La chambre régionale des comptes a publié son bilan sur la situation financière de la commune de Saint-Fons. Malgré une bonne situation financière, la ville pâti d'importants dysfonctionnements organisationnels.
La commune de Saint-Fons se porte plutôt bien. C’est en tout cas ce que révèle le bilan de la chambre régionale des comptes (CRC), publié ce vendredi 25 septembre. Si Saint-Fons bénéficie d’une bonne situation financière, une alerte est toutefois émise concernant des dysfonctionnements organisationnels pouvant avoir de graves conséquences.
Une bonne situation financière
Dans le détail, la CRC note qu’entre 2019 et 2024, l’autofinancement net des remboursements en capital des annuités d’emprunt est en constante augmentation, du fait d’un surplus de recettes sur les dépenses de fonctionnement, lui-même en augmentation. La commune du sud lyonnais a, dans le même temps, investi plus de 24 millions d’euros (dont 11,4 millions d’euros consacrés aux constructions nouvelles et aux rénovations de bâtiments communaux), financé en quasi-totalité par son épargne brute. Parallèlement, l’encours de la dette de la commune a diminué de moitié.
Mais cette bonne situation financière révèle également un retard dans l’entretien des bâtiments communaux. Programme de mise en accessibilité qui n’est pas achevé, celui pour la rénovation énergétique n’est pas encore établi… "L’impact financier de ce retard devra être chiffré et inscrit dans la programmation pluriannuelle des investissements, pour l’heure insuffisamment robuste, et dont le lien avec les autorisations de programme reste à établir", indique la CRC.
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Un manque d’organisation des ressources humaines et de l’administration
La chambre régionale des comptes met toutefois en lumière une absence de lignes directrices de gestion conformes à la réglementation et de gestion prévisionnelle des emplois et des effectifs. Elle poursuit : "La gestion des ressources humaines ne repose pas sur un cadre stratégique bien établi." En raison d’une rotation "élevée" des agents, le personnel d’encadrement consacre donc l’essentiel de son temps à l’accomplissement de tâches d’administration courante. La chambre relève également des modalités de gestion des heures supplémentaires non-conformes à la réglementation, reposant sur des procédures insuffisamment sécurisées. Autre point noir, la CRC relève un niveau absentéisme "très élevé persistent", sans que de véritables progrès aient été accomplis.
Une difficulté de gestion qui met en avant une situation d’ensemble, "dont les dysfonctionnements organisationnels affectent la qualité de sa gestion administrative", écrit encore la CRC. Ce roulement des agents provoquerait ainsi "des dysfonctionnements tenant au manque de formalisation des procédures, la perte d’information liée à une absence de politique d’archivage, parfois à une méconnaissance des possibilités offertes par les logiciels de gestion et aussi la quasi-absence de gestion par projet."
Direction des affaires juridiques et des finances en "grande difficulté", direction des services techniques "incomplet", outils de gestion "insuffisants"… L’ensemble de ces dysfonctionnements exposent la commune à une possible rupture d’activité de certains de ses services, alerte la CRC. Elle conclut : "Afin de réduire ce risque, elle devra entreprendre rapidement la formalisation de ses procédures, procéder à un recensement des besoins informatiques et accorder une attention accrue à la direction des systèmes d’information."
