Frédéric Berthet, président de la FNAIM du Rhône, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Récemment élu à la tête de la FNAIM du Rhône en janvier 2026, Frédéric Berthet explique que les agents immobiliers subissent une crise "complètement inédite" qui touche tous les organes de l'économie. Pour le nouveau président, la priorité est : accompagner, conseiller et former les adhérents à un monde de l'immobilier en pleine mutation.
Discrimination et inclusion, un chantier prioritaire
L'étude de SOS Racisme épinglant 48 % des agences immobilières pour discrimination a secoué la profession. Frédéric Berthet ne nie pas le problème : "C'est violent, notamment pour moi qui ai une tendance et une sensibilité humaniste, mais ce n'est pas nouveau." Le président de la FNAIM du Rhône veut faire de l'inclusion un chantier majeur de son mandat, estimant que la profession manque de femmes et de diversité visible. Pour lui, le problème vient aussi des bailleurs : "Je ne crois pas que notre profession soit discriminatoire ou raciste, je pense surtout par contre qu'elle est peut-être influencée par ces bailleurs qui sont quand même le donneur d'ordre."
L'encadrement des loyers au cœur des débats électoraux
À l'approche des élections municipales et métropolitaines de 2026, la FNAIM du Rhône reçoit tous les candidats pour échanger sur ses propositions. Si la ligne nationale de la FNAIM reste l'annulation de l'encadrement des loyers, Frédéric Berthet privilégie le compromis : "Nous sur le terrain, à la FNAIM du Rhône et en particulier à Lyon, nous pensons qu'il faut être dans le compromis et l'amender, l'améliorer grandement." Parmi les urgences selon lui : corriger les anomalies géographiques qui créent des écarts de prix aberrants dans une même rue, et réviser les critères des DPE qui font sortir des logements de la location, aggravant la pénurie pour les étudiants et les employés. Pour rappel, la candidate Véronique Sarselli (Les Républicains-Grand Cœur lyonnais), à la Métropole de Lyon, alliée à Jean-Michel Aulas, a confirmé jeudi soir sur BFM Lyon vouloir supprimer l'encadrement des loyers si elle est élue, estimant qu'il "ne fait qu'aggraver la pénurie de logements".
Malgré ce contexte difficile, le président de la Fnaim du Rhône se veut optimiste pour 2026. Les indicateurs montrent une remontée continue des transactions depuis 2025, et "le primo-accédant revient", prêt à concrétiser ses projets après des années d'attente.
Plus de détails dans la vidéo :
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La retranscription complète de l'émission avec Frédéric Berthet :
Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler d'immobilier avec Frédéric Berthet, qui est président de la FNAIM du Rhône, récemment élu président début janvier 2026. Bonjour Frédéric Berthet.
Bonjour Éloi.
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. Quels sont, avant de commencer vraiment l'émission, peut-être juste présenter les principaux chantiers sur lesquels vous voudriez développer pour la FNAIM du Rhône ?
Alors le principe, pas les chantiers tout d'abord, c'est de s'occuper des adhérents qui subissent une crise qui est complètement inédite, puisque ça fait plus de 20 ans, plus de 25 ans qu'on n'a pas assisté à une crise qui à la fois a été brutale pour les agents immobiliers, mais tous les organes de l'économie, et aujourd'hui sur la longueur, puisqu'elle a démarré en janvier 2023. Donc c'est d'accompagner, de conseiller, et puis de mettre en avant et de former à tout ce qui a changé et ce qui change aujourd'hui dans le monde de l'immobilier.
Je voudrais qu'on parle un mot aussi sur cette étude enquête de SOS Racisme qui est sortie, cette publication, disons, sur des agences épinglées au sein de la FNAIM, alors national, pas du Rhône, attention, sur des agences qui feraient de la discrimination sur les origines qui est à la moitié, il y a 48 % d'agences qui ont été épinglées. Comment est-ce que vous ressentez et vous recevez cette information en tant que président de la FNAIM locale du Rhône ?
Alors évidemment c'est violent, c'est violent notamment pour moi qui ai une tendance et une sensibilité humaniste, mais ce n'est pas nouveau. C'est la raison pour laquelle, dans mon mandat, cela fait partie de chantiers, en tout cas de sensibilisation à la fois vis-à-vis des clients, puisque là c'est de cela dont on parle, mais aussi de nous, professionnels, puisque dans nos professionnels, nous en chefs d'entreprise. Déjà d'abord, on a très peu de femmes, ensuite on a très peu de visibilité, enfin de communautés visibles ou non visibles, que ce soit au niveau du handicap, au niveau des couleurs ou des origines, et je crois que de l'homosexualité aussi. On a de vrais soucis, et je pense qu'il faut effectivement déjà un, ne plus être dans le déni, de dire oui l'immobilier, ça doit être fun, moderne, en tout cas c'est l'image qu'il a, mais on a du travail là-dessus. Sur l'inclusion ? Exactement, sur l'inclusion. Et il faut, on a beaucoup d'efforts à faire, et évidemment vis-à-vis des clients aussi, mais des clients bailleurs qu'il faut sensibiliser, parce que je ne crois pas que notre profession soit discriminatoire ou raciste, je pense surtout par contre qu'elle est peut-être influencée par ces bailleurs qui sont quand même le donneur d'ordre. Et c'est là-dessus qu'il faut travailler, sensibiliser, communiquer beaucoup. Ça sera mon chantier en tout cas.
