Jeudi 5 mars, la leader du parti Les écologiste, Marine Tondelier, s'est rendue à Oullins-Pierre-Bénite pour échanger sur le sujet des PFAS avec le président de la Métropole sortant Bruno Bernard.
Jeudi 5 mars, la secrétaire nationale du groupe Les Ecologistes, Marine Tondelier, s'est rendue dans la commune d'Oullins-Pierre-Bénite pour échanger avec des associations travaillant sur le sujet des PFAS. Après une longue réunion, plusieurs élus écologistes, dont le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, et la leader du groupe ont fait part de leur vision sur les sujets de santé et de luttes contre les polluants éternels.
Pour lutter contre ces PFAS, problématique majeure sur la commune d'Oullins-Pierre-Bénite qui accueille notamment le site industriel d'Arkema, la Métropole de Lyon a investi tout au long du mandat. La collectivité a notamment participé à hauteur de 150 000 euros, à la mise en place de l'institut éco-citoyen. Un projet visant à renforcer la production de connaissances sur le sujet des perfluorés : "La Métropole a fortement investi sur cette question des PFAS qui n'est pas de notre compétence mais sur laquelle nous avons voulu pousser la science, les connaissances sur le niveau de pollution, sur les conséquences sur la santé", explique Bruno Bernard.
"Nous avons voulu pousser la science, les connaissances sur le niveau de pollution, sur les conséquences sur la santé" - Bruno Bernard
La subvention fait d'ailleurs débat auprès de l'opposition qui reproche à la majorité écologiste "une dérive des finances" :"Nous étions surpris, c'est incompréhensible face à l'importance de l'enjeu mais finalement au regard de ce qui est porté sur cette campagne (...) nous voyons bien qu'il y a deux visions sur cet enjeu de santé environnementale, et qu'aujourd'hui la droite ne fait plus semblant, ce n'est pas son sujet", poursuit le président de la Métropole.
"C'est un problème de santé publique"
Pourtant, le sujet des polluants éternels touche une grande partie des habitants de la Métropole. En octobre dernier, ils étaient encore nombreux à manifester pour un avenir sans PFAS : "C'est un problème de santé publique. Nous avons besoin de dépister systématiquement les PFAS dans le sang des habitants des secteurs concernés (...) pour pouvoir faire de la prévention et régulièrement vérifier qu'ils ne développent pas des maladies", estime Jean-Charles Kolhaas, élu de la circonscription Lônes-et-Cotteaux.
Arianne est concernée de près par ce problème. Habitante d'Oullins-Pierre-Bénite, elle confie avoir été "choquée" par l'omniprésence des PFAS : "Tout, y compris l'eau, contenait des PFAS, nous avons arrêté de cultiver notre potager, de manger nos raisins, nos légumes", raconte-t-elle. Quelque temps plus tard, l'Oullinoise apprend qu'elle souffre d'un cancer du sein, même constat pour ses deux voisines. Son fils alors âgé de 26 ans contracte lui aussi un cancer, tout comme son amie : "Nous nous sommes dit qu'il y avait beaucoup de cancers dans notre entourage, à ce moment-là, l'action en justice de Kaizen* a pris tout son sens", affirme Arianne.
"Il faut que les industriels réparent nos préjudices"
"Il faut que les industriels réparent nos préjudices (...) Nous avons nourri nos enfants sans savoir que nous les empoisonnions c'est horrible", dénonce l'Oullinoise, avant d'ajouter : "J'espère que les électeurs réfléchiront aux problèmes de pollution et de santé publique lorsqu'ils voteront." Suivant le verdict de l'action en justice, les industriels devront bel et bien payer pour réparer les torts causés : "Nous attendons les suites de l'expertise judiciaire que nous avons obtenue pour établir le niveau de responsabilité d'Arkema et Dakin (...) c'est cela qui nous permettra ensuite de faire appliquer le principe du pollueur-payeur", explique Bruno Bernard.
"C'est toujours très émouvant de se rendre compte qu'il y a des personnes qui vivent dans leur chair, dans leurs familles, la perte de leurs proches dû aux inconséquences de décisions passées sur lesquelles tout le monde se renvoie la balle. Moi je suis fière de faire partie d'une famille politique (....) qui, quand elle est aux manettes, ne rejette pas les responsabilités sur tout le monde mais agit", félicite Marine Tondelier.
Une volonté de pérenniser l'Institut éco-citoyen
S'ils sont réélus, les écologistes comptent bien poursuivre leur lutte contre les polluants éternels, n'en déplaise à l'opposition. Bruno Bernard affirme ainsi vouloir "pérenniser l'institut éco-citoyen" et tenter de "l'associer avec un maximum d'acteurs". "Nous allons aussi continuer de travailler avec les entreprises en les accompagnant (...) Il faut que nous réussissions à avoir des avancées locales par le dialogue", ajoute le président de la Métropole sortant.
En parallèle, Jean-Charles Kolhaas affirme vouloir "dépolluer" Oullins : "Aujourd'hui bon nombre des terrains de sport, des jardins sur lesquels nous aimerions faire des choses, sont pollués au PFAS et donc nous ne pouvons pas les utiliser", explique l'élu. Il poursuit : "Il faut que cette dépollution soit correctement prise en charge par les pollueurs."
*action en justice menée par le cabinet d'avocat Kaizen et qui vise à faire valoir les droits des citoyens exposés dans la Vallée de la chimie dans la région de Pierre-Bénite (Rhône). L'action en justice a été lancée à l’occasion des révélations sur le scandale des PFAS dans la région.
Vers une alliance avec LFI au second tour ?
Interrogée sur une possible alliance avec LFI au second tour, Marine Tondelier a affirmé que ces alliances devraient être étudiées "au cas par cas", suivant les communes : "Les villes où LFI fera plus de 10% je suis pour que nous regardions au cas par cas (...) Ce n'est pