© Céline Vautey / 2026

Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon

Véronique Sarselli est aujourd'hui la première femme présidente de la Métropole de Lyon et la patronne d'une collectivité de 4 milliards d'euros.

Née le 18 décembre 1968 à Biguglia, en Haute-Corse, Véronique Sarselli a grandi loin des projecteurs de la politique nationale avant de s'imposer, à 57 ans, comme la première femme présidente de la Métropole de Lyon.

Après un troisième cycle en économie à l'université d'Aix-Marseille obtenu en 1992, elle commence sa carrière dans le privé comme responsable des achats, avant d'intégrer l'Institut d'administration des entreprises de Lyon en 1994 comme enseignante vacataire. Elle réussit le CAPES en 1999 et devient professeure certifiée affectée dans l'enseignement supérieur en 2003.  Elle se réclame d'un libéralisme à la Adam Smith, assumé et revendiqué.

En parallèle, elle préside un centre communal d'action sociale de 1998 à 2008, avant d'être élue au conseil municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon en 2008, puis de devenir adjointe au maire à la vie sociale.C'est par l'associatif et le terrain qu'elle entre en politique, loin des grandes écoles parisiennes.

Douze ans à Sainte-Foy, le tremplin discret

En 2014, elle emporte la mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon, commune aisée de l'ouest lyonnais, et dirige ses affaires avec son franc-parler. Réélue en 2020 avec plus de 53 % des voix, elle est réélue en mars 2026 avec plus de 75 % des suffrages. Sa gestion municipale lui vaut une solide réputation de maire de terrain, attentive aux dossiers.

C'est pourtant sur la scène métropolitaine qu'elle se fait connaître au-delà de sa commune. Son principal fait d'armes est son opposition au projet de téléphérique de l'ouest lyonnais porté par la majorité écologiste : à l'issue d'un référendum organisé auprès des habitants, le projet est abandonné.Une victoire symbolique qui la propulse comme figure de proue de l'opposition à Bruno Bernard.

En février 2025, Véronique Sarselli est désignée "cheffe de file" de la droite lyonnaise pour la course à la Métropole, à la surprise générale. Gilles Gascon, le maire de Saint-Priest, était alors le nom le plus cité. Elle s'allie à Jean-Michel Aulas pour les municipales et les métropolitaines, formant un binôme politique inédit entre la droite institutionnelle et la notoriété du monde économique et sportif lyonnais. Épaulée par sa directrice de campagne Stéphanie Pernod, elle se présente comme la "candidate de l'union de la droite et du centre". 

La coalition Grand Cœur lyonnais remporte 10 des 14 circonscriptions aux élections métropolitaines de mars 2026.

Première femme à la tête du Grand Lyon

Le 26 mars 2026, elle est élue présidente de la Métropole avec 91 voix sur 150 conseillers.  Elle succède à l'écologiste Bruno Bernard et devient ainsi la première femme de l'histoire à diriger cette institution, dotée d'un budget de près de 4 milliards d'euros.

Dans son discours d'investiture, elle pose d'emblée sa méthode : "Je suis une femme ambitieuse, ce n'est pas un gros mot. Je ne suis pas une femme de détour. On peut être déterminée sans être brutale, sincère sans être naïve." Ses trois premières annonces : un audit indépendant des finances, la création d'une brigade métropolitaine des transports, et l'abandon du TEOL au profit du métro E vers l'ouest lyonnais.

La situation est politiquement inédite : la Métropole et la ville centre, Lyon, se retrouvent pour la première fois sous des couleurs politiques opposées,Grégory Doucet ayant été réélu maire de Lyon. À cette cohabitation annoncée tendue, Véronique Sarselli répond avec une formule lapidaire : "pour dialoguer, il faut être deux".

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