Etienne Blanc © Antoine Merlet
Etienne Blanc © Antoine Merlet

Propos jugés "révisionnistes" d'Etienne Blanc : "heurtés", à Lyon les deux maires d'arrondissement de droite se désolidarisent

Les propos, jugés "révisionnistes" par beaucoup, tenus dans le Journal du Dimanche dimanche dernier par le sénateur LR du Rhône et président du groupe d'opposition de droite au conseil municipal de Lyon, Etienne Blanc, ont choqué. Y compris au sein de sa famille politique.

"J’entends clore une polémique que je juge infondée", a expliqué mercredi 3 novembre, dans un communiqué, le président du groupe d'opposition de droite au conseil municipal de Lyon, Etienne Blanc. "Comme je l’ai indiqué explicitement les décrets antisémites de Vichy ne distinguent pas entre les Juifs français et étrangers et en cela je réprouve les propos d’Éric Zemmour. La responsabilité du régime de Vichy dans la déportation de Juifs français et étrangers, dès sa constitution, n’est pas non plus contestable. Ces affirmations je les ai réitérées tout au long de mon engagement politique de manière constante", a-t-il ajouté. Mais les propos du sénateur du Rhône, dans le JDD de dimanche dernier, ne passent pas à Lyon. Au centre, à gauche, mais aussi à droite.

Une réponse à une question sur Eric Zemmour et ses propos polémiques sur le régime de Vichy  indigne plusieurs élus lyonnais. Dans l'interview accordée à nos confrères du JDD, le sénateur du Rhône Etienne Blanc se pose la question suivante "Est-ce qu’en signant l’armistice, on n’a pas donné aux juifs les moyens de protection qui, pendant deux ans, permettaient de fuir le régime nazi ? Moi, je ne peux pas répondre".

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Des propos qui ont fait réagir à Lyon les centristes et les écologistes notamment. Plusieurs élus ont demandé à la droite lyonnaise de se positionner. "À l’heure où le zèle de la France de Vichy concernant les lois et décrets quant au statut et au devenir des juifs en France n’est plus à démontrer. A l’heure où des documents prouvent que le Maréchal Pétain a personnellement durci des lois rédigées contre les juifs, de tels propos sont plus que jamais inadmissibles" se scandalise le groupe politique à la ville de Lyon "Progressistes et républicains" présidé par l'ancien maire de Lyon, Georges Képénékian.


"On se désolidarise des propos d'Etienne Blanc qui nous ont heurtés"

Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, Pascal Blache, maire divers droite du 6e arrondissement


La droite lyonnaise détient deux arrondissements (sur neuf). Et les deux maires de droite de ces deux arrondissements, du 2e et du 6e, se désolidarisent des propos d'Etienne Blanc. Ce dernier, on le rappelle, est le président du groupe d'opposition de droite au conseil municipal de Lyon, le principal groupe d'opposition (10 élus sur 73 élus en tout). "On se désolidarise des propos d’Etienne Blanc qui nous ont heurtés. Ce n’est pas notre ligne. Il est le président de notre groupe, et à ce titre-là, il doit porter une parole concertée avec tout le monde, issue de la ligne politique de notre groupe. Là, ce n’est pas le cas. Nous allons lui demander de tenir une réunion interne avant le conseil municipal du 18 novembre afin de clarifier sa position", expliquent de concert Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, et Pascal Blache, le maire divers droite du 6e arrondissement, dans les colonnes du Progrès. Oliver et Blache siègent dans le même groupe que Blanc au conseil municipal de Lyon.

L'ancien maire divers droite du 2e arrondissement, Denis Broliquier, dans le même groupe politique que Blanc lui aussi, est aussi très clair, toujours dans les colonnes du quotidien régional  :"Etienne Blanc a commis une erreur historique, une vraie erreur de fond. On ne peut pas dire que l’on ne connaît pas historiquement le sort des juifs dans la zone libre comme la zone occupée entre juin 1940 et novembre 1942. Les historiens ont étudié la question. Les éléments sont sur la table".

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