La candidate Grand Cœur lyonnais souhaite relancer la ViaRhôna entre Pierre-Bénite et Givors. Un tronçon de 18 kilomètres, estimé à 11 millions d’euros. Un projet ancien, déjà retoqué pour ses impacts environnementaux en zone naturelle protégée, que la candidate promet de remettre sur les rails.
C'est un ancien sujet de discorde entre la droite locale et la majorité écologiste. Véronique Sarselli (Grand Coeur lyonnais) à l'approche des élections a convié la presse dans la commune de Vernaison au sud ce jeudi 12 février, accompagnée de Julien Vuillemard, maire de la commune et de Xavier Odo, maire de Grigny-sur-Rhône. L'actuelle maire de Saint-Foy-Lès-Lyon a annoncé qu'elle réhabiliterait la portion de la via Rhôna qui relie Pierre-Bénite à Givors en passant par Irigny, Vernaison, et Grigny-sur-Rhône. Pour mémoire, la ViaRhôna est cette piste cyclable qui relie la Suisse à la Méditerranée en longeant le Rhône en passant par Lyon (815 km). Quasiment achevée, seul le tronçon entre Lyon et Givors (18 km) n'est pas réalisé.
En effet, en 2019, la Région de Laurent Wauquiez (LR), maître d'ouvrage de ce tronçon avait trouvé un accord avec la Métropole de Lyon, alors dirigée par David Kimelfeld, sur un tracé longeant les lônes du Rhône entre Pierre-Bénite et Givors et traversant des espaces naturels protégés. Cependant, l'enquête d'utilité publique (DUP), préalable au projet, avait rendu un avis défavorable à cause du manque d'informations sur l'impact environnemental du chantier et sur les dégâts potentiels liés au tourisme au sein de ce site naturel sensible, selon les enquêteurs publics d'alors. "Le choix de passer dans cette zone paraît plus comme résultant d’un parti pris que d’une recherche rationnelle de tracé” écrivaient-ils.

En 2022, la Métropole de Lyon avait elle aussi énoncé un avis défavorable pour des motifs identiques. La Région, anticipant la décision défavorable de la préfecture, s'était alors retirée du projet laissant ainsi le financement, la maitrise d'ouvrage, et le tracé à la Métropole. Des pistes avaient alors été évoquées par la collectivité, comme intégrer le tracé ViaRhôna à la Voie Lyonnaise 3. Projet finalement reporté à un horizon incertain.
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"Trouver un équilibre entre biodiversité et modes doux"
Dans ce contexte, si elle est élue, la candidate Grand Cœur lyonnais souhaite relancer ce projet "chiffré à l'époque à 11 millions d'euros par la Région sur l'ensemble des 18 kilomètres" explique Julien Vuillemard. "Nous allons stabiliser ces voies et les maintenir. On est pas en train de mettre en péril quoi que ce soit. C'est un sujet pas compliqué et pas cher " complète Xavier Odo. Une perspective qui devra donc affronter les mêmes arguments des précédentes enquêtes publiques qui avaient rejeté le projet porté par la droite en 2019.
Sur le contenu de la proposition de la candidate Grand Coeur lyonnais : l'aménagement des voies existantes "stabilisées et adaptées" pour que le tracé de la ViaRhôna passe enfin par les communes du sud de Lyon. Comme évoqué, c'est surtout le tronçon de 1,5 kilomètres en zone naturelle entre Irigny, Vernaison et l’entrée de Grigny qui sera sujet à caution, de nombreux autres aménagements ayant déjà été réalisés "au nord du bassin de joutes", précise le communiqué de presse de la candidate.
Sur le calendrier, Véronique Sarselli n'a pas donné plus de précisions au sujet du temps que prendrait cette réalisation : "Donner une échelle de temps c’est compliqué, il faut que les électeurs nous fassent confiance, s'il faut faire des corrections il ne faut pas hésiter à les faire. C’est un projet à retravailler et à réactualiser", concède la candidate, consciente des précédents obstacles de ce dossier ayant déjà plus de 20 ans.
Actuellement, le tracé de la ViaRhôna passe par les terres en longeant les voies des automobiles et non les lônes du Rhône comme la maire de Saint-Foy-Lès-Lyon le souhaiterait. En ce qui concerne les inquiétudes écologistes sur l'impact environnemental de cette modification, Julien Vuillemard l'assure, cela aura "un impact minimal sur la biodiversité".
Pour rappel, en 2021 "la forêt fluviale qui longe le Rhône entre Irigny et Grigny abrite plusieurs sites protégés au niveau départementale (Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope) ou européen (la Saulaie galerie d'Irigny), jugeait Pierre Athanaze, vice-président délégué à l’environnement et à la biodiversité, en 2021. Et de poursuivre que " plus de 2 000 espèces végétales et animales y ont été inventoriées, certaines très rares. Il est peu compréhensible que la Région ait fait mine de l’ignorer à l'époque".
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Et après les élections, se souviendra t-elle de sa position d'aujourd'hui en faveur de la via rhona entre Pierre Bénite et Givors ?
On n'en veut pas de son méga tunnel inutile à plusieurs milliards !