Anaïs Belouassa-Cherifi et Raphael Arnault. @BelouassaAnais

À Lyon, les liens étroits entre la France insoumise et la Jeune garde

Au cœur de toutes les polémiques depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque le 14 février à Lyon en raison de la présence du député Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde, dans ses rangs, la France Insoumise rejette toute responsabilité dans le drame et assume son soutien au groupuscule anti-fasciste.

L’étau se resserre autour de la France Insoumise. Depuis l’agression, le 12 février, et la mort deux jours plus tard, du militant d'ultra-droite Quentin Deranque en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, le parti de Jean-Luc Mélenchon est en effet pointé du doigt, voire jugé responsable, pour ses liens et son soutien apporté au groupuscule antifasciste de la Jeune Garde, dont les co-fondateurs sont le député LFI Raphaël Arnault et son assistant parlementaire Jacques-Élie Favrot. Ce dernier ayant été placé en garde à vue et qui reconnaît aujourd’hui "des violences" à l’encontre de Quentin Deranque.

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"Nous n’avons rien à voir avec ça"

Les principales figures du mouvement, à commencer par son chef Jean-Luc Mélenchon, "approuvent" la "résistance" et "l’organisation" de la Jeune Garde, "quand bien même des divergences nous séparent", a-t-il ainsi déclaré le 17 février lors d’un meeting. Une position suivie par Manuel Bompard, coordinateur du parti, ce jeudi matin sur France Info qui a rappelé que "l’ensemble des responsables de la France Insoumise a condamné absolument les faits", mais estime une nouvelle fois que la responsabilité du parti n’est pas engagée, quand bien même leur député faisait partie d’un groupuscule antifasciste dissous pour violences. Une exclusion, même temporaire, de Raphaël Arnault a par ailleurs été rejetée par LFI.

Dans la capitale des Gaules, lieu de naissance du groupuscule, les liens entre la Jeune Garde et LFI restent aussi étroits. Déjà en novembre 2025 à l’Assemblée nationale, la candidate Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi s’était affichée arborant un tee-shirt de soutien à la Jeune Garde, dissous depuis cinq mois à l’époque, mais dont la décision est aujourd’hui contestée devant le Conseil d’État. On pouvait notamment y lire "Défend ta classe", tandis que le logo du groupuscule était visible sur le devant.

Hier, chez nos confrères de BFM Lyon, la candidate s’est alignée sur les propos de Manuel Bompard, arguant que "la responsabilité est chez ceux qui veulent nous mettre une cible dans le dos. Depuis le début, nous avons condamné de manière très ferme et solennelle les violences qui ont été commises jeudi dernier. Nous n’avons rien à voir avec ça. Il n’y avait aucun militant de la France Insoumise". Menacée de "mort et de viols" depuis la semaine dernière, Anaïs Belouassa-Cherifi accuse par ailleurs les "responsables politiques de tout bord" ainsi que "des ministres" de leur mettre des "cibles dans le dos".

L’hypothèse d’une alliance avec les Écologistes écartée ?

Si une alliance semblait pouvoir se dessiner lors du second tour, du côté des Écologistes, les paroles se veulent prudentes. Lundi, avant donc que les profils des suspects ne soient révélés, le maire de Lyon préférait "contribuer à l’apaisement", plutôt que de "jeter de l’huile sur le feu". "Mon rôle est de m’assurer que la police et la justice puissent faire leur travail, établir les responsabilités individuelles et les sanctions afférentes dans le cadre de l’État de droit", avait-il ajouté. Depuis, l’opposition menée par Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, respectivement candidats aux municipales et aux métropolitaines, souhaitent des clarifications quant à une possible alliance avec LFI et à leur lien supposé avec la Jeune Garde. Le premier appelant à "rejeter les extrêmes", et la deuxième d’évoquer "l’exigence de transparence vis-à-vis des Grands Lyonnais" qui "impose" à Bruno Bernard "de dire dès maintenant si, au soir du premier tour, il envisage ou non un accord avec La France insoumise pour conserver le pouvoir métropolitain".

Discret depuis le drame, le président de la Métropole de Lyon a considéré ce jeudi "que le temps politique nécessite une réflexion sur le temps long, on ne change pas d'avis tous les jours à chaque nouvelle actualité", tout en rappelant que le parti de Jean-Luc Mélenchon "a fait le choix de préparer l'élection présidentielle", en présentant une liste portée par Florestan Groult, pourtant vice-président aux sports. Et d’ajouter à l’intention de sa principale adversaire : "Je lui ai demandé le 5 janvier comment elle comptait financer son tunnel, je n'ai pas eu de réponse. Je comprends que plutôt que de parler de projets, elle préfère aller sur des sujets politiques pour occuper l'espace, plutôt que de parler de ce qui intéresse les habitants".

Les verts préfèrent donc attendre, bien qu’aucune alliance n’était jusqu’alors confirmée, tandis que du côté de leurs alliés du Parti socialiste ou de Place Publique, le divorce semble acté avec la France Insoumise. Du moins à l’échelle nationale. Olivier Faure soulignait hier qu’"aucun parti ne peut accepter le compagnonnage, même lointain de ce type d’organisation, qu'elle s’appelle la Jeune Garde, Génération identitaire ou l’Action française". L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a quant à lui regretté "la fuite en avant" de Jean-Luc Mélenchon qui "assume jusqu’au bout ces liens avec des gens violents". Reste donc à voir quelles seront les conséquences pour les écologistes si le flou persiste.

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