Alors que de premières mises en examen sont attendues ce jeudi dans l'enquête autour du lynchage mortel de Quentin Deranque, le procureur de la République de Lyon a requis le placement en détention provisoire de sept suspects.
Une semaine après le lynchage à mort du militant d'ultra-droite en marge d'une conférence de Rima Hassan à Science Po Lyon, le procureur de la République de Lyon apportera de nouvelles précisions sur l'enquête criminelle ouverte pour "homicide volontaire" ce jeudi à 17 h. Thierry Dran a ainsi indiqué que sept personnes sont actuellement présentés à un juge d'instruction en vue de l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicide volontaire".
Le parquet a requis par ailleurs leur mise en examen pour "violences aggravées pour trois circonstances aggravantes". Il a également demandé leur placement en détention provisoire, notamment pour éviter un risque de concertation et de "déperdition de preuves". Cinq des sept suspects ont reconnu leur présence sur les lieux des faits, mais tous contestent l'intention d'homicide a indiqué le procureur de la République qui a par ailleurs précisé que "plusieurs personnes" restent encore à identifier.
Les individus sont âgés de 20 à 26 ans et sont étudiants, employés dans le privé et un sans-emploi. "Trois déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d'ultra-gauche", précise le parquet. L'un a déjà été condamné pour violences et usages de stupéfiants par le tribunal pour enfants, et l'autre a été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de vol et de port d'armes. "L'un des mis en cause fait actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire (…) à la suite des violences aggravées en raison de la race, l’ethnie ou la religion" a également indiqué Thierry Dran qui précise que "l'analyse des faits, le nombre de coups portés au visage et au crâne de Quentin, les auditions des témoins, les interrogatoires, les investigations techniques et les résultats d'autopsie" ont motivé l'ouverture de l'information judiciaire du chef d'"homicide volontaire".
Trois juges d'instruction chargés de l'enquête
L'assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, fait partie du groupe de suspects présentés . En garde à vue, selon une source proche de l'enquête, il aurait reconnu sa présence à Lyon le 12 février lors de la rixe mortelle, ainsi que sa participation aux violences mais conteste avoir donné les coups mortels à Quentin. Il a également reconnu avoir joué un rôle de "leader" du groupe mais affirme qu'il a agi, avec ses complices, dans une attitude de riposte face à ce qu'ils estimaient être une agression du camp de la victime et des militants identitaires.
Les quatre derniers suspects placés en garde à vue pour "recel de malfaiteurs" ont quant à eux vu leur garde à vue levée et seront convoqués ultérieurement devant le juge d'instruction a indiqué le procureur. Il s'agit des personnes soupçonnées d'avoir aidé les auteurs présumés de violences à se cacher ou à tenter d'échapper à la justice avant leur interpellation.
L'information judiciaire ouverte et confiée à trois juges d'instruction devra par ailleurs s'intéresser à l'ensemble des évènements survenus le jeudi 12 février, alors que des vidéos révélées par plusieurs montrent une rixe entre deux groupes d'individus. Le procureur de la République a en effet indiqué que l'enquête s'était pour l'heure concentrée exclusivement sur les coups portés à Quentin Deranque.
Un hommage de l'ultra-droite ce samedi
Dès le lundi 16 février, la famille de Quentin Deranque a déposé plainte pour "meurtre en bande organisée". Selon Me Rajon, leur conseil, le procureur a retenu le motif de meurtre : "Il s’agit bel et bien d’une affaire de meurtre qui suppose une intention", martèle l'avocat. Il souligne également que Quentin Deranque n'était pas "un gros bras d'extrême droite" : "Il avait peut-être des fréquentations, ses idées, mais ses engagements se traduisaient d'une manière parfaitement pacifique et non-violente".
Une marche d'hommage à Quentin, à l'initiative d'une militante d'ultra-droite notamment est prévue ce samedi 21 février à 15 heures, place Jean-Jaurès (7e arr.). Grégory Doucet a demandé son interdiction, alors que de nombreux militants d'ultra-droite de toute la France sont attendus. Par l'intermédiaire de son avocat, la famille de Quentin a annoncé qu'elle ne se rendrait pas à cette marche, qui n'est "pas à leur initiative", et invite les participants "au calme, à la retenue et sans expression politique".

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