gérald Darmanin dans son courrier pour améliorer la sécurité à la Guillotière, le maire de Lyon invite dans un premier temps le ministre à "recouper les informations dont [il dispose], afin d’éviter d’écrire et de diffuser des approximations, voire des erreurs". 

Ainsi, au sujet des caméras de vidéo-protection, Grégory Doucet assure que la Guillotière n’est pas en situation de "sous-équipement", 37 caméras étant implantées dans le seul secteur de Gabriel-Péri, sur les 571 que compte la ville. Par ailleurs, l’élu écologiste précise qu’une "enveloppe de 5 millions d’euros est prévue sur le mandat pour renouveler et moderniser" les caméras de la ville. 

Concernant la prise "d’arrêtés anti-rassemblement" suggérée par Gérald Darmanin, le maire estime qu’une telle mesure serait "de la compétence de l’État" et que si la ville prenait de tels arrêtés, "il est très probable que ceux-ci seraient annulés dans le cadre d’un contentieux", "au-delà du caractère liberticide d’une telle mesure". 

Également pointé du doigt sur sa capacité à recruter des policiers municipaux, le chef de l’exécutif local, rappelle la pénurie nationale d’agents tout en soulignant que malgré cela la Ville a recruté 37 policiers en 2022. Avant de renvoyer la balle à M. Darmanin en lui demandant de lui fournir les chiffres des arrivées et des départs de policiers nationaux à Lyon, ces derniers se trouvant au coeur du bras de fer sécuritaire entre les deux élus. 

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