Notre sélection dans les musées et les galeries lyonnaises
Puisant dans ses collections ésotériques, la bibliothèque municipale de Lyon révèle les pratiques divinatoires et croyances ésotériques (cartomancie, astrologie, spiritisme, radiesthésie…) qui passionnent les Français dans leur désir de trouver des réponses au sens de la vie et d’atteindre l’invisible.
L’exposition explique que les formes contemporaines de l’ésotérisme ont leurs origines dans la Renaissance avec des pratiques multiples campées aux marges des sciences et des religions instituées.

Trois parties dévoilent leurs évolutions : Les Chemins de l’invisible autour des savoirs et pratiques ésotériques qui cherchent à atteindre l’au-delà de la réalité matérielle, Aux frontières de la science et de la religion explore les tentatives, à partir de la fin du XVIIIe siècle, de rapprocher pensée scientifique et quête spirituelle et Des secrets pas si secrets qui démontre la diffusion des idées ésotériques par l’imprimerie puis les médias modernes (Aux frontières du réel. Un voyage dans les collections ésotériques de la BmL, jusqu’au 11 juillet, bibliothèque de la Part-Dieu).

Appartenant au mouvement post-cubiste, exposé dans le monde entier notamment au Whitney Museum de New York et au musée d’Art moderne de Paris, peintre amoureux de la vie qui travaille ses toiles dans une allégresse créatrice, Claude Venard (1913-1999) est à la galerie Estades. Parmi les œuvres, on peut voir Le Port d’Audierne, ville bretonne où il séjourna, devenue un sujet récurrent dans sa peinture ainsi que Le Moulin de la Galette illustrant le célèbre restaurant de Montmartre comme son amour de la capitale.
On apprécie la richesse de sa palette et sa recherche intense de la matière qui le mène pour certaines compositions à incorporer du sable, voire des morceaux de tissus (jusqu’au 16 mai).

La galerie Valérie-Eymeric invite la Stéphanoise Dominique Torrente reconnue pour son travail protéiforme qui confronte les diverses techniques traditionnelles des Beaux-Arts (peinture, dessin, sérigraphie, céramique, photographie) aux savoir-faire traditionnels liés au textile, les considérant comme des semblables et non pas des pratiques rivales.
Avec Penser sur le qui-vive,elle présente des œuvres hybrides qui mêlent dessins cousus et brodés, puis aquarellés, où le bois dialogue avec la fibre, évoquant une réflexion sur la nature et le rapport au vivant et qui par leurs jeux de matières, de lumières et de formes ne sont que poésie (jusqu’au 30 mai).

Après Jadis et Naguère consacré au Lyonnais Jean Batail (1930-2021) où l’on découvrait un magnifique travail entre peinture et photographie, la galerie Henri-Chartier présente des œuvres inédites réalisées sur papier à la mine de plomb.
On y découvre ce qu’il aimait faire : révéler des visages d’inconnus, ceux qu’il croisait sur la colline de Fourvière, des non-sujets auxquels il réussit à donner, dans un jeu entre vie et disparition, une présence incroyable et une intemporalité déstabilisante.
Ses dessins sont d’une force remarquable où par les frottis du crayon il saisit une humanité sans nous imposer de narratif, nous laissant la rencontrer juste par l’émotion (Jean Batail, œuvres sur papier, jusqu’au 30 mai).
