Jean-Michel Aulas face aux caméras à la préfecture du Rhône au soir du second tour des municipales 2026 à Lyon. @PhamWilliam

De grand favori à battu : un documentaire sur les coulisses de campagne de Jean-Michel Aulas

Alors que les urnes ont rendu leur verdict il y a trois semaines, France Télévisions a diffusé ce mercredi un documentaire retraçant la campagne de Jean-Michel Aulas à Lyon.

C’est une immersion, pendant cinq mois, au cœur de la campagne de Jean-Michel Aulas. France Télévisions a diffusé ce mercredi le documentaire de ses deux journalistes Antoine Comte et Charlotte Notteghem qui retrace le parcours de campagne de l’ancien patron de l’Olympique Lyonnais et tente de décrypter le "phénomène Aulas". Une chronologie qui s’appuie notamment sur les nombreux sondages qui ont rythmé la campagne des municipales à Lyon. Des premiers sondages qui plaçaient Aulas largement en tête, à deux doigts même de remporter l’Hôtel de ville dès le premier tour.

Le film retrace la dynamique de campagne plutôt défavorable au candidat Aulas, jusqu’au second tour des municipales qui a vu le maire sortant Grégory Doucet finalement conserver son poste pour seulement 3 000 petites voix d'avance. Durant 52 minutes, on découvre un Jean-Michel Aulas pas franchement à l'aise avec l'exercice politique de manière globale. Du tractage sur les marchés au porte-à-porte, l'homme d'affaires de 77 ans semble forcer sa nature pour se plier aux exigences de la campagne électorale.

Un candidat Aulas qui surjoue parfois

"Je pensais que c'était rude, mais ce qui m'a choqué c'est qu'il n'y a pas de règle. Les gens qui sont des politiques sont prêts à tout pour avoir leur rémunération de fin de mois" débute dans le reportage un Jean-Michel Aulas qui semble parfois un peu déconnecté du terrain, passant beaucoup de temps dans son van aux vitres teintées pour se déplacer à ses différents rendez-vous de campagne.

Le documentaire des deux journalistes du service public plonge le téléspectateur dans "les coulisses d'une conquête qui ne s'est pas passée comme prévu." Défendant l'idée de ne pas être la marionnette des autres, et notamment de Laurent Wauquiez qui apparaît à l'écran à plusieurs reprises, Jean-Michel Aulas surjoue parfois un peu des scènes de campagne banales, comme la découverte de son QG de campagne dans le 8e arrondissement de Lyon.

Annonçant avec le sourire à un passant que "si ça se passe bien je fais un feu d'artifice et si ça se passe mal, j'en fais deux car je vais retrouver une vie normale", le candidat Aulas ne parvient pas à endosser pleinement le costume de potentiel futur maire de Lyon. Toujours dans le flou lorsqu'il évoque, au cours d'une réunion d'appartement, son projet de rendre les transports gratuits pour une partie des Lyonnaises et des Lyonnais, Jean-Michel Aulas apparaît parfois en difficulté lorsqu'il est confronté sur les idées, comme lors d'un échange, sur un marché, avec l'écologiste Benjamin Badouard.

Débat raté et affaire Deranque

L'épisode du débat, l'un des tournants de la campagne à Lyon, est évoqué, tout comme la séquence autour de la mort du jeune identitaire Quentin Deranque, lynché par des militants d'ultra gauche le 12 février dans les rues de Lyon. "Faire une telle erreur politique à ce moment-là, c'est incompréhensible" explique même Grégory Doucet quand il évoque la demande de Jean-Michel Aulas d'afficher le portrait du jeune identitaire sur l'Hôtel de Ville.

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Une erreur qui a sans doute compté dans la course à la mairie et qui a aussi coïncidé avec l'inversion des courbes dans les sondages entre le candidat Aulas qui voyait sa marge se réduire et le maire sortant de plus en plus haut.

En fin de reportage, Jean-Michel Aulas fait preuve d'un vrai moment de sincérité durant lequel l'homme d'affaires lyonnais semble, enfin, fendre l'armure. Juste avant son ultime meeting, et alors qu'il discute avec son conseiller Roman Abreu (grand absent du reportage au contraire d'Emmanuel Imberton présent à de nombreuses reprises), Jean-Michel Aulas admet qu'au "tout début, j'avais une trouille monstre de parler en public". Parlant du stress avant son ultime rendez-vous devant ses militants, à quelques jours du premier tour, meeting durant lequel le candidat Aulas s'était montré très offensif vis-à-vis de Grégory Doucet et de son exécutif, l'ancien patron de l'OL avoue être "en train de rentrer dans le match." "Je sais qu'on n'a pas le droit de se rater", poursuit-il.

Le documentaire se conclut évidemment sur la défaite d'Aulas au cours d'une soirée du deuxième tour "difficile" selon les mots du principal protagoniste du film. "Je ne suis pas déçu", affirme-t-il dans les salons de la préfecture. "Lui qui imaginait que je n'étais pas un bon politique, il va trouver en face de lui quelqu'un de déterminé à le faire tomber" lance-t-il même à l'adresse de Grégory Doucet. Rendez-vous est déjà pris pour 2032 ou 2033 ? 

Documentaire disponible sur la plateforme France Télévisions

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