Les crêts du Pilat © Le Sixième rêve

Escapades : explorer le Pilat entre vignes, villages médiévaux, vallons et crêts

Tout près de Lyon, le Pilat concentre sur quelques dizaines de kilomètres une grande variété d’ambiances, propices à un bol d’air printanier. Paysages de forêt et de moyenne montagne cèdent la place aux terrasses de la vallée du Rhône où s’épanouissent vergers et vignes de prestige, en passant par l’insolite village de Sainte-Croix-en-Jarez, hébergé dans une ancienne chartreuse.

À 45 minutes en voiture de Lyon, l’étonnant village de Sainte-Croix-en-Jarez, installé dans une chartreuse du XIIIe siècle, offre une expérience unique et constitue un bon point de départ pour randonner à loisir dans le parc naturel régional du Pilat.

Le village de Sainte-Croix-en-Jarez © Saint-Étienne Tourisme et Congrès

L’entrée, qui se fait via une porte fortifiée flanquée de deux grosses tours, donne le ton ! Le village, qui a reçu le label des “plus beaux villages de France”, ne ressemble à aucun autre. Ici pas de rues mais de petites maisons donnant de plain-pied sur deux cours baignées de soleil.

Pendant cinq siècles, une trentaine de moines chartreux y ont vécu dans le silence et la prière. Le monastère était organisé autour d’ermitages individuels, de lieux de travail, de deux cours intérieures (celles des pères et des frères) et d’une église.

La chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez © Saint-Étienne Tourisme et Congrès

C’est à la Révolution, en 1792, après que les religieux furent chassés et la chartreuse vendue comme bien national, que les habitants s’y installent.

Peu de transformations ont eu lieu depuis le XVIIIe siècle et s’y promener est comme remonter l’histoire. Ne croyez pas le village figé pour autant. Il accueille une école, des concerts et animations toute l’année !

Mystérieuses roches de Marlin

À partir de Sainte-Croix-en-Jarez, une jolie randonnée familiale part en direction des roches de Marlin, menant à un mégalithe long de quatre mètres, couché sur le flanc et percé de mystérieux orifices. De là, une jolie vue s’offre sur toute la vallée. Cette boucle d’environ 8 kilomètres est agréable et emprunte des chemins longeant des champs. Pour les plus sportifs, d’autres variantes plus longues passant par les roches de Marlin et longeant le barrage de Couzon proposent de superbes alternatives.

Depuis le crêt de l’Œillon © Benjamin Becker

D’un crêt à l’autre

Les stars du massif du Pilat sont ses crêts, dénomination locale qui désigne ses sommets. Souvent arrondis par l’érosion, ils révèlent des vues époustouflantes à 360° avec des pentes asymétriques qui descendent doucement vers les plateaux tandis que l’autre versant vers la vallée du Rhône est plus abrupt.

Un des grands classiques de balades est la boucle des Crêts. Ainsi, un circuit d’environ 8 kilomètres, au départ du crêt de l’Œillon, immanquable avec sa grande antenne rouge et blanche, visible depuis Lyon et Saint-Étienne, conduit au crêt de la Perdrix, qui culmine à 1 432 mètres.

La randonnée traverse des forêts de sapins et de hêtres entrecoupées de landes et de prairies dans une ambiance montagnarde.

Sur les crêts, vous ne manquerez pas d’apercevoir des chirats, immenses éboulis de roches grises dégringolant la pente. Une curiosité géologique qui confère un aspect sauvage et lunaire aux sommets du Pilat.

La via ferrata de Planfoy © Yannick Véricel

Crapahuter sur une via ferrata

Si le nom est plus qu’intimidant, le barrage du Gouffre d’Enfer offre un cadre somptueux pour s’initier à la via ferrata. Ce parcours tracé sur la paroi rocheuse est équipé d’échelles et de pitons, et peut s’effectuer en autonomie ou avec un guide.

Mais attention, il vous faudra l’indispensable matériel : baudrier, longe équipée de mousquetons, casque et poulie, si vous souhaitez vous lancer sur la tyrolienne suspendue au-dessus du barrage à quelque 70 mètres ! Le parcours est magnifique, mais la via ferrata de Planfoy reste “engagée” et physiquement difficile.

Un parcours enfant, qui prend rapidement de la hauteur, permet de se remettre en jambes.

