Des élus d’opposition pressent la Métropole de Lyon d’installer des piscines fluviales, rêve ou vraie possibilité ?

En pleine canicule et alors que le mercure s’est dangereusement approché des 40°c en début de semaine à Lyon, le groupe d’opposition UDI demande à la Métropole de Lyon à installer des piscines fluviales sur le Rhône et la Saône. Rêve ou vraie possibilité ? Décryptage.

Depuis plusieurs jours, la chaleur étouffe Lyon avec des pics de températures à près de 40 degrés atteints en début de semaine en ville. De quoi donner aux Lyonnais l’idée d’aller faire trempette dans le Rhône où la Saône pour se rafraîchir. 

Une pratique strictement interdite et passible d’une amende de 11 euros en raison du danger que représentent ces deux cours d’eau. "Le Rhône est vraiment dangereux. Il y a le courant bien sûr, mais pas que. Les fonds sont encore pires, il peut y avoir des épaves, du verre, de la ferraille. Quand l’eau n’est pas profonde, c’est particulièrement dangereux”, explique Luc David, lieutenant nautique SDMIS (sapeurs-pompiers de la métropole et du Rhône).

Des études menées en 2019 par la Métropole

De quoi donner de l’eau au moulin du groupe d’opposition UDI, dirigé par Christophe Geourjon, qui presse dans un communiqué la Métropole de Lyon d’avancer "plus vite sur les piscines fluviales". L’élu estime qu’une "piscine fluviale permet de reconquérir des espaces naturels, de renouer physiquement avec le Rhône et la Saône", tout en rappelant que "c’était le encore cas au début du XXème siècle !".


Les analyses bactériologiques pour savoir si l’eau permet la baignade sont faites par l’ARS. Mais comme l’usage n’existe pas, elles ne sont pas menées", l'agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse


Plus loin, il insiste sur le fait qu’à l’heure où la ville de Lyon propose "seulement 4 piscines, soit une moyenne effarante d’une piscine pour 140 000 habitants" et "2 piscines-pataugeoires éphémères de La Tête d’Or et de Gerland", les piscines fluviales ont "l’avantage de coûter environ 10 fois moins cher (1,8M€) qu’une piscine traditionnelle". Plusieurs études auraient d’ailleurs été conduites en ce sens en 2019 sous la précédente mandature. 

Lors de la campagne des dernières élections municipales, au sortir d’un été 2019 caniculaire la quasi-totalité des candidats aux élections municipales avaient présenté dans leur programme des projets d’aménagement du Rhône et de la Saône pour rendre la baignade possible. La plupart des scénarios reprenaient le modèle de Paris Plages autour d’équipements flottants. Des projets qui ne figuraient pas dans le programme des écologistes. 

"Prématuré d’en parler

Plutôt enclines à préserver ces espaces naturels, les deux majorités de la ville et de la métropole n’écartent pas totalement l’idée, mais sont encore loin de se jeter à l’eau comme les y invite Christophe Geourjon. "Concernant le Rhône, nous réfléchissons à un bassin aquatique, mais les réflexions sont loin d’aboutir. Il y a des blocages sanitaires, sur la sécurité ou d’ordre patrimonial. Il reste de nombreux freins à lever et ce serait prématuré d’en parler”, nous expliquait il y a quelques semaines Nicolas Husson, l’adjoint en charge de la biodiversité, des espaces verts, des parcs et des jardins.


"Les réflexions sont loin d’aboutir. Il y a des blocages sanitaires, sur la sécurité ou d’ordre patrimonial", Nicolas Husson, adjoint à la ville de Lyon


Du côté de la Métropole de Lyon, le président EELV explique de son côté que "Pour l’instant, aucun aménagement n’est prévu. Nous avons été saisis d’une demande de piscine dans le Val de Saône où il y a un manque d’équipements et nous sommes prêts à étudier un projet sur le fleuve”. 

La qualité de l'eau, ce point d'interrogation

L’autre question en suspens dans ce projet reste la qualité des eaux de baignade du Rhône et de la Saône. Et la réponse n’est pas totalement claire l’eau étant seulement testée pour mesurer la présence de pesticides et de produits toxiques ainsi que leur impact sur la faune et la flore aquatiques. Si une centaine de polluants sont présents dans les deux cours d’eau, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse estime sa qualité plutôt bonne. En revanche impossible de savoir si la qualité de l’eau est bonne pour se baigner. “Les analyses bactériologiques pour savoir si l’eau permet la baignade sont faites par l’ARS. Mais comme l’usage n’existe pas, elles ne sont pas menées”, explique l’agence de l’eau. 

Le rêve partagé par certains à Lyon est donc bien une possibilité, mais de l’eau devra encore couler sous les ponts des deux cours d’eau avant que des piscines flottantes ne fleurissent sur le Rhône et la Saône.

Pour aller plus loin : Baignades à Lyon : l’appel de l’eau

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