Etienne Blanc © Antoine Merlet
Etienne Blanc © Antoine Merlet

Après ses propos jugés "révisionnistes", Étienne Blanc sous la menace d’un putsch des LR à Lyon

Le positionnement d’Étienne Blanc par rapport à une éventuelle candidature d’Eric Zemmour et sa proximité avec certaines thèses du polémiste agacent des élus LR qui souhaitent lui retirer la présidence du groupe LR au conseil municipal à Lyon.

Le putsch n’a finalement pas eu lieu. Jeudi midi, les élus du groupe LR à la Ville de Lyon étaient conviés en urgence par Étienne Blanc pour une réunion sans ordre du jour précis, mais pour un “temps d’échange”. Ou plutôt pour certains “une explication de textes” après les propos polémiques d’Étienne Blanc sur le rôle du régime du Maréchal Pétain dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, reprenant les thèses du polémiste Eric Zemmour. Une partie des élus LR tenaient à désolidariser des positions de leur président de groupe et chef de file lors des municipales lyonnaises de 2020. Lors de cette réunion organisée à la hâte, ils voulaient le “débrancher”, le mettre en minorité et le pousser vers la sortie. Pierre Oliver et Pascal Blache, les deux maires d’arrondissement de droite, étaient notamment remontés contre leur président de groupe et l’avaient fait savoir publiquement.

Mea culpa

Étienne Blanc a anticipé les attaques en revenant de lui-même sur ses propos. “Il s’est excusé d’entrée. Il a fait son mea culpa. Il a dit qu’il s’était fait avoir comme un bleu par les journalistes. Il assume ses propos, mais a expliqué qu’il aurait du compléter ses propos sur la question de la déportation des juifs”, rapporte un cadre la droite lyonnaise. Une sortie qui a notamment été condamnée par les autres groupes d’opposition du conseil municipal et qui avait obligé Étienne Blanc à revenir sur ses propos. “On voulait mettre au clair les propos d’Étienne Blanc et lui dire que c’était délicat pour nous qu’en tant que président de groupe, il s’engage sur des terrains compliqués. Il est censé nous représenter tous. Nous sommes inquiets de ses éventuelles sorties de route et de ses sorties tout court. Nous lui avons dit que nous n’étions pas d’accord sur sa prise de position”, confie Anne Prost, élue du 5e et candidate aux législatives dans la 1re circonscription, qui a participé à cette explication de texte.

Conviction intime

Les élus voulaient aussi le questionner sur son positionnement par rapport à Eric Zemmour. Comme nous le pointons dans notre édition de novembre, le président du groupe LR à Lyon est partagé sur la candidature du polémiste. Il soutient Michel Barnier et les idées du polémiste. Il l’a d’ailleurs rencontré ces dernières semaines. “Nous souhaitions qu’il nous dise “je ne partirai pas avec Zemmour”. Il nous promet que non, mais on est intimement convaincu qu’il est attiré par les sirènes Zemmour”, anticipe un élu LR.

Une nouvelle tentative lundi ?

Le sujet Zemmour devrait être à l’ordre du jour d’une nouvelle réunion, lundi matin, des élus du groupe LR. Ceux qui souhaitent pousser Étienne Blanc vers la sortie devraient être en position moins favorable. Jeudi, de nombreux élus plutôt proches du président de groupe n’étaient pas présents à Lyon et devraient être présents lors de la réunion de lundi. “Les pro-Blanc n’étaient pas là. Je pense que c’était une manière de gagner du temps”, souligne Anne Prost. “Je n’ai pas ressenti une ambiance putschiste. S’ils voulaient dégager Étienne Blanc, ils ne l’ont pas dit”, note un participant. Ils l'ont finalement écrit ce vendredi dans un communiqué signé par Pierre Oliver et Pascal Blache demandant au sénateur Blanc de “se retirer de la présidence du groupe”. Une demande qu'ils justifient par un “différend irréconciliable” et “l'absence de volonté de répondre” à “un certain nombre de demandes”.  Étienne Blanc voulait lors de sa campagne réunir la droite lyonnaise éparpillée par des querelles internes. Deux ans plus tard, ses prises de position ont rouvert des divisions.

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