À trois jours du deuxième conseil métropolitain de l'ère Sarselli, le groupe écologiste a réuni la presse pour faire le point sur l'action de la présidente de la Métropole de Lyon depuis son arrivée aux commandes. Un bilan famélique dénoncé de vive voix par Renaud Payre et Fanny Dubot.
Six mois et trois jours. Depuis le deuxième tour des élections métropolitaines qui a vu la droite de Véronique Sarselli ravir la puissante Métropole de Lyon aux écologistes, la collectivité semble parfois patiner. Si de nombreuses choses ont été annoncées, peu d'actions concrètes ont été mises en place par la majorité Grand Cœur Lyonnais. De l'abandon du projet Rive droite jusqu'à la remise en question de la ZTL ou encore de l'encadrement des loyers jusqu'au blocage toujours en cours de la part de la Métropole concernant la baignade dans la darse à Confluence, les six premiers mois de la nouvelle majorité ont souvent ressemblé à un détricotage en règle des politiques écologistes. Une manière comme une autre de marquer son territoire et de se positionner en rupture après six ans de règne écolo.
Ce vendredi 25 septembre, à trois jours du deuxième conseil métropolitain de l'ère Sarselli, le groupe écologiste à la Métropole avait réuni la presse pour faire le point sur l'action de la présidente depuis son arrivée aux commandes. "J'aurais aimé vous dire autre chose que lors de notre première conférence de presse, mais trois mois plus tard, on est toujours dans l'immobilisme le plus total" débute Fanny Dubot, co-présidente du premier groupe d'opposition à la métropole. "Il n'y a pas grand-chose qui a été enclenché. Beaucoup d'annonces mais rien n'est venu" poursuit l'élue.
Dénonçant notamment la position de la Métropole de Lyon concernant la baignade dans la darse de Confluence, Fanny Dubot se désole qu'aucune "délibération concernant la canicule ne soit présente à ce conseil" alors que la Métropole de Lyon vient de vivre l'un des étés les plus chauds de son histoire. Si, selon nos informations, Grégory Doucet et Véronique Sarselli se sont bien rencontrés la semaine dernière, notamment pour évoquer ce dossier de Confluence, aucune décision de la présidente a semble-t-il été prise sur l'avenir de cette baignade qui pourrait voir le jour l'été prochain dans le 2e arrondissement. "Elle réfléchit encore" nous glisse-t-on dans l'entourage du maire de Lyon alors que l'accord de la Métropole est indispensable pour la mise en route du projet avant la fin du mois de septembre.
A peine 25 délibérations
"Sous la précédente mandature, on présentait une centaine de délibérations à chaque conseil. Là, il y en a à peine 25, pour un conseil métropolitain qui va durer une demi-journée là où auparavant ça durait un jour voire un jour et demi" reprend Fanny Dubot. Avant d'enfoncer le clou : "Et puis la plupart des délibérations proposées, c'est pour défaire tout ce qui avait été fait précédemment. Face à ce constat on se demande vraiment si la Métropole ne tourne pas à vide depuis quelques mois".
Evoquant également l'audit commandé par la nouvelle présidente sur les finances de la collectivité, audit qui a démontré que la Métropole de Lyon possédait "une large assise financière", alors que Véronique Sarselli évoquait en juin une situation "largement dégradée", les Écologistes estiment que cet audit a simplement démontré "que la Métropole faisait beaucoup lors du précédent mandat en termes de dépenses sociales".
"Arguments fallacieux"
"Depuis le début de son mandat, Véronique Sarselli fragilise et fracture" attaque pour sa part Renaud Payre. "Sur un certain nombre de mesures, elle est obsédée par vouloir défaire tout ce qui avait été fait par les écologistes" complète le vice-président du groupe. S'alarmant que la Métropole de Lyon soit "la seule de toutes les villes concernées par l'encadrement des loyers à vouloir revenir sur ce dispositif, tout ça en s'appuyant sur des arguments fallacieux", Renaud Payre dénonce aussi les "déclarations surréalistes" concernant la volonté de la Métropole de fermer des stations accueillant des mineurs isolés. "Fracturer, c'est d'abord fragiliser les plus vulnérables, et je peux vous dire que tous les acteurs de la solidarité dans la métropole lyonnaise sont extrêmement inquiets" indique l'élu écologiste.
Balayant tous les sujets, les élus d'opposition ont également évoqué la question des violences sexistes et sexuelles. Si la Métropole avait présenté la veille les conclusions d'une commission contre les VSS lancée après l'éclatement de l'affaire Abreu, Fanny Dubot estime que tout est fait par la collectivité pour "mettre ce sujet sous le tapis".
"L'affaire Abreu est une illustration parfaite des carences de cette majorité sur ces sujets-là" affirme Charlène Servanton. "On a assisté tout l'été à un soap opera de mauvaise qualité où on a fait de la politique politicienne sur un crime. C'est une vraie claque pour toutes les personnes victimes de VSS" complète l'élue métropolitaine en référence à la réintégration de Jean-Michel Aulas et de deux autres vice-présidents décidés il y a quelques semaines par Véronique Sarselli. "Lundi, aucune délibération ne parlera de ce sujet" annonce Fanny Dubot. "Ça montre bien qu'on nous enfume et qu'on ne veut pas traiter véritablement du sujet" conclut Charlène Servanton.
Un collège d'experts, composé de quatre personnalités, a notamment été constitué par la Métropole. En parallèle, l'ensemble des groupes du conseil métropolitain pourront participer à un groupe de travail lancé dans les prochaines semaines. Après six mois de critiques à l'égard de la nouvelle majorité, l'heure pourrait donc être, cette fois, au travail commun. Reste à voir si cette première expérience de collaboration résistera aux divergences politiques.

Parce que les escrolos ne nous ont pas enfumés durant six années, eux ?
« Et puis, la plupart des délibérations proposées, c'est pour défaire tout ce qui avait été fait précédemment. Face à ce constat, on se demande vraiment si la Métropole ne tourne pas à vide depuis quelques mois. »
Ben évidemment, puisque Doucet et sa clique ont fait du grand n'importe quoi durant la précédente mandature. Ils l'ont mauvaise d'avoir perdu la Métropole, les escrolos rigolos de service ! Cessez de pleurnicher, vous avez perdu. Point.