Métropole de Lyon : la droite étrille les écologistes et leur gouvernance

Dans la foulée d’une tribune des maires, publiée ce dimanche, la droite métropolitaine attaque les écologistes sur leur gouvernance de la métropole et menace de plus en plus ouvertement de faire sécession ou obstruction.

Un peu plus d’un an après la victoire des écologistes aux élections métropolitaines, la droite métropolitaine semble enfin avoir trouvé ses angles d’attaque et ne retient pas ses coups. La fronde des maires, le téléphérique, le plan métro, la cité de la gastronomie, la ZFE, la politique du logement, les dossiers chauds ne manquent pas en cette rentrée 2021. Les élus du groupe LR au conseil métropolitain les ont égrenés ce mercredi matin lors d’une conférence de presse. “Ça ne peut plus durer. Les verts sont hors sol” tacle en préambule Philippe Cochet. Le président du groupe LR enfonce le clou après la publication, ce week-end, d’une tribune, signée par 45 maires (la Métropole compte 59 communes), s’inquiétant du nouveau mode de gouvernance de la métropole de Lyon. La droite métropolitaine va désormais lancer une pétition auprès du public et va saisir le gouvernement et le Parlement pour réviser la loi qui a créé la métropole et que les écologistes appliquent pour la première fois. Comme ils l’avaient déjà fait cet été, les édiles LR menacent de quitter la métropole, même si le cadre législatif actuel ne le permet pas. À cette première menace, ils ajoutent désormais celle de ne plus signer les permis de construire ce qui paralyserait de fait l’action de la métropole. “La métropole a une légitimité, mais de dire on s’en fiche de ce que pensent les maires et on vous impose des choses, ça devient inacceptable. Cette tribune n’est pas un feu de paille. Elle a eu un retentissement national. Pour la première fois, trois quarts des maires du territoire disent “ça suffit”. C’est du jamais vu”, poursuit Philippe Cochet.

Aux origines de la fronde

Une majorité de maires du territoire, souvent de droite ou du centre, reproche aux écologistes de leur imposer des projets. Le torchon brûle depuis le mois de juillet et l’annonce ville par ville des investissements de la métropole.“La PPI (programmation pluriannuelle d’investissement), c’est un moyen de financement pour les villes. Lors des mandats précédents, nous adressions au Grand Lyon une liste de souhaits et s’engageaient alors des négociations. Tous les projets n’étaient pas retenus, mais toutes les communes voyaient un ou plusieurs de leurs projets retenus. Début juillet, chaque commune a reçu la liste des projets arbitrés par Bruno Bernard et la déception a été forte. On pensait que l’on ne serait pas très bien traité, mais nous ne nous imaginions pas que cela irait jusque là. Une ville a eu en projet une station épuration, mais c’est un projet d’intérêt communal. Dans une autre commune, c’est une étude pour la création d’un collège qui a été retenu. Nous assistons à une rupture de confiance entre les communes et la métropole”, pointe Luc Seguin, conseiller métropolitaines du groupe LR.

Bruno Bernard prend note

Les élus LR ont redemandé l’ouverture de négociation pour revoir la sélection des projets communaux. Leur première demande est pour l’heure restée sans suite et Philippe Cochet y lit “du mépris”. Plus tard dans la matinée, dans une conférence de presse sur la révision du plan local d’urbanisme, Bruno Bernard leur a répondu par médias interposés : “il n’y a jamais eu autant d’échanges entre les maires et la métropole. Cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes tout le temps d’accord. Notre rôle est de porter l’intérêt métropolitain plus que l’intérêt communal. Il est légitime que les maires portent l’intérêt de leur commune. Nous devons trouver un nouvel équilibre. Ce n’est pas rien que 40 maires de la métropole s’expriment même s’il y a des enjeux politiques. C’est un fait politique et j’en prends compte”.

Un téléphérique “mort-né”

Au-delà de la question de la gouvernance, la droite reproche aussi à Bruno Bernard et à sa majorité des orientations idéologiques notamment sur les mobilités. Alexandre Vincendet, maire LR de Rillieux-la-Pape a pointé la gestion de la zone à faibles émissions qui devrait se traduire par l’interdiction des véhicules diesel en 2026 : “les écologistes vont plus loin que la loi en interdisant diesel en 2026. 40 % des habitants devront changer de voitures et je ne vous parle pas de ceux qui vivent en périphérie, car ils n’ont plus les moyens d’acheter dans la métropole et qui ne pourront plus rentrer sur le territoire pour venir travailler. On est quasiment dans du racisme de classe”. Les élus LR déplorent l’absence de plan métro qui pourrait présenter une alternative à la voiture individuelle. “Le projet de téléphérique est mort-né et donc sert à rien de s’énerver dessus. Ils devraient concentrer leurs efforts sur métro. Ils mettent en concurrence quatre lignes, mais ils n’arriveront pas à monter les maires les uns contre les autres. Ils disent : “dansez devant moi et je verrai qui danse le mieux”, regrette Philippe Cochet. Cette concertation démarrera mardi 21 septembre.

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