Le Boléro de Ravel © Olivier Houeix

Malandain Ballet Biarritz : l’éclat de la danse néoclassique

Avec un programme virtuose, Thierry Malandain nous relie à sa passion pour la danse classique et la musique de Francis Poulenc, Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel.

Après avoir dirigé depuis 1998 le Malandain Ballet Biarritz – qui fait partie des dix-neuf centres chorégraphiques nationaux existant en France –, son directeur et chorégraphe Thierry Malandain le quittera fin 2026, poursuivant jusque-là un tour des scènes internationales avec les vingt-deux interprètes permanents qui le constituent, tous formés à la danse classique. Car on le sait, Malandain est depuis toujours attaché au ballet où il donne la priorité au corps dansant, à sa puissance, sa virtuosité, son humanité et sa sensualité, reconnaissant que la danse classique répond à des codes artistiques et sociaux d’une autre époque mais qu’il est pourtant parvenu à actualiser en déployant une esthétique néoclassique, réussissant également à embarquer un public de danse contemporaine séduit par la beauté de son travail et son engagement à défendre un langage en voie d’extinction. Le public lyonnais le connaît bien car il est souvent venu à la Maison de la danse, aussi propose-t-il en janvier Midi-Minuit, un programme autour de trois musiciens qui l’ont accompagné durant son parcours – Francis Poulenc, Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel. Chacun,détaille-t-il, à son époque et dans son style, a su incarner une recherche constante d’équilibre entre tradition et innovation : Saint-Saëns et Ravel reconnus pour leurs orchestrations savantes et innovantes, Poulenc mêlant souvent simplicité de mélodies populaires avec des harmonies modernes et audacieuses. Ce programme comprend des œuvres de mon répertoire et une création pour célébrer le jour et la nuit, midi et minuit, et le temps qui fuit dans l’ombre ensevelie.”

Trois pièces sous le signe de l’intensité et de la poésie

Midi pile ou le concerto du soleil est une re-création d’un ballet réglé en 1995 sur le Concerto pour deux pianos en ré mineur de Francis Poulenc à propos duquel il disait ne pas chercher midi à quatorze heures simplement parce qu’il évoque l’enfance, ses découvertes, les jeux, les rêves comme les désirs. Thierry Malandain s’approprie un tourbillon de sentiments avec une danse éblouissante et joyeuse à la gloire d’un Soleil créateur du jour et de la lumière qui sublime souvenirs et émois multiples. La deuxième pièce est Le Boléro de Maurice Ravel, porté par douze danseurs dans un espace clos et restreint, soumis à la répétition obsédante du thème orchestral de Ravel avec ce final intense où peu à peu la liberté s’impose. Le chorégraphe, contrairement à Béjart, met ici davantage l’accent sur cette sortie de l’enfermement que sur le caractère “musico-sexuel” également revendiqué par Ravel. Nouvelle création de Thierry Malandain, Minuit et demi, ou le cœur mystérieux déploie sa danse sur les mélodies inédites pour orchestre de Camille Saint-Saëns inspirées par la poésie de Victor Hugo, Pierre Aguétant et Théodore de Banville sans oublier La Danse macabre, poème symphonique en sol mineur composé d’après le poème de Henri Cazalis Égalité-Fraternité, tube de la musique classique “où, dit le chorégraphe, l’on entend claquer les os des danseurs !”

Midi-Minuit - Malandain Ballet Biarritz – Du 27 janvier au 4 février à la Maison de la danse Autour du spectacle et dans le cadre du cycle Histoire(s) de la danse, un programme avec ateliers, vidéos, rencontres, conférences est à découvrir sur Maisondeladanse.com.

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