Très bien, le message est passé. On va parler un petit peu de politique aussi. 2026 c'est l'année électorale, il y a les élections municipales, métropolitaines et d'arrondissements, d'ailleurs il y a trois scrutins. Je ne vais pas vous demander quelle est la position de la FNAIM qui est une association apolitique, simplement qu'est-ce que vous attendez, quelles sont les priorités pour la FNAIM du Rhône que vous attendez auprès des futures équipes municipales et métropolitaines ?
Nous recevons aujourd'hui, même en ce moment, tous les candidats pour savoir un peu leur programme et puis aussi d'échanger entre nous avec nos propositions, et c'est ce que nous faisons aujourd'hui avec un certain nombre de chantiers que vous connaissez : l'encadrement des loyers, la transaction, la construction, sachant une fois encore que le logement aujourd'hui, mais comme l'immobilier d'entreprise, est extrêmement touché depuis 2023.
Mais l'encadrement des loyers par exemple, c'est quand même un sujet extrêmement polémique dont on parle depuis maintenant cinq ans. Est-ce que vous êtes toujours pour l'annuler comme la FNAIM le soutenait depuis quelques années ? Est-ce que c'est encore possible ? C'est quand même une mesure qui est soutenue par la majorité des Français, je crois que c'est entre 70 % des Français qui soutiennent cette mesure. La FNAIM tient toujours à l'annulation de l'encadrement des loyers ?
Alors en tout cas, la ligne éditoriale de la FNAIM, effectivement, c'est de l'annuler. Après, nous sur le terrain, à la FNAIM du Rhône et en particulier à Lyon, nous pensons qu'il faut être dans le compromis et l'amender, l'améliorer grandement. Nous sommes encore une fois main dans la main avec les pouvoirs publics, en tout cas c'est ce que nous essayons de faire, et cela ne nous a pas échappé d'ailleurs que depuis plusieurs mois on avait une écoute toute attentive à cela.
D'accord. Et pour vous, je ne sais pas, peut-être l'urgence, la première mesure, la première décision pour le logement que pourrait prendre un futur président de la métropole ?
Il faut la corriger, notamment au niveau géographique, puisqu'on a sur le même appartement dans la même rue, on peut avoir des prix complètement différents. Donc ça, ça va être une des premières clés qu'il faudra bouger. Et puis après, sur d'autres anomalies, sur les DPE aussi, où il faudra amender, puisqu'en fait, alors pour beaucoup de raisons et notamment la crise, aujourd'hui on a un manque de logements, et il y a des logements qui sortent de la location, et aujourd'hui socialement c'est une catastrophe, puisque ni les étudiants ni les employés ne trouvent de logements à Lyon.
Effectivement, il n'a jamais été aussi dur de trouver un appartement en location à Lyon. Simplement, avant de terminer, on manque toujours un petit peu de temps, mais sur le point de vue économique, 2026 pour vous se dessine positivement, vous l'avez dit en conférence de presse la semaine dernière, vous attendez un regain d'activité sur les volumes de vente, je parle de la transaction dans l'ancien cette fois. C'est comme ça que vous voyez l'année à venir ?
Nous pensons que nous avons fait le plus dur, et en effet, tous les indicateurs montrent que le taux de transaction remonte. Il a remonté en 2025 sensiblement, mais de manière continue, ce qui nous fait dire que ça va continuer. On a beaucoup d'espoir pour 2026, que ce soit au niveau municipal, parce que nous pensons et nous voyons, nous savons qu'à chaque fois qu'il y a des élections municipales, que la majorité reste ou pas, il y aura toujours un effet rebond, une dynamique derrière ça. Et puis après, le gouvernement, il semble qu'il écoute les professionnels de l'immobilier, et puis qu'on attend cette stabilité. Aujourd'hui, la plupart des acteurs économiques et des gens qui veulent acheter se sont habitués à cette crise. Ils savent que maintenant c'est dur, donc ils ont pris de nouvelles dispositions. Et nous voyons, ce qui est assez extraordinaire, c'est le primo-accédant revient, et lui maintenant achète et il se dit maintenant nous on a des projets, fini d'attendre, on y va.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Frédéric Berthet d'être venu sur notre plateau pour nous parler de vos projets, des élections et puis de la conjoncture de l'immobilier. Quant à vous, merci d'avoir suivi cette émission. Plus de détails sur tous ces dossiers sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.

Les Meilleurs Ouvriers de France à Lyon : Nicolas Salagnac, graveur médailleur