Voie lyonnaise n°7, rue Garibaldi Sud. (@Métropole de Lyon)

Voies lyonnaises : pour l'opposition, c'est encore et toujours un problème de "méthode"

Les bilans de concertation de deux tronçons des Voies lyonnaises n°7 et 8 ont été approuvés ce lundi au conseil de la Métropole de Lyon. Si dans l'ensemble, le réseau vélo est bien accueilli par les Grands lyonnais, des blocages subsistent, et l'opposition s'en empare.

C'est un dossier sur lequel majorité et opposition semblent irréconciliables. Ce lundi, les élus de la Métropole de Lyon ont approuvé le bilan de concertation et le lancement des travaux de la Voie lyonnaise n°7 sur son tronçon situé entre la rue Garibaldi à Lyon et l'avenue Jean-Jaurès à Saint-Priest. Le lancement des travaux de la Voie lyonnaise n°8 sur son tronçon depuis l’intersection de l’avenue Mermoz au boulevard Pinel à la limite des communes de Lyon et Bron, jusqu’au campus universitaire de la Porte des Alpes à Bron, d’une part, et jusqu’au parc technologique de la Porte des Alpes à Saint-Priest, d’autre part, a lui aussi été approuvé.

Lire aussi : Lyon : les Voies de la discorde

"Une question de courage", juge Bruno Bernard

Sur le papier, les groupes d'opposition disent tous ne pas s'opposer à l'idée du développement des pistes cyclables dans l'agglomération lyonnaise. Mais c'est dans la réalisation concrète du projet Voies lyonnaises, et son emprise sur le stationnement et les voies de circulation automobile, que le bât blesse. En clair, des pistes cyclables oui, mais sans empiéter sur la place de la voiture. "Une question de choix politique juge Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. Et de lancer : Une question de courage également."

Voie lyonnaise 7. (@Métropole de Lyon)

La Voie lyonnaise n°7
La Voie lyonnaise n°7, longue de 34 km, reliera Rillieux-la-Pape à Solaize. Le tronçon soumis à concertation et approuvé ce lundi, d'une longueur de 4,5 km, concerne la rue Garibaldi entre le carrefour avec la Grande rue de la Guillotière et le carrefour avec l’avenue Berthelot sur le territoire de Lyon 7ème, la rue Paul Duvivier sur le territoire de Lyon 7ème, la route de Vienne sur le territoire de Lyon 8ème, la route de Vienne et la traversée du boulevard Laurent Bonnevay sur le territoire de Vénissieux, l’avenue Jean Jaurès sur le territoire de Saint-Fons. Le montant des travaux s'élève à 8,3 millions d'euros.

"La méthode n'est pas à la hauteur", répond Eric Vergat du groupe Synergies, pour qui "il y a un mépris de la Métropole sur les maires. Ils ont pourtant une connaissance approfondie de leur territoire". Une critique par ailleurs au cœur de la fronde des maires à la rentrée 2021 et dont la traduction politique en cette rentrée est la proposition de loi des sénateur et député LR Etienne Blanc et Alexandre Vincendet visant, entre autres, à faire siéger tous les maires de communes au sein du conseil métropolitain.

Des pistes cyclables oui, mais sans empiéter sur la voiture

"Nous croyons qu'il y a un vrai problème de méthode. Nous demandons à ce que les communes et les élus soient associés, en amont, à l'élaboration des tracés", a lancé Laurence Croizier du groupe la Métro positive. Pour l'opposition, l'absence de collaboration entre Fabien Bagnon, vice-président, en charge notamment des mobilités actives, et les maires, forcent ces derniers, lorsqu'ils sont opposés au projet, à "entrer en guerre plus ou moins ouverte".

Lire aussi : Stationnement : le cheval de Troie des Voies lyonnaises ?

Le tracé des voies Lyonnaises. (Crédit Métropole de Lyon)

Une guerre qui se notamment joue dans les médias, et que l'association La Ville à vélo pointait du doigt il y a quelques semaines dans nos colonnes : "Il y a un biais autour du projet. 90 à 95 % du réseau ne posent aucune difficulté, mais tout le monde imagine que les gens sont majoritairement contre. Quelques points compliqués faussent la perception notamment dans les médias à cause du jeu politique de certains maires souvent de droite qui saturent l’espace médiatique."

La Voie lyonnaise n°8
La Voie lyonnaise n°8, longue de 28 km, reliera la Tour-de-Salvagny jusqu'à Bron et Saint-Priest. Le tronçon approuvé ce lundi concerne la partie de l'axe depuis l’intersection de l’avenue Mermoz au boulevard Pinel à la limite des communes de Lyon et Bron, jusqu’au campus universitaire de la Porte des Alpes à Bron, d’une part, et jusqu’au parc technologique de la Porte des Alpes à Saint-Priest, d’autre part. La Voie lyonnaise n° 8 comporte, en effet, la particularité d’avoir deux branches à son extrémité est. Le montant des travaux est de 1,4 millions d'euros.

"78 % du réseau a été concerté, les Voies lyonnaises entrent dans leur phase de concrétisation. Sur 90 % du linéaire, il n'y a pas de problème majeur", appuie Vincent Monot, élu écologiste au conseil métropolitain. Et d'ajouter : "Nous regrettons l'instrumentalisation politique qui est faite de 30 petits kilomètres qui posent problèmes." Les concertations menées peinent toutefois à trouver de l'écho chez les riverains concernés. Seules 81 personnes ont contribué à la concertation menée pour la Voie lyonnaise n°7 et un peu plus de 40 pour la Voie lyonnaise n°8.

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut