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Immobilier : Le marché locatif lyonnais va-t-il disparaître ?

Réaliser un investissement locatif à Lyon est de moins en moins intéressant. Résultat, le nombre d’offres se réduit sur le marché. En face : une demande pléthorique de candidats en difficulté. Enquête.


Vous avez de la chance, nous avons reçu plus de cinquante appels pour cet appartement”, lance l’agent à un couple de cadres qui visite un T3 à la location sur le plateau de la Croix-Rousse. La scène, loin d’être anodine, reflète une réalité de plus en plus tangible aujourd’hui à Lyon : la tension du marché locatif vient de passer un nouveau palier. Il est très difficile de trouver un appartement en location. Si la tendance n’est pas nouvelle, son intensité est en revanche inédite. “Le marché locatif n’a jamais été aussi tendu”, confirme Nicolas Bouscasse de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) du Rhône. Un phénomène encore peu identifié par les différents observatoires, tant il est récent, mais qui est ressenti sur le terrain par les agents immobiliers, principaux acteurs de la gestion locative. Or, les enjeux d’accessibilité aux logements sont lourds lorsqu’on sait que plus de 50 % des résidences principales de Lyon sont des locations (Insee).




Si l’on n’a jamais vu de longues files d’attente dans les cages d’escalier lyonnaises, comme à Paris, c’est parce que les agences jouent leur rôle de “filtre” face à la trop forte demande. “C’est une vraie marée d’appels à chaque annonce mise en ligne”, pointe un agent de l’enseigne Orpi du centre de Lyon. “Nous avons eu des records à plus de 100 prises de contact par annonce cette rentrée. Les lignes de téléphone sont saturées et les boîtes mails complètement inondées.” Résultat, c’est la règle du premier arrivé, premier servi qui s’applique. Et elle fait des dégâts : même les meilleurs dossiers peinent à trouver un logement locatif. Obtenir une simple visite s’apparente de plus en plus à un véritable parcours du combattant pour les futurs locataires. À tel point que les professionnels de l’immobilier conseillent une veille active tôt le matin, à l’heure de la publication automatique des annonces, pour être le premier à appeler.






Nous avons eu des records à plus de 100 prises de contact par annonce cette rentrée"






Inutile de se rendre physiquement en agence. Décrocher une visite se jouerait ainsi à cinq minutes près via le téléphone. “Pour une visite, nous avons décidé de prendre seulement les trois premiers bons dossiers sur la base des échanges oraux que l’on a avec le candidat. Nous retirons ensuite l’annonce”, assume Eric Gallay, dirigeant de deux agences Stéphane Plaza à Lyon et Villeurbanne. Les candidats doivent par la suite déposer leur dossier détaillé s’ils sont intéressés. Une pratique commune à la plupart des agences lyonnaises. Cependant, d’autres acteurs, moins scrupuleux, préféreront conditionner la visite à la réception de l’ensemble des pièces du dossier pour gagner en efficacité. Une pratique à la limite de la légalité, plus fréquente notamment sur les plateformes de location de particulier à particulier, selon les remontées de terrain.


La jungle du marché locatif

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