Louis Faivre d’Arcier, directeur des Archives municipales de Lyon, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

"Une tradition d’engagement à Lyon" : cette exposition met en lumière les combats militants des lyonnais

Louis Faivre d’Arcier, directeur des Archives municipales de Lyon, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Une exposition consacrée aux luttes sociales, antiracistes, féministes ou encore pacifistes se tiendra du 3 juin au 11 juillet aux Archives municipales de Lyon. Baptisée Mémoires d’engagements, elle a été conçue avec les étudiants du Master 2 Archives de l’Université Jean-Moulin Lyon 3 et rend hommage à des figures locales engagées dans la défense des droits humains et de la paix.

Une exposition construite autour des parcours militants

Pensée à partir de fonds d’archives récemment confiés aux Archives municipales, l’exposition mêle photographies, correspondances, tracts, affiches et objets personnels. "Toutes les personnes dont nous représentons le parcours sont des donateurs des Archives municipales de Lyon", explique Louis Faivre d’Arcier. "Ils ont accepté de nous confier des archives concernant leur parcours militant ou leur engagement au service de causes diverses."

L’exposition retrace notamment des engagements liés au Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), à la lutte pour les droits des prisonniers ou encore aux combats antiracistes et pacifistes. Pour le directeur des Archives municipales, la cohérence du projet repose sur "l’affinité des engagements entre ces différentes personnes dont nous avons collecté les archives au fil de la dernière décennie".

Une mémoire vivante des engagements lyonnais

L’une des particularités de Mémoires d’engagements est de donner la parole à des personnalités toujours vivantes. "C’est aussi une des richesses de l’exposition : nous allons pouvoir présenter leurs témoignages", souligne Louis Faivre d’Arcier.

Interrogé sur une éventuelle tradition lyonnaise de l’engagement, il estime que l’histoire de la ville joue un rôle important. "Il existe une tradition d’engagement liée à l’histoire industrielle, sociale et religieuse de la ville de Lyon." Parmi les pièces exposées, le directeur cite notamment un buste de Martin Luther King prêté par le père Christian Delorme, qu’il juge "très émouvant".

Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler de culture, on va parler d’une exposition. Elle s’appelle « Mémoires d’engagements ». Elle se tient aux Archives municipales de Lyon du 3 juin au 11 juillet, à l’occasion de la soirée annuelle des Bienfaiteurs des Archives. Elle a été réalisée en collaboration avec les élèves de Master 2 Archives de l’Université Jean-Moulin Lyon 3.
L’idée, c’est que l’exposition est pensée comme un hommage aux femmes et aux hommes qui ont marqué l’histoire par leur engagement en faveur des droits humains et de la paix. Pour en parler, nous recevons le directeur des Archives municipales de Lyon, Louis Faivre d’Arcier.

Bonjour Louis Faivre d’Arcier. Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer dans le vif du sujet. D’abord, que donne à voir cette exposition ? Quels sont les objets exposés ?

Alors, c’est une exposition qui comprend essentiellement deux types de documents ou d’objets présentés. D’une part, des archives des différentes personnes qu’on a voulu mettre en avant. Ce sont des archives qui sont entrées par dons.

Toutes les personnes dont nous représentons le parcours sont des donateurs des Archives municipales de Lyon, qui ont accepté de nous confier des archives concernant leur parcours militant ou leur engagement au service de causes diverses, qui ont pour point commun de concerner l’histoire locale.

Ensuite, il s’agit de photographies, de peintures, d’objets, de toutes sortes de textes ?

Alors, on a beaucoup de photos parce que, évidemment, c’est le plus visuel. On a aussi du texte, avec pas mal de correspondances, des tracts, des affiches. Et puis, on a également des objets que les différentes personnes ont souhaité nous confier le temps de l’exposition parce qu’ils présentaient pour eux une certaine valeur symbolique.

Très bien. Alors, que raconte justement cette exposition ? Quel est son fil rouge ? Comment assurez-vous la cohérence de cette exposition puisque, effectivement, c’est plutôt l’histoire contemporaine de Lyon, l’histoire du militantisme, des engagements en tout genre ? Il y a quand même beaucoup de thématiques abordées : la lutte contre le racisme, les droits LGBT… Il y a beaucoup de choses. Comment faites-vous pour que tout se tienne ?

