L’audit financier réalisé sur la gestion de la Métropole de Lyon entre 2019 et 2025, par Bruno Bernard, est désormais connu. Le document dresse un bilan assez nuancé.
Promis durant la campagne des élections métropolitaines de mars 2026, l’audit de la gestion du prédécesseur de Véronique Sarselli, Bruno Bernard, a été dévoilé par nos confrères du Progrès. Réalisé par le cabinet EY, le document porte sur la période 2019-2025. À la fin du mois de juin, il avait été présenté de manière partielle aux élus pour dénoncer une situation financière inquiétante. Véronique Sarselli avait reproché à l’ancien élu écologiste d’avoir laissé des finances "dégradées", susceptibles de remettre “en cause les capacités d’investissement” de la Métropole de Lyon.
Mais la réalité du document est un peu plus mesurée puisqu'il ne décrit pas une collectivité en difficulté financière. EY souligne au contraire une "large assise financière qui aurait permis d’absorber les chocs". La capacité de désendettement reste favorable et même en amélioration depuis 2023, avec 5,2 années en 2025. En revanche, l’audit relève un manque de bénéfice entre 2019 et 2025. En effet, les dépenses ont augmenté de 2,2 % par an en moyenne, contre 1,2 % pour les recettes. De fait, l’épargne brute de la Métropole est passée de 486 millions d’euros en 2019 à 361 millions en 2025.
Les dépenses sociales ont fortement progressé
Autre point important de l’audit : la hausse importante des dépenses consacrées à la solidarité et à l’habitat, qui atteignent 713 millions d’euros en 2025, soit 34 % de plus qu’en 2019. Les dépenses liées au handicap sont passées de 223 à 303 millions d’euros sur la période. Celles consacrées à l’enfance et à la famille ont, elles, progressé de 146 à 221 millions. Cette évolution reflète parfaitement les priorités affichées par la majorité écologiste de Bruno Bernard. Pour autant, selon le cabinet EY, ces hausses ne seraient pas uniquement dues aux choix de la Métropole. Elles pourraient aussi s’expliquer par les revalorisations nationales du RSA ou encore par l’augmentation du coût des établissements sociaux.
Le Sytral comme point de vigilance
Selon les projections reprises dans l’audit, la capacité de désendettement du Sytral pourrait atteindre 12,7 ans en 2033. Rappelons que la société gérant les transports de la métropole de Lyon possède un programme d’investissement de six milliards d’euros dans lequel on retrouve des nouvelles lignes de tramway, des BHNS (bus à haut niveau de service) et la modernisation du métro. Cette situation financière pourrait impacter les volontés de Véronique Sarselli. Depuis son arrivée à la tête de la Métropole, elle a déjà dû abandonner le projet de tramway express de l’Ouest lyonnais (TEOL). Autre inquiétude, le SDMIS. Le service départemental-métropolitain d’incendie et de secours. L’audit du cabinet EY estime qu’il se trouve "en impasse budgétaire à court terme".
Le document décrit donc une situation financière globalement encore solide de la Métropole de Lyon. Bien plus solide que laissait penser Véronique Sarselli.

De nouvelles lignes de tramway, avant de partir Bernard a tout fait pour cadenasser les projets lui plaisant.
Et là, pour les LR et RN, c'est le drame... 😀