Gilles Soubigou est conseiller « Patrimoine mondial » à la direction régionale des affaires culturelle (DRAC) en Auvergne Rhône-Alpes.

Site UNESCO de Lyon : "Le plan de gestion est une sorte de guide" (vidéo)

Gilles Soubigou est conseiller "Patrimoine mondial" à la direction régionale des affaires culturelle (DRAC) en Auvergne Rhône-Alpes. Il était sur le plateau de l'émission "6 minutes chrono" pour parler de la révision du plan de gestion du site Unesco de Lyon qui aura lieu en 2023.

Le 5 décembre 1998, la “valeur universelle exceptionnelle” (VUE) du site historique de Lyon, représentant 478 hectares, est officiellement reconnue par le comité du patrimoine mondial de l’Unesco réuni à Kyoto. “Lyon représente un témoignage exceptionnel de la continuité de l’installation urbaine sur plus de deux millénaires. Elle illustre de manière exceptionnelle les progrès et les évolutions de la conception architecturale et de l’urbanisme au fil des siècles.” Or, depuis 2007, les inscrits sur la liste Unesco doivent adopter un plan de gestion, actualisé tous les dix ans environ. Un document stratégique dans le but de démontrer la préservation de cette VUE, rédigé collégialement par les élus locaux, l’État et des experts en patrimoine.

Lire aussi : Quel avenir pour le site Unesco de Lyon ?

Qu'est-ce qu'une révision de plan de gestion Unesco ? 

Gilles Soubigou explique : "Le plan de gestion est un document que l'Unesco réclame depuis la fin des années 2000 pour accompagner les biens qui sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial culturel. Ce document est une sorte de guide, un plan d'action et de gestion prospectif, qui permet de se fixer des objectifs de gestion pour le bien. C'est un document valable, selon les cas, entre 5 et 10 ans. Le dernier plan de gestion à Lyon couvrait la période 2014-2019. Il faut à présent renouveler ce document, faire le bilan des actions passées et puis envisager de nouvelles actions pour accompagner ce bien."

Extension des règles du Vieux-Lyon La Ville de Lyon a lancé une étude sur la révision du plan de protection du Vieux-Lyon. De nombreux scénarios d’extension sont envisagés, avec en ligne de mire l’idée que le site Unesco pourrait être couvert par des protections complémentaires à terme. Un ensemble qui pourrait se substituer au PLU.

Les risques de perte de l'inscription 

L'expert se veut rassurant : "C'est un grande inquiétude de tous les biens inscrits sur la liste à travers le monde. Jusqu'à présent, il n'y a eu que trois désinscriptions depuis la création de la liste par la convention de 1972. C'est très rare. Lyon n'a jamais été inquiétée et a toujours été bien gérée. Lyon a toujours donné à l'Unesco toutes les informations qui étaient attendues. Il y a un très bon accompagnement de l'ensemble des services, et notamment des services de l'Etat auprès de la Ville, sur tous les nouveaux projets. Il n'y a eu aucune alerte jusqu'à présent et nous faisons tout pour qu'il n'y en ait pas."

Le rôle de l'Etat

"Je tiens à saluer le travail de la Ville de Lyon qui est gestionnaire du bien Unesco, c'est elle qui a construit la candidature en 1998. L'Unesco est un émanation de l'organisation des Nations unies qui est un organisme international qui ne parle qu'aux Etats. L'Etat Français a donc la responsabilité d'être l'interlocuteur unique de l'Unesco, et lorsqu'il faut fournir à l'Unesco des documents, comme un plan de gestion, c'est l'Etat qui les fournit.


"Lyon a toujours donné à l'Unesco toutes les informations qui étaient attendues"


Les services de l'Etat dont la Drac à laquelle j'appartient, accompagnent la Ville de Lyon dans toutes ses réflexions que ce soit sur la préservation, la restauration du patrimoine, la valorisation, la médiation, la recherche scientifique également. Nous essayons d'accompagner au mieux les services pour conserver à Lyon cette valeur universelle exceptionnelle qui est un peu la valeur cardinale des biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial."

L'évolution des attentes de l'unesco

"L'Unesco a longtemps mis au sommet de ses priorités les risques causés par des conflits, dont des conflits armés. C'est toujours le cas bien évidemment. Mais depuis quelques années, on constate que la question du changement climatique est devenue un point absolument essentiel parce que - à la différence des conflits armés - cela touche l'ensemble des pays du monde, l'ensemble des bien inscrits sur la liste du patrimoine mondial.


"la question du changement climatique est devenue un point absolument essentiel"


Il y a des biens culturels mais aussi naturels, nous en avons un dans la région qui est la faille de Limagne. L'Unesco a commencé par une réflexion sur ces biens naturels, récifs coralliens, banquise, et maintenant la question est d'envisager l'effet du réchauffement climatique sur le patrimoine culturel, les édifices et les villes qui vont devoir s'adapter à ces changements."

La baguette française inscrite à l'Unesco

"Ce n'est pas un dossier de patrimoine mondial mais de patrimoine culturel immatériel. C'est une autre convention, de 2003. Ce sont des biens qui représentent des pratiques, des habitudes, des traditions culturelles, sociales. Cela peut être des danses, des fêtes, des habitudes culinaires que l'Unesco identifie comme des éléments à préserver et à sauvegarder.


"Ce dossier de la baguette est un dossier auquel nous croyions et nous avons eu raison puisqu'il a été inscrit"


Ce dossier de la baguette, mis en avant par le ministère de la Culture, est un dossier auquel nous croyions et nous avons eu raison puisqu'il a été inscrit. Cela concerne Lyon puisque Lyon est une ville de gastronomie, et une ville où il y a beaucoup de boulangeries. Chaque année, il y a la meilleure baguette de Lyon qui est célébrée. Ce sera un dossier Unesco de plus pour les Lyonnais et les Lyonnaises."

Lyon Capitale a consacré un dossier complet sur le sujet de la révision du plan de gestion du site Unesco de Lyon qui aura lieu en 2023. A retrouver ICI.

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