L'écrivain est revenu à Lyon où il vivait autrefois, le temps d'un mâchon partagé avec ses amis. Et pour se délecter du patrimoine lyonnais à travers une discussion de comptoir gourmande…
Écrivain, créateur de revue, auteur de romans salués par la critique (Un Ange noir, Une Vie de Gérard en Occident et La Lune dans le puits, parus aux éditions Verticales), François Beaune a longtemps vécu à Lyon. Et s’il réside aujourd’hui à Marseille, il y revient régulièrement, ne serait-ce que pour saluer les amis et les membres de sa famille qui s’y trouvent encore.
Il y a quelques mois, il est d’ailleurs revenu dans la cité des Gaules pour un motif particulier. Déguster un mâchon. Qui est, comme tout bon Lyonnais le sait, ce repas que l’on sert à l’heure d’un petit-déjeuner tardif (vers 10 heures et demie, le matin).
Un casse-croûte en l’occurrence servi au Porte-Pot, un bouchon faisant face à l’île Barbe. Au menu : grattons, sabodets pomme vapeur et leur cervelle de canut, tablier de sapeur haricots verts, saint-marcellin et flan aux œufs… Copieusement arrosé, comme il se doit, de pots de côtes-du-rhône. Du roboratif !
Des mets solides destinés à accompagner autant qu’inspirer la discussion que l’écrivain partage avec un clan de sept amis (une avocate, un sociologue, une prof d’histoire, un prof de français, une charcutière, un peintre et un brocanteur).
But de leurs échanges animés : déterminer quel est le centre, le cœur battant de Lyon. Évidemment, chaque convive prêche pour sa paroisse avec plus ou moins de mauvaise foi, mais toujours avec culture, humour et bienveillance.
Pour l’une c’est le Vieux-Lyon (de Saint-Jean à Saint-Georges), pour l’autre la Croix-Rousse, pour un troisième c’est la Guillotière, quand ce n’est pas Bellecour, le quartier d’Ainay ou la Presqu’île dans son ensemble pour d’autres…
In fine, nous pouvons le révéler ici, tous seront d’accord pour affirmer que le cœur de notre ville se situe autour d’une table avec des amis. Une vérité difficilement contestable.
Mais auparavant les joyeux convives auront partagé, outre les abondantes nourritures terrestres, leur vision intime et personnelle de Lyon ; en revisitant son histoire, sa géographie, son architecture, les arts, les lumières et les zones sombres de cette cité qui leur est chère.
François Beaune se fait le scribe de cette conversation passionnante et passionnée au sein de cet ouvrage atypique. Il propose même à la fin quelques balades à entreprendre en marchant ou en courant. Histoire d’éliminer ?
Lyon – François Beaune, éditions L’arbre qui marche, 176 p., 13,90 €.
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