Le musicien Chassol harmonise aux claviers des chants d’oiseaux enregistrés et diffusés en vidéo pour aboutir à des compositions étonnantes et poétiques © William Sundfor

Festival : Superspectives décloisonne la musique contemporaine

À ceux que l’étiquette “musique contemporaine” effraie, le jeune festival Superspectives fête sa quatrième édition, donnant la parole à tout un champ du domaine contemporain souvent boudé par le sérail. Quand l’avant-garde se frotte aux musiques populaires…

Un festival de musique contemporaine, oui ! Mais portant le projet de décloisonner un genre trop souvent incarné par des esthétiques académiques déconnectées du public. C’est le projet qui anime François Mardirossian (pianiste) et Camille Rhonat (professeur de philosophie), co-directeurs du festival Superspectives.

Pour eux, “musique contemporaine” ne rime pas qu’avec musique classique et nombre de compositeurs s’inscrivant dans des démarches spéculatives viennent d’univers radicalement différents, n’hésitant pas à évoquer voire mêler les esthétiques (jazz, musiques électroniques, world, rock…).

C’est à travers une programmation décomplexée et exigeante que Superspectives se propose de faire découvrir aux Lyonnais tant d’expressions de l’avant-garde musicale passées sous les radars de l’Ircam et autres institutions d’autorité.

Le rendez-vous se tiendra dans le cadre bucolique des jardins de la maison de Lorette, en contrebas de Fourvière, et sera placé cette année sous le signe très en vogue de l’“environnement”.


Éclectisme au naturel


Car du chant des oiseaux au bruit du vent ou de la mer, la nature a tôt fait d’inspirer les compositeurs. C’est bien entendu le cas de Chassol (déjà présent l’été dernier à l’affiche du festival) qui, dans sa série de pièces intitulée Ultrabirdz, harmonise aux claviers des chants d’oiseaux enregistrés et diffusés en vidéo pour aboutir à des compositions étonnantes et poétiques. Le poly clavériste nous interprétera également une réécriture personnelle de Six Pianos de Steve Reich.

Nature toujours, la compositrice Margaux Dauby a fait l’objet d’une commande du festival sur le thème de “la mer” pour bande-son et ondes Martenot (synthétiseur étrange et archaïque popularisé notamment par Olivier Messiaen).

On le sait, la musique dite minimaliste est l’un des péchés mignons de nos deux directeurs artistiques et c’est sans surprise qu’on retrouve à l’affiche du festival Gavin Bryars, lequel nous a réservé une création en forme d’hommage à Erik Satie (influence majeure du courant minimaliste).

Parallèlement, le pianiste François Mardirossian nous fera goûter au Glassworks de Philip Glass en compagnie de l’orgue de barbarie d’Alexis Paul et des projections vidéo de Lionel Palun tandis que Charlemagne Palestine nous gratifiera d’un récital “drone” au piano Bösendorfer.

Le week-end du 25 et 26 juin sera dédié aux musiques “ambient”, incluant sessions d’écoutes, conférences et concerts appliqués.

Les célèbres Variations Goldberg de Bach feront l’objet de deux relectures, l’une en compagnie du duo Silent Room, l’autre sera le fruit d’une collaboration entre le fantastique claveciniste Jean Rondeau et Tancrède Kummer à la batterie.

Le Moyen Âge sera également évoqué à travers 13 Visions de Clara Lévy, pour violon et électronique, inspiré de monodies de Hildegarde de Bingen.

À Superspectives, la création contemporaine touche résolument à tout et le romantisme ne sera pas épargné comme le prouveront certaines réminiscences dans le récital du pianiste ukrainien Lubomyr Melnyk ou les Nocturnes, interprétés aux claviers électroniques, d’Othman Louati. Entre autres joyeusetés…


Superspectives – Du 17 juin au 10 juillet à la maison de Lorette, Lyon 5e - www.superspectives.fr


 

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