Alternativement, une balade facile, à effectuer en famille, part du même endroit. Elle conduit au lac du Pas du Riot et à deux barrages construits sous Napoléon III. Le plus dur sera de gravir les 52 marches menant au barrage.

Le village de Malleval © David Genestal

Malleval : un village dans son écrin rocheux

Changement d’ambiance du côté du Pilat rhodanien. Descendant vers la vallée du Rhône, en pente douce ou via des gorges encaissées comme à Malleval, le flanc est du massif du Pilat, contrairement au Haut-Pilat plus frais et boisé, bénéficie d’un microclimat plus doux, presque méditerranéen.

Il permet d’ailleurs la culture de la vigne en terrasses et c’est là que s’épanouissent les prestigieuses appellations de Côte-Rôtie, Condrieu et le début de Saint-Joseph.

Au cœur des vignobles, le village médiéval de Malleval dévoile de belles maisons Renaissance avec leurs fenêtres à meneaux, tourelles d’escaliers et linteaux sculptés.

Ses ruelles étroites et ses vestiges de fortifications témoignent de son riche passé défensif. Juste à côté de l’église, la Commanderie, qui servait de tribunal sous l’Ancien Régime, est le point de départ de sentiers menant vers les vignes et les cascades, comme le joli saut de Laurette alimenté par le ruisseau de l’Épervier qui se jette sur une dizaine de mètres dans le Batalon.

Le saut de Laurette © Joséphine Mona

Micro-aventure à Huttopia, Pays de Condrieu

À 45 minutes de Lyon en voiture, Huttopia a ouvert en 2025 à Tupin-et-Semons un grand village forestier où l’ambiance camping se vit en mode cocooning. Situé sur un plateau surplombant la vallée du Rhône, l’emplacement offre, par temps clair, une vue imprenable sur les Alpes et le Vercors tout en étant niché au cœur de la forêt du parc du Pilat.

Le temps d’un week-end, nul besoin d’enfiler les kilomètres pour être dépaysé et se mettre au vert. Dès l’arrivée, la déconnexion est totale. Les voitures sont à laisser au parking ou à l’accueil, le temps de décharger les affaires et emprunter une chariotte afin de rejoindre son chalet ou sa cabane.

© Manu Reyboz

L’entreprise lyonnaise, créée par Céline et Philippe Bossanne, belle success story, qui compte aujourd’hui pas moins de quatre-vingt-dix sites sur sept pays et trois continents, a réuni dans le parc du Pilat tout son savoir-faire en matière d’écotourisme.

L’accent est mis sur l’intégration totale des hébergements – cabanes en bois, cahuttes – dans la forêt, sans voitures à l’intérieur du site. Les logements, privilégiant le bois, s’apparentent à de véritables lodges et offrent tout le confort moderne – micro-ondes, lave-vaisselle, ustensiles de cuisine – tout en bénéficiant d’un espace intime, entouré de végétation et d’arbres.

Le site est le point de départ idéal pour une micro-aventure en pleine nature, à pied ou à bicyclette. Il est possible de louer des vélos électriques à l’accueil, y compris pour les enfants.

Les dénivelés du Pilat semblent alors s’enchaîner sans effort et il est facile en famille de rejoindre la ViaRhôna pour une journée au grand air en toute sécurité. Les bords du Rhône aux alentours de Condrieu sont somptueux tandis que l’île du Beurre offre un parcours ombragé, ponctué d’observatoires pour les oiseaux et les castors, pour les plus patients ou chanceux !

Niché au cœur des appellations de Côte-Rotie et Condrieu, le site séduira autant les amateurs de grands vins, qui pourront aller à la rencontre de vignerons au savoir-faire hors du commun, que les amoureux de nature, entre balades à travers les vignobles en terrasses, balcons arboricoles jusqu’aux crêts surplombant la vallée du Rhône et le Haut-Pilat.

Ce camping hors norme – qui évoque davantage le glamping, contraction de glamour et camping – dispose également de deux piscines, extérieure et intérieure, et d’un spa forestier, avec deux saunas ainsi qu’un bain finlandais à remous.

Si le lieu incite à découvrir le Pilat – de nombreux classeurs recensant balades à pied, à vélo ou découverte des vignobles sont mis à disposition des visiteurs –, tout invite, au sein même de ce grand espace arboré, à profiter au calme de la beauté de la nature environnante.

