Pascal Blache
Pour le maire d'opposition du 6e arrondissement, la démission finalement acceptée de Gérard Collomb clôture une séquence politique “hallucinante”. Elle marque aussi pour Pascal Blache le début d'une campagne très personnelle du futur ancien ministre de l'Intérieur.
Emmanuel Macron et Gérard Collomb, à Lyon, en 2016 – à l’arrière-plan, David Kimelfeld © Tim Douet
Depuis quelques semaines, Gérard Collomb retrouve le franc-parler qui l’avait tenu à l’écart des ministères quand il adhérait au PS. Le franc-tireur Collomb a repris du service. Emmanuel Macron traverse son premier trou d’air et voit le numéro deux de son gouvernement l’alimenter. Le ministre de l’Intérieur jure, lui, qu’il essaie de sauver La République en Marche.
Gérard Collomb à un meeting En Marche, en 2017 © Tim Douet
Depuis Paris, Gérard Collomb est gagné par un accès de fébrilité quant aux scrutins locaux de 2020. Pour enrayer un mauvais alignement des planètes, il a précipité l’annonce de sa candidature aux élections municipale et métropolitaine. Son entourage redoute tout autant la fin de l’état de grâce macronien que l’aspiration au changement après dix-sept ans de règne et un intermède ministériel.
David Kimelfeld au conseil municipal, en septembre 2018 © Tim Douet
Une partie de la majorité métropolitaine comme de l’opposition utilise David Kimelfeld pour tenter de contrer le retour de Gérard Collomb. Ces alliances de circonstance pourraient permettre au président de la métropole de prolonger son bail jusqu’en 2020.
Un appel anonyme pour contrer le retour de Gérard Collomb a circulé, par mail, parmi les notables lyonnais. Parti de personnalités bien ancrées à gauche comme Jean-Michel Daclin, il a fini, par effet boule de neige, à arriver jusqu’aux oreilles de Gérard Collomb et de ses proches. Lesquels parlent de trahison et imaginent que David Kimelfeld se cache derrière cette manœuvre.
Pascal Blache
Dans l'annonce du départ programmé de Gérard Collomb du gouvernement, Pascal Blache lit une manœuvre du ministre de l'Intérieur de se désolidariser d'un président de la République qui décroche dans les sondages.
Election du président de la métropole au Grand Lyon, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
La nouvelle carte électorale laisse un goût très amer aux élus des monts d’Or. Faiseurs de majorité au Grand Lyon depuis 2001 grâce à un système dans lequel ils étaient surreprésentés, ils digèrent mal le fait que les maires ne siègent plus systématiquement au conseil métropolitain, malgré les promesses de Gérard Collomb.
Gérard Collomb et David Kimelfeld au conseil métropolitain, en mai 2017 © Tim Douet
En 2020, les conseillers métropolitains seront élus au suffrage universel direct. Une première historique qui tranche avec les accords de couloir sur lesquels ont reposé les élections de Gérard Collomb puis David Kimelfeld. Ce nouveau scrutin, Collomb l’a façonné tout seul à la création de la métropole : d’une prime majoritaire à une carte électorale qui semble taillée sur mesure pour La République En Marche.
Le député du Rhône Bruno Bonnell, à l'Assemblée nationale, le 27 juin 2017 © Tim Douet
Bruno Bonnell s’est porté candidat, jeudi soir, à la présidence du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Mercredi, il avait pourtant confié à Lyon Capitale qu’il ne ferait pas un candidat idéal à cette importante fonction : “Soyons sérieux, je suis un électron libre.”
David Kimelfeld, lors de son élection à la présidence de la métropole – Grand Lyon, juillet 2017 © Tim Douet
Courtisé à gauche, coincé au quotidien dans la tenaille des Collomb, David Kimelfeld a décidé de se donner du temps et de garder toutes les options ouvertes tant que le ministre de l’Intérieur n’est pas de retour physiquement à Lyon. Cet entre-deux constitue sa seule chance d’exister dans un paysage politique sur lequel il n’a pas trouvé de prise.

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