Alors, c’est peut-être lié en partie à la genèse de cet événement. Tout a commencé avec les étudiants de Lyon 3. Nous avons un cours consacré à l’exposition d’archives avec ce master de Lyon 3.

Le cahier des charges donné aux étudiants, c’était de produire une exposition à partir de fonds d’archives entrés très récemment. Parmi ces fonds d’archives entrés depuis une dizaine d’années, il y avait des archives d’associations, comme le Mouvement pour une alternative non-violente, le MAN, ou des archives de personnes liées, d’une manière ou d’une autre, aux causes portées par ce noyau de militants.

Les étudiants ont donc choisi un certain nombre de fonds et de personnalités. Ils ont pu rencontrer ces personnes, parce que la particularité de ces fonds, c’est aussi de retracer le parcours de personnalités vivantes.

C’est d’ailleurs une des richesses de l’exposition : nous allons pouvoir présenter leurs témoignages. La cohérence vient, je dirais, de l’affinité des engagements entre ces différentes personnes dont nous avons collecté les archives au fil de la dernière décennie.

Il y a aussi un concours de circonstances, des histoires de rencontres humaines, finalement, dans la composition de cette exposition, si j’entends bien.

Absolument. C’est vraiment une histoire de confiance entre nous et ces différents donateurs. Tout a commencé avec le Mouvement pour une alternative non-violente, le MAN, qui a accepté de nous confier des archives de son histoire, remontant aux années 1960-1970.

Puis nous avons rencontré le père Delorme à cette occasion, parce qu’il connaissait bien aussi le MAN. Ensuite, nous avons rencontré Bernard Bolze, le fondateur de l’Observatoire international des prisons. Et tout cela a fait boule de neige pour constituer, finalement, un propos qui a une certaine cohérence autour de la défense des droits humains et, d’une certaine manière, des marges de la société.

Justement, vous avez cité plusieurs personnalités qui ont composé l’histoire de ces causes militantes. Et comme nous sommes à Lyon Capitale, je ne peux pas m’empêcher de vous poser cette question : y a-t-il un particularisme lyonnais, une tradition particulière de l’engagement à Lyon ?

Alors, pour répondre dans le cadre de cette émission, c’est peut-être un peu difficile, mais je pense que, d’une certaine manière, oui. Il existe une tradition d’engagement, bien sûr, comme dans toutes les grandes villes. Mais il y a aussi une tradition d’engagement liée à l’histoire industrielle, sociale et religieuse de la ville de Lyon.

Tout cela compte. Est-ce que cela représente une véritable particularité ? Est-ce que Lyon est la capitale de l’engagement ? Ça, je ne saurais pas vous dire.

Très bien, on approche de la fin. D’abord, première question : que souhaiteriez-vous que les visiteurs retiennent en sortant de votre exposition ? Et puis, on aimerait connaître votre coup de cœur personnel, en toute subjectivité. Y a-t-il un élément de l’exposition qui vous touche particulièrement ?

Je pense que ce qui me paraît beau dans cette exposition, ce sont justement les parcours de vie, les parcours humains au service d’engagements assez divers. D’une certaine manière, c’est déjà une première chose très touchante.

Et puis, vous me posiez la question de savoir quel objet ou quel document me touche particulièrement. Moi, je pense au buste de Martin Luther King que le père Delorme nous confie le temps de l’exposition. Ce sera l’une des pièces auxquelles il tenait particulièrement et que je trouve également très émouvante.

Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup d’être venu sur notre plateau présenter votre exposition. Je le rappelle : elle s’appelle « Mémoires d’engagements » et se tient du 3 juin au 11 juillet aux Archives municipales de Lyon, juste derrière Perrache. Elle évoque les luttes sociales, antiracistes, féministes, pacifistes… Il y a beaucoup de choses à voir.

Merci d’avoir suivi cette émission. Plus de détails sur l’actualité culturelle sur le site de Lyon Capitale. Je vous dis à très bientôt.

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