Olivier Dugrip, recteur de l’Académie de Lyon, aux côtés d’Olivier Curnelle, secrétaire générale. (@VG)

"Choc des savoirs" : l'Académie de Lyon défend sa réforme contestée par les enseignants

Créations de postes, discussions pédagogiques, réponse à l'inquiétude des professeurs… L'Académie de Lyon présentait ce mercredi les différentes mesures mises en place pour la réforme du "choc des savoirs".

C'est une réforme qui est déjà dans toutes les discussions du corps enseignants. Et qui a poussé de nombreux établissements de la Métropole de Lyon à organiser depuis le début de l'année des journées de grèves. En septembre 2024, la réforme du "choc des savoirs" va être mise en œuvre.

Dès la rentrée 2024, l'ensemble des élèves de 6e et de 5e seront classés par niveaux en français et mathématiques, avant que cela ne soit généralisé à la 4e et la 3e l'année suivante. Parlant ce mercredi de groupe de "besoin", plutôt que de groupe de niveau, l'Académie de Lyon s'est montrée didactique pour présenter les différentes mesures mises en place à la rentrée prochaine dans les collèges de l'Académie.

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"L'objectif est de renforcer l'égalité des chances" débute Olivier Dugrip, recteur de l'Académie de Lyon. "On veut faire en sorte que l'ensemble des élèves maîtrisent toutes les connaissances qu'ils doivent posséder à chaque fin d'année ou en fin de cycle scolaire". Pour cela, les élèves de 6e et de 5e seront dispatchés au sein de groupes de "besoin" tout au long de l'année en mathématique et en français. Des groupes d'une quinzaine d'élèves qui doivent permettre "aux élèves en difficultés de se mettre le plus rapidement possible à niveau", poursuit le recteur.

Une réforme "souple et adaptative"

Si le programme reste commun dans ces deux matières à l'ensemble des élèves, chaque établissement devra mettre en œuvre,  à sa sauce, cette réforme et organiser les différents groupes de niveau comme bon lui semble. Une réforme "souple et adaptative" et un casse-tête organisationnel qui attend les chefs d'établissements et le corps enseignants. "Le passage des élèves d'un groupe à l'autre se fera en fonction des évaluations au cours de l'année et en fonction de ce que les équipes pédagogiques auront décidé" détaille Olivier Dugrip. "L'objectif est aussi de pouvoir changer de groupe en cours d'année" rappelle-t-il.

L'autre défi que devront relever les enseignants sera de pouvoir réintégrer l'ensemble des élèves dans le "groupe classe", jusqu'à 10 semaines par an. Chaque groupe de besoin, qu'il soit composé d'élèves brillants ou plus en difficulté, devra donc avancer à la même vitesse sur les notions incluses dans le programme commun. Tout un projet.

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Pour accompagner les établissements dans cette réforme qui promet un grand chambardement dans l'organisation des classes de 6e et de 5e, l'Académie de Lyon se montre rassurante. "Les inspecteurs pédagogiques de français et maths accompagnent déjà depuis plusieurs semaines les professeurs" explique le recteur académique. Deux demi-journées ont d'ailleurs été banalisées par le ministère de l'Education nationale jusqu'à la fin de l'année pour permettre aux professeurs de s'organiser et de "travailler ensemble à la meilleure mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs".

200 temps plein "injectés" dans l'Académie à la rentrée

Les moyens humains mis à disposition de chaque établissement seront également revus à la hausse alors que certains enseignants déploraient devoir "faire plus avec moins". Au total, l'équivalent de 200 temps plein seront "injectés" dans l'Académie dès la rentrée, dont une quarantaine de professeurs contractuels recrutés pour septembre prochain. "L'Académie a mobilisé la totalité des moyens qui nous sont délégués pour mettre en œuvre cette réforme" avoue Olivier Dugrip. Une partie de l'allocation progressive des moyens, que chaque établissement pouvait jusqu'à présent utiliser à sa discrétion, sera désormais mobilisée pour mettre en œuvre les groupes de niveau.

Si la suppression d'une heure de soutien pour les classes de sixième peut paraître paradoxale quand la réforme se veut tourner précisément vers les élèves en difficultés scolaires, l'Académie de Lyon se défend : "Cette heure supplémentaire sera en réalité désormais exclusivement réservé pour les élèves en difficultés à travers les groupes de besoin" détaille Olivier Curnelle, secrétaire général de l'Académie de Lyon.

Des critiques qui ne reposeraient sur "aucun fondement"

Répondant ensuite aux critiques adressées par certains syndicats à cette réforme, le recteur a estimé qu'elles ne reposaient "sur aucun fondement". "Les dotations d'horaires pour les collèges de Rep+ correspondent à celle de l'année dernière à 0,1% près. S'il y a une diminution dans certains établissements, elle est de cet ordre là" a réagi Olivier Dugrip.

Le Recteur s'est également montré ferme sur les appels des syndicats à boycotter cette réforme dès la rentrée prochaine ou à la contourner au sein des établissements. "Je ne m'imagine pas qu'en République, les messages des organisations syndicales puissent prévaloir sur la parole du ministre de l'Education Nationale. Et le recteur sera là pour s'en assurer".

"A la rentrée nous aurons les moyens budgétaires indispensables et les moyens humains nécessaires pour mettre en œuvre ces changements" rassure Olivier Dugrip. Des paroles que ne manqueront pas de vérifier dans les faits le corps enseignant.  "On comprend l'inquiétude des professeurs, elle est légitime" reprend Olivier Curnelle. "Certains peuvent avoir un doute sur le fait d'arriver à mettre en œuvre toutes ces nouvelles choses. Mais je n'ai pas d'inquiétude, ils vont y arriver et la grande majorité sera fière du travail accompli." Réponse d'ici la fin d'année.

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