Cantine
© Romain Perrocheau / AFP

Vénissieux: un prêtre plaide pour un menu sans viande dans les écoles

Pour Régis Charre, prêtre à Vénissieux et membre de la commission laïcité et vivre ensemble, "proposer un menu sans viande n'est pas nécessairement faire rentrer la religion dans la cantine municipale".

Installée en janvier dernier par un représentant de la préfecture et la mairie, la commission "Laïcité et vivre ensemble" regroupe trois collèges : celui des élus, celui des religions et celui des associations. Régis Charre, prêtre aux Minguettes et membre de la commission, a suggéré à Michèle Picard, maire communiste de la ville, à ce que cette commission s'empare de la question des menus dans les cantines des écoles primaires. Pour lui, proposer tous les jours, au choix, un menu avec ou sans viande, est proche de la nécessité au niveau écologique. "Le pape François a sorti une encyclique, le Laudato Si, qui concerne l'écologie intégrale. Elle comprend l'écologie environnementale et l'écologie des plus pauvres, car il dit que tout est lié. En France, nous avions plutôt tendance à opposer les deux. Les partis écologistes s'opposaient aux partis qui défendaient la classe ouvrière et inversement. Aujourd'hui, nous prenons en compte les deux et revoyons un certain nombre de questions concrètes de la vie quotidienne" explique Régis Charre. Selon lui, il faudrait dans tous les cas manger moins de viande dans les années avenir pour assurer un équilibre.

Un choix à la charge des parents

Chaque semaine dans les écoles de Vénissieux, deux repas sont servis sans viande. Mais Régis Charre précise que "si l'on compare le nombre d'enfants qui mangent quand il y a un menu avec viande par rapport à un menu sans, on est autour de 3000 élèves en moins." Le prêtre plaide pour donner la possibilité aux parents de choisir : "si 100% des parents veulent que leur enfant mange de la viande tous les jours, du lundi au vendredi, personne n'aura rien à redire. Mais nous voudrions que les parents, quelque soit leur obédience religieuse ou leur sensibilité écologique, puissent choisir". En juin dernier, ces questions avaient été titrées "polémiques" dans un numéro du Progrès qui avait posé la question de savoir ce qu'il fallait donner à manger aux enfants musulmans dans les cantines de la ville, en relayant les propositions de menu sans viande du conseiller municipal socialiste, Lofti Ben Khelifa. "Si je m'étais appelé Jean-Claude, ce rapprochement inadmissible n'aurait pas été fait", précise ce dernier à Lyon Capitale. Pour le prêtre Régis Charre, "dès que quelqu'un demande à prendre en compte les enfants musulmans, on dit qu'il veut faire entrer la religion dans la municipalité. Les bannières se lèvent et on dit tout de suite non. Je pense qu'au contraire, proposer des menus avec ou sans viande tous les jours, comme c'est le cas à Lyon où à Décines, respecte la laïcité". Il rappelle également que dans toutes les cantines des collèges gérées par le département, ainsi que celles de tous les lycées gérés par la Région, les élèves "ont toujours le choix de manger ou non de la viande".

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