Les tables de la grande terrasse d’accueil sont propices à la contemplation face à un immense panorama. Un jardin d’enfant avec mini pont de singe, toboggan et balançoire horizontale est situé sur le haut du camping tandis que de nombreux jeux – aussi bien extérieurs (badminton, etc.) qu’intérieurs (livres, jeux de société) – sont proposés gratuitement pour les fins de journée ou temps pluvieux.


Entretien avec Juliette Lagrange, illustratrice : Le Pilat, source d’inspiration

Lyonnaise d’origine, l’autrice et illustratrice jeunesse Juliette Lagrange s’est installée il y a quelques années à Pélussin, au cœur du parc naturel régional du Pilat. Cet environnement préservé ne manque pas de nourrir son univers poétique, travaillé à l’aquarelle et au trait fin à l’encre, et qui souvent laisse la part belle au végétal. Rencontre.

Pourquoi avoir fait le choix d’habiter dans le Pilat ?

Après mes études à l’école Émile-Cohl et quelques années à Paris qui m’ont permis de démarcher des éditeurs, l’aspect nature me manquait beaucoup. J’ai eu un coup de cœur pour une maison à Pélussin, et on a monté depuis un espace de coworking, La Coloc, dans un ancien hôtel-restaurant, qui réunit une quinzaine de personnes. Bien qu’à la campagne, entre Lyon et Saint-Étienne, Pélussin a une forte vie culturelle, avec plein d’associations et un accès facile au train. Il y a bien sûr l’aspect nature et randonnées avec des sentiers qui partent de la maison dans la forêt.

Le Pilat vous inspire-t-il dans vos créations ?

Je m’inspire beaucoup de là où je vis. Je fais énormément de croquis et de dessins. Le premier livre de ma série Hulotte s’inspirait fortement de Lyon. Plusieurs de mes livres comme L’Ogre du chemin ou Le Loir à la théière s’inspirent des paysages du Pilat. C’est également le cas pour La Randonnée des géants de pierre, à l’univers plus imaginaire, inspiré de différents massifs montagneux et bien sûr du Pilat.

Quels sont vos lieux de balades préférés ?

Il y a la randonnée familiale sur l’ancienne voie ferrée du Tacot, accessible depuis le village de Pélussin ou plus sur les hauteurs la chapelle Saint-Sabin, qui offre une vue de dingue sur toute la vallée et les montagnes. Par beau temps, on peut voir le mont Blanc, la Chartreuse, le Vercors. Je pense à la balade des crêtes même si elle est assez connue, ou encore aux hameaux de Corbery, La Roche ou au plateau de Baltefroid, dont les noms semblent tout droit sortis de contes.

La Randonnée des géants de pierre, de Juliette Lagrange © Glénat

Pratique

Où se restaurer ?

• La Jasserie, cuisine authentique et de terroir (morilles et tarte à la myrtille) à 1 310 mètres, au pied du crêt de la Perdrix – lajasserie.com

• Montmartin restaurant, table rustique et généreuse, à Saint-Genest-Malifaux – 04 77 51 21 25

• Auberge de Grange Rouet, cuisine gourmande, à 800 mètres d’altitude, au cœur du parc du Pilat, à Pavezin – aubergedegrangerouet.com

Où loger ?

• Huttopia Pays de Condrieu, hébergements prêts à vivre en mode “glamping”, aux portes du parc du Pilat et des vignobles de Condrieu et Côte-Rôtie – europe.huttopia.com

• Château de Villars, lodges en bois avec jacuzzi privatif au cœur de la nature, à La Chapelle-Villars – chateauchapellevillars.com/

• Dômes Cocoon, expérience insolite dans une bulle, à Saint-Appolinard – 06 23 81 13 09

Événements

• Pilatrail, plusieurs parcours dont le fameux trail Traversée des Chirats, de 92 kilomètres, les 30 et 31 mai à Véranne

• Jazz au sommet, programmation de 12 concerts dans de petits villages, du 2 au 12 juin – jazzausommet.com

• Pilat Fest, festival pop & électro aux Haies. Concerts en plein air, restauration 100 % locale et démarche éco-responsable. Première édition les 24 et 25 juillet –pilatfest.fr

• Les Bravos de la nuit, festival de théâtre contemporain, avec concerts et un grand bal, du 18 au 22 août – lesbravosdelanuit.fr

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