Mohamed Chihi adjoint
Entretien avec Mohamed Chihi, adjoint en charge de la sûreté, de la sécurité et de la tranquillité de la ville de Lyon © Antoine Merlet

"Un interlocuteur parmi d’autres": à Lyon, les écologistes accusés d'avoir travaillé avec la Jeune Garde

En cause, une interview de Mohamed Chihi, l'adjoint à la sécurité de Grégory Doucet qui avait affirmé que des échanges avaient eu lieu avec la Jeune Garde, pour lutter contre l'expansion de groupuscules d'extrême droite.

Après l'agression mortelle de Quentin Deranque le 12 février, la majorité écologiste de la mairie de Lyon a été accusée d'avoir travaillé avec la Jeune Garde, groupuscule d'ultragauche auquel auraient appartenu les six suspects identifiés par les enquêteurs selon Le Progrès.

La droite a retrouvé une interview de Mohamed Chihi, l'adjoint à la sécurité de Grégory Doucet, accordée en février 2022 au Petit Bulletin, dans laquelle il affirme avoir travailler "avec un groupe de liaison sur les extrêmes droites", comprenant notamment Muriel Ressiguier, présidente de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la lutte contre les groupuscules d'extrême-droite, le député Thomas Rudigoz mais aussi… la Jeune Garde.

À cette époque, plusieurs mouvements identitaires s'étaient installés dans le Vieux-Lyon, poussant Grégory Doucet à envoyer deux courriers aux ministères de la Justice et de l'Intérieur pour demander la dissolution de ces groupuscules.

"J’ai toujours agi dans un seul objectif, protéger les habitants de Lyon"

Dans un communiqué diffusé hier, l'adjoint à la sécurité rapporte que la Jeune Garde, "comme d'autres associations", "a été un interlocuteur parmi d’autres dans une démarche plus large de compréhension des phénomènes de violence sur la voie publique". Il explique également que "des échanges ont eu lieu avec la Jeune Garde dans ce contexte (…) au cours de l’année 2021. Ces échanges n’ont pas été poursuivis par la suite. Par ailleurs, aucune subvention, de quelque nature que ce soit, ne leur a été attribuée".

Pierre Oliver s'est aussi attaqué à la majorité écologiste par l'intermédiaire d'un post X (anciennement Twitter). Le maire du 2ème arrondissement a déterré un tweet de la section rhodanienne du parti écologiste datant de 2024 qui annonçait qu'une" trentaine d'organisations associatives, syndicales et politiques seront dans la rue". Parmi les drapeaux qui apparaissent sur le visuel du post, on aperçoit celui de la Jeune Garde. "Défiler aux côtés de la Jeune Garde et en assurer la promotion publique n’est pas anodin. À la lumière des événements récents, les Lyonnais sont en droit de demander des explications à la majorité municipale", dénonce Pierre Oliver.

À un mois des élections municipales, le décès de Quentin Deranque s'immisce dans la campagne et renforce les tensions entre les différents camps. Une tension qui devrait s'accentuer alors qu'une alliance entre LFI et les écologistes au deuxième tour n'a pas été écartée. Le parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon est en pleine tourmente pour ses liens supposés avec la Jeune Garde. Et pour cause, le fondateur du groupuscule, Raphaël Arnaud est actuellement député LFI du Vaucluse. Bien que la France Insoumise et la Jeune Garde ont nié toute implication dans le lynchage de Quentin, l'un des suspects interpellé hier est Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault et co-fondateur du groupuscule antifasciste.

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