Pas de bon, pas de vaccination !

Premier jour de vaccination dans les gymnases et autres salles polyvalentes du département du Rhône et premiers couacs. A Villeurbanne, un personnel d'une maison de retraite s'est vu refusé la vaccination, il n'avait pas de bon. Le centre a ouvert avec quinze minutes de retard.

14 h30 salle des Gratte-ciel, ce n'est pas un match de hand-ball qui se joue dans la salle aujourd'hui, mais l'ouverture du premier centre de vaccination contre la grippe A de la commune. Les 14 personnels du centre sont en place. La porte reste fermée. Hamed, 57 ans, patiente dehors depuis quinze minutes, il se met à pleuvoir. Oui, Hamed vient se faire vacciner contre la grippe A “comme tout le monde“. Il s'est d'ailleurs fait vacciner il y a moins de quinze jours contre la grippe saisonnière. La porte du centre reste toujours fermée. Des personnels médicaux se font vacciner. Ils sont prioritaires. La porte s'ouvre enfin à 14h45. Hamed, le premier client, s'éloigne sous la pluie. Finalement, il s'est découragé. Il ne se fera pas vacciner aujourd'hui.

Comme au rayon charcuterie

Derrière lui, trois personnes entrent successivement dans le centre. Comme au rayon charcuterie, ils prennent un numéro, puis une femme leur demande leurs bons de vaccination, envoyés par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). “C'est le plus important, pas de bons, pas de vaccination“, répète-t-elle frénétiquement. Un employé de la maison de retraite Henri Vincennot de Charpennes s'énerve. Il est envoyé par sa direction, mais il n'a pas son bon de vaccination. “La mairie de Villeurbanne nous a appelé il y a deux jours nous disant de nous inscrire pour jeudi, ils ne nous ont pas dit de prendre de bon. J'ai pris mon après midi pour rien !“. Un employé de la mairie le prend à part. Non, il ne peut pas se faire vacciner sans bon. “Bientôt les centres seront équipés en matériel pour imprimer les bons de la CPAM, mais ce n'est pas encore le cas, minimise le personnel administratif. L'employé est furax. Pas sûr que lui non plus revienne se faire vacciner.Si les salariés qui travaillent au contact personnes vulnérables veulent se faire vacciner, ils doivent d'abord passer à la CPAM faire imprimer leur bon au préalable“, nous apprend un cadre de la mairie.

Syndrome de Guillain-Baré

Après avoir visé les bons, la chargée d'accueil les rend aux personnes et leur remet trois documents : “la charte de la personne accueillie pour la vaccination antigrippale A(H1N1)“, un document qui présente les principes de la campagne de vaccination dans les grandes lignes, une photocopie de la notice du vaccin Pandemrix : “veuillez lire l'intégralité de cette notice avant de vous faire vacciner“, est-il écrit dessus. On y apprend avec stupeur que dans quelques cas “très rares“ (moins d'une personne sur 10 000), le vaccin Pandemrix peut entraîner un type de paralysie connue sous le nom du syndrome de Guillain-Baré.

Un sur 10 000“, “très rare“, bien garder ces mots en tête avant de passer à l'étage se faire piquer. “Quelles sont les contre indications principales ?“, demande-t-on ingénument aux deux médecins. On n'en saura pas plus. A priori, le troisième document remis à l'accueil permet d'écarter certains profils, les femmes enceintes, les personnes vaccinées contre la grippe saisonnière il y a moins de vingt et un jours, les personnes allergiques à l'un des composants du vaccin, etc.

Même pas mal !

Enfin, la personne passe dans le box de vaccination avec les infirmières. Ouarda, élève stagiaire à l'hôpital Saint Joseph-Saint Luc, mélange l'adjuvant et le solvant du Pandemrix 5. Elle sort une seringue stérile et pique Bernard Basquez, 54 ans, au bras gauche. Même pas mal. Pourtant l'homme n'aime pas les aiguilles, dit-il. L'infirmière a administré 0,5 ml de vaccin dans le muscle de Bernard. Il est invité à se présenter dans vingt et un jours pour une deuxième injection.

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