Renaud Georges, maire centriste de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Réélu en mars 2026, Renaud Georges, maire centriste de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, dresse un bilan sévère des six années écoulées sous majorité écologiste à la Métropole de Lyon. "Nous n'avons pas beaucoup vu la Métropole", résume-t-il en évoquant les réalisations dans sa commune.
Il évoque notamment le parc-relais autour de la gare de Saint-Germain. Lancé sous Gérard Collomb, ce projet n'a pas encore abouti. Une subvention métropolitaine pour 450 places avait bien été votée mais la commune estime aujourd'hui en nécessiter 650. "Depuis nous n'avons plus rien entendu", déplore l'élu. Il fonde des espoirs sur Véronique Sarselli, nouvelle présidente de la Métropole qu'il a rencontrée. Pour lui, l'enjeu dépasse largement les frontières communales : plus de la moitié des usagers de la gare ne résident ni à Saint-Germain ni dans la métropole faisant de ce hub ferroviaire une porte d'entrée dans l'agglomération.
Au-delà du parking, Renaud Georges soulève une question de gouvernance, sensible pour les édiles comme lui qui ne siège pas au conseil métropolitain. Les maires, selon lui, n'ont pas suffisamment voix au chapitre à la Métropole. Il plaide pour leur intégration dans une instance décisionnelle.
La retranscription intégrale de l'entretien avec Renaud Georges
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Renaud Georges. Vous êtes maire centriste de Saint-Germain-au-Mont-d’Or, une commune dont vous aviez déjà été maire de 2014 à 2020. Il y a ensuite eu une parenthèse écologiste, puis vous avez été de nouveau élu en mars 2026. Vous récupérez cette ville. Pendant le mandat précédent, on a beaucoup entendu les maires, notamment de la circonscription Val de Saône dont vous faites partie, se plaindre d’un faible niveau d’investissement de la Métropole. Avez-vous l’impression de récupérer une ville qui a été sous-dotée, qui a connu trop peu d’investissements durant les six dernières années ? Quel état des lieux faites-vous aujourd’hui ?
Oui, c’est plutôt le cas. Nous n’avons pas beaucoup vu la Métropole pendant ces six dernières années. Lorsque nous sommes partis en 2020, nous avions un projet de parc-relais, notamment autour de la gare de Saint-Germain-au-Mont-d’Or. Tous les acteurs considèrent ce projet comme extrêmement important si l’on veut désengorger les axes qui mènent aujourd’hui à Lyon. Pourtant, sur ce dossier, il ne s’est strictement rien passé. Il y a encore un an ou deux, on nous a indiqué qu’une subvention métropolitaine avait été votée, permettant de réaliser un parking de 450 places. Aujourd’hui, nous avons besoin de 650 places, et depuis, nous n’avons plus rien entendu. Il est donc temps que cela change.
Avez-vous le sentiment que ce projet pourrait changer d’échelle avec l’élection de Véronique Sarselli et la majorité Grand Cœur Lyonnais ? Son programme évoquait la création de plusieurs parcs-relais et hubs de mobilité. Saint-Germain, avec sa gare et ses deux lignes de train, possède une spécificité dans les Monts d’Or. Pensez-vous que ce dossier va avancer ?
En tout cas, nous l’espérons. Nous attendons de Véronique Sarselli qu’elle remette ce dossier sur le dessus de la pile, et non en dessous. Elle est venue nous voir il y a quelques semaines, et j’ai pu échanger avec elle en tête-à-tête. Je lui ai rappelé l’importance de ce projet, à la fois pour la Métropole et, bien sûr, pour les habitants de Saint-Germain. Mais aussi pour tous ceux qui viennent aujourd’hui à Saint-Germain et qui ne parviennent pas à se garer dans les petits parkings alentours. Comme vous l’avez dit, Saint-Germain est un véritable hub. C’est une porte d’entrée de la métropole, notamment pour une grande partie du département de l’Ain. Le sujet dépasse donc largement les frontières de la seule Métropole de Lyon, puisque plus de 50 % des usagers de notre gare n’habitent ni à Saint-Germain ni dans la métropole.
Vous aviez été maire à l’époque de Gérard Collomb, qui entretenait un rapport particulier avec ce territoire des Monts d’Or. Sa majorité reposait notamment sur des maires sans étiquette comme vous, qui aviez choisi de soutenir Gérard Collomb plutôt que la droite. Certains avaient alors l’impression que vos communes étaient mieux dotées, avec parfois davantage d’euros par habitant qu’à Lyon. Les écologistes avaient ensuite mis en place un système plus uniforme, avec une répartition plus équitable. Nous avons beaucoup entendu les maires se plaindre de la baisse des budgets dédiés notamment à la voirie et aux petits travaux d’entretien. Avez-vous constaté une dégradation ? Avez-vous obtenu de Véronique Sarselli des garanties sur un retour à une enveloppe plus importante ?
Pour l’instant, nous n’avons rien obtenu de Véronique Sarselli. Nous en sommes au tout début des discussions. Concernant les montants attribués sous Gérard Collomb, je ne sais pas si notre territoire a été particulièrement favorisé. En revanche, je sais que lorsqu’il s’emparait d’un dossier, il allait jusqu’au bout. Or, durant le mandat précédent, nous avons vu beaucoup de dossiers largement commentés mais sur lesquels, concrètement, rien n’a été fait. J’attends donc de Véronique Sarselli et de la Métropole que, lorsqu’elles prennent un dossier, elles aillent jusqu’au bout : qu’elles nous disent oui, qu’elles nous disent non, qu’elles le mènent à bien ou non, mais qu’elles agissent. J’ai le sentiment que les premiers signaux sont plutôt positifs, mais j’attends de voir les suivants.
Vous faites partie des maires qui ne siègent pas à la Métropole, contrairement à votre premier mandat. Beaucoup de maires s’en sont plaints, notamment ceux des Monts d’Or et les anciens du groupe Synergies. Avez-vous le sentiment qu’un nouveau mode de fonctionnement peut émerger pour que les maires aient davantage voix au chapitre dans la gouvernance métropolitaine ?
Nous avons souvent demandé à ce que les maires soient officiellement représentés dans les instances de la Métropole, au-delà de la conférence métropolitaine des maires. Cette conférence réunit l’ensemble des maires de la métropole dans une instance commune, mais elle se réunit assez rarement, même si elle doit prochainement être convoquée. Je crois qu’aujourd’hui, dans leur grande majorité, les maires ne sont pas suffisamment représentés à la Métropole, en tout cas sur mon territoire. Cela pose un véritable problème. Ce problème peut éventuellement être traité en tête-à-tête entre chaque maire et Véronique Sarselli.
Mais vous êtes 58 maires…
Ce qui peut rapidement devenir compliqué à l’échelle de toute la métropole. Cette question pourrait aussi être traitée au niveau institutionnel car, vous le savez, si Gérard Collomb n’avait pas réussi à faire évoluer les choses à l’époque, c’est parce que cela dépendait de la Constitution. Je pense que notre territoire, la Métropole de Lyon, qui est un cas absolument unique en France par l’étendue de ses compétences, pourrait bénéficier d’un statut institutionnel particulier.
Vous envisagez réellement qu’une révision constitutionnelle puisse concerner la Métropole de Lyon ? C’est ce que Gérard Collomb avait tenté d’envisager à l’époque, sans succès.
Oui. Aujourd’hui, avec Véronique Sarselli à la présidence de la Métropole, j’aimerais voir comment ce dossier pourrait être abordé. Quoi qu’il en soit, il existe aujourd’hui un impensé institutionnel dans notre métropole. La place des maires n’est pas suffisante de notre point de vue. Pour que leur voix soit réellement entendue, je ne vois pas beaucoup d’autres solutions que leur intégration dans une instance métropolitaine active, qui nous permette de nous exprimer pleinement.
