Le Conseil d'Etat a confirmé ce jeudi 30 avril la dissolution de la Jeune Garde, mouvement antifasciste lyonnais. Le collectif avait été dissous en février 2025 avant de contester cette décision devant la plus haute juridiction administrative.
La dissolution de la Jeune Garde est définitivement validée par la justice administrative. Saisi par le collectif antifasciste lyonnais, le Conseil d’État a rejeté ce jeudi 30 avril le recours formé contre le décret gouvernemental du 12 juin 2025 qui avait mis fin à l’existence du groupement.
Dans sa décision, la plus haute juridiction administrative estime que la mesure est justifiée au regard des atteintes à l’ordre public reprochées au mouvement. Elle rappelle qu’une dissolution constitue une atteinte grave à la liberté d’association et ne peut être prononcée que si elle vise à prévenir des troubles majeurs. Or, selon les juges, les éléments du dossier démontrent que la Jeune Garde "a mené et incité à commettre des agissements violents de confrontation et d’exclusion physique de l’espace public, tant par le comportement de ses membres que par ses soutiens à certains comptes sur les réseaux sociaux et son absence de réaction à leurs contenus."
Une décision "adaptée, nécessaire et proportionnée".
Le Conseil d’État relève notamment que le groupement, qui se revendiquait antifasciste, organisait des actions dites de "vigilance" et préparait ses membres à des affrontements lors de stages présentés comme de l’auto-défense. Il lui est également reproché d’avoir encouragé ou laissé prospérer sur les réseaux sociaux des contenus revendiquant des agressions contre des personnes présentées comme "fascistes", sans jamais s’en désolidariser.
En février dernier, deux collaborateurs parlementaires du député insoumis Raphaël Arnault, cofondateur du groupuscule, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant d'ultradroite mortellement frappé à Lyon le 12 février dernier dans un affrontement avec l'ultragauche. L’un d’eux, présenté comme membre de la Jeune Garde, a été placé en détention provisoire et mis en examen. Le second a été remis en liberté, mais devra répondre prochainement de recel de malfaiteur.
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Les juges soulignent que ces provocations ont régulièrement été suivies d’effets, plusieurs violences ayant été attribuées à des membres du mouvement sans condamnation publique de sa part. Pour l’institution, ces éléments suffisent à considérer que la dissolution décidée en Conseil des ministres sur décision de l’exécutif et du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau était "adaptée, nécessaire et proportionnée".
Fondée à Lyon en 2018, la Jeune Garde avait été créée pour lutter contre la montée de groupes d’ultradroite dans la métropole. Sa dissolution avait suscité de vives réactions politiques et militantes. Cette décision du Conseil d’État clôt désormais la bataille juridique engagée par le collectif et confirme définitivement sa disparition.
