C’est l’un des spectacles les plus attendus de cette fin de saison, Marius, une version moderne, adaptée et mise en scène par Joël Pommerat, de l’œuvre de Marcel Pagnol.
Depuis quelques années, que ce soit au TNP ou aux Célestins, il ne se passe pas une saison sans que l’on ne puisse apprécier un spectacle de Joël Pommerat. Nul ne s’en plaindra, tant ses créations se révèlent toujours passionnantes. Cette saison, il fera même coup double.
En effet, il a présenté à la fin de l’année dernière, au TNP, où il jouit du statut d’“artiste complice”, Les Petites Filles modernes, un conte théâtral qu’il a écrit et mis en scène. Une pièce parfaitement maîtrisée qui a confirmé, s’il en était encore besoin, la place prépondérante qu’il occupe sur la scène française mais aussi internationale.
Et on le retrouve, du 27 mai au 6 juin, sur le grand plateau des Célestins. Qu’il apprécie et connaît aussi très bien puisqu’il y a présenté des reprises de deux de ses plus grands spectacles : Cendrillon en 2024 et La Réunification des deux Corées en 2025. C’est d’ailleurs avec une reprise de l’un de ses – nombreux – spectacles emblématiques, Marius, qu’il revient aux Célestins.
Marius, tu me fends le cœur !
Reprendre la pièce de Marcel Pagnol, voilà un pari très osé, d’autant que ce classique du répertoire théâtral français a donné lieu à un film culte porté par des acteurs encore présents dans notre imaginaire : Raimu, Pierre Fresnay et Orane Demazis. “Marius, tu me fends le cœur !”, tout le monde, ou presque, a la réf !
Pour s’attaquer à ce monument, Joël Pommerat a eu une démarche originale. Il a misé sur un casting en partie constitué d’amateurs, plus exactement de trois anciens détenus de la maison centrale d’Arles, où il a monté une version très libre de l’œuvre de Pagnol, en 2016. Il a travaillé avec eux en toute improvisation pour actualiser le texte, toujours dans un souci de justesse.
Sans compter qu’il a bénéficié de la collaboration de la metteuse en scène Caroline Guiela Nguyen, également habituée du grand plateau des Célestins, dont le talent n’est plus à démontrer.
L’intrigue originelle n’est évidemment pas modifiée. Les affaires du café-boulangerie de César vont plutôt mal, les clients se font rares et son fils Marius n’a guère envie de reprendre le commerce.
Partagé entre son envie de prendre le large et son amour pour Fanny, son amie d’enfance, le jeune homme s’interroge : faut-il tout quitter au risque de tout perdre ? Rester et honorer son devoir de fils ? Ce sont ces doutes et son désir d’ailleurs (qui résonne avec ce que peut éprouver un prisonnier) que Marius traîne entre les tables et chaises en formica, les frigos de boissons et les viennoiseries, tout juste interrompu par les sonneries des entrées et sorties du magasin.
En tournée depuis des années, le spectacle, âpre et intense, toujours puissamment ancré dans la cité phocéenne mais sortant l’œuvre originelle de son contexte de l’entre-deux-guerres, a reçu des échos élogieux partout où il a été joué. Nul doute qu’il en sera de même à Lyon.
Marius – Du 27 mai au 6 juin, aux Célestins
