Photo de répétition de L’Avare © Jacques grison

Théâtre : Jérôme Deschamps en grippe-sou au TNP

Nouveau temps fort de cette rentrée théâtrale au TNP, la mise en scène de Jérôme Deschamps de l’une des plus irrésistibles comédies de Molière : L’Avare.

Avouons-le, la récente venue de Jérôme Deschamps dans nos contrées, en mai dernier, pour mettre en scène et jouer Le Bourgeois gentilhomme au Radiant de Caluire, nous avait laissé sur notre faim. Au centre d’une distribution pléthorique, il en faisait trop (parfois même à la limite du cabotinage), dans une mise en scène impressionnante par la débauche des moyens mis en œuvre mais in fine très conventionnelle.

Qu’importe, on ne peut que saluer la passion de Deschamps pour Molière : avant Le Bourgeois gentilhomme, il avait mis en scène (avec Macha Makeïeff) et joué Les Précieuses ridicules, en 1997. De surcroît, il est encore temps de célébrer le 400e anniversaire du génie comique français, baptisé le 15 janvier 1622 à Paris.

Éternelle pingrerie

D’autant que si cette commémoration a déjà donné lieu à de multiples versions de ses pièces, notamment de son Tartuffe, L’Avare était jusque-là restée au placard.

Et pourtant, s’il y a une pièce indémodable de Poquelin, c’est celle-là. Sous ses airs de comédie amoureuse, c’est bel et bien un modèle de la comédie de caractère. Par la satire, le quiproquo et l’ironie, il brosse un portrait au vitriol d’Harpagon, personnage pivot de la pièce qu’il interprétait d’ailleurs avec beaucoup de jubilation.

S’inspirant de la pièce de Plaute, La Marmite, il a imaginé une comédie en prose qui aborde des thèmes aussi actuels que la tyrannie domestique, le mariage forcé, l’individualisme ou la misogynie.

Mais ce sont avant tout les excès de la passion aveugle pour l’argent qui sont mis en exergue. Et quoi de plus actuel, de plus éternel même, hélas !, que cette irrépressible envie d’amasser toujours plus d’argent, de monnaie, de fric, de grisbi, de thune… dans un coffre-fort et/ou sur un compte en banque ? Molière nous offre sur cette passion triste un rire féroce qui n’a pas pris une ride.


L’Avare – Du 6 au 21 octobre au TNP de Villeurbanne


 

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