Me Gilles Sabart, Élodie Roux de Bézieux et Sylvie Blès-Gagnaire ont dévoilé les premiers constats de la mission spéciale sur les violences sexistes et sexuelles (CM)

Métropole de Lyon : les premières conclusions de la mission spéciale sur les violences sexistes et sexuelles dévoilées

Élodie Roux de Bézieux a présenté ce jeudi les enseignements de la première étape de sa mission consacrée aux violences sexistes et sexuelles, dont elle a été chargée par la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli.

Après trois mois de travail, Élodie Roux de Bézieux rend le premier rapport de sa "mission spéciale" sur les violences sexistes et sexuelles. La conseillère métropolitaine avait été chargée fin juin par la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, d’établir un état des lieux des dispositifs métropolitains existants, alors que l’exécutif était secoué par les révélations autour de l’affaire Roman Abreu, du nom de l’ancien conseiller de Jean-Michel Aulas durant la campagne des élections municipales visé depuis le 13 mai par une plainte pour viol par soumission chimique. Il est toujours présumé innocent.

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Un socle qui manque de lisibilité et de simplicité

Aux côtés de Sylvie Blès-Gagnaire, nouvelle présidente du groupe Grand Cœur lyonnais, et de Me Gilles Sabart, président de la commission Compliance au barreau de Lyon, Élodie Roux de Bézieux a d’abord évoqué "l’honneur" et la "gravité" avec lesquels elle avait reçu la charge de cette mission. Ainsi, les premières constatations ont mis en évidence quatre constats. D’abord, la collectivité dispose déjà d’un "socle" (une plateforme, des référents, des dispositifs d’accompagnement), mais qui manque de lisibilité et de simplicité. "Ce n’est pas normal qu’une victime qui souhaite alerter soit obligée de chercher de partout le site de signalement. Ce n’est pas normal non plus qu’elle soit obligée de qualifier tout de suite ce qu’elle a vécu. C’est très dur pour une victime", a appuyé Élodie Roux de Bézieux. Lancée en 2024, la plateforme a enregistré à ce jour 111 signalements, dont 19 pour des faits de harcèlement sexistes ou sexuels. Mais "le chiffre ne veut rien parce qu’il est très difficile d’accéder à la plateforme", a toutefois prévenu la conseillère métropolitaine.

Troisième constat, le dispositif est aujourd’hui seulement pensé pour les agents. "La collectivité, ce sont aussi des élus, des collaborateurs de cabinet, des prestataires extérieurs", a-t-elle poursuivi. Un travail de prévention doit enfin être effectué bien avant un signalement. "Disposer d’une plateforme, c’est nécessaire, et même obligatoire selon la loi, mais cela ne suffit pas. Il faut que chacun à l’intérieur de la Métropole sache comment parler, à qui parler, ce qu’il se passe ensuite et quelle garantie s’applique à la victime ainsi qu’au présumé coupable", a complété Élodie Roux de Bézieux.

Les groupes métropolitains invités à participer

Après ce premier état des lieux, place désormais à la constitution du collège d’experts. Il est composé de quatre personnalités : Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes et membre du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes ; Catherine Heranney, directrice du CIDFF Rhône-Arc Alpin, spécialisé dans l'accès aux droits et l'accompagnement des femmes victimes de violences ; Me Gilles Sabart et du Dr Florence Fayard-Gonon, directrice du CIDFF Rhône-Arc Alpin, spécialisé notamment dans l'accès aux droits et l'accompagnement des femmes victimes de violences. Ce collège permettra ainsi de mêler plusieurs compétences pour offrir une réponse globale.

En parallèle, un groupe de travail va être lancé. L’ensemble des groupes du conseil métropolitain ont ainsi reçu un courrier mercredi les invitant à le rejoindre. Ils ont jusqu’au 28 septembre pour confirmer ou non leur participation. "Notre responsabilité est désormais de transformer les enseignements de la mission qui nous a été confiée", a également souligné Sylvie Blès-Gagnaire. Avec "une certaine force et une certaine gravité", l’élue Grand Cœur lyonnais a aussi voulu rappeler que "les violences sexistes et sexuelles ne sont ni un sujet de la majorité, ni un sujet de l’opposition". "C’est un problème de société qui nous oblige tous. Personne ne peut considérer qu’il est à l’abri ou du bon côté", a-t-elle ajouté. Elle a par ailleurs estimé que "faire de ces violences un objet de politique politicienne n’est pas à la hauteur de la gravité du sujet, ni de l’exigence des victimes, ni des responsabilités qui sont les nôtres."

Estimant enfin qu’il serait "indigne d’instrumentaliser une parole, une souffrance ou une situation individuelle pour marquer des points dans un pseudo-débat politique", Sylvie Blès-Gagnaire a appelé les groupes à confronter leurs divergences pour nourrir le débat. "Nous leur proposons de travailler ensemble pour être capables de faire face aux violences sexistes et sexuelles."

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La réintégration de Jean-Michel Aulas "n’est pas le sujet"

Des mots qui n’ont rien d’anodin puisque l’opposition métropolitaine s’est montrée vent debout contre la réintégration, le 18 septembre, de Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton par Véronique Sarselli. Il leur avait notamment été reproché de ne pas avoir écarté Roman Abreu plus tôt, alors qu’ils avaient été informés des accusations en février pour des faits qui se seraient déroulés début janvier. Interrogées à ce sujet, Élodie Roux de Bézieu et Sylvie Blès-Gagnaire ont répondu d’une même voix : "Ce n’est pas le sujet." "Ce n’est pas notre rôle de commenter une décision politique. Je suis la feuille de route qui m’a été confiée par Véronique Sarselli", a complété Élodie Roux de Bézieux. Et la présidente de Grand Cœur lyonnais d’ajouter : "On peut dire beaucoup de choses à notre sujet, mais je pense que nous avons fait en son temps exactement ce qu’il fallait."

Le travail se poursuivra donc dans les prochains mois avec des auditions et l’élaboration des propositions opérationnelles. Une restitution publique de ces dernières est programmée au premier trimestre 2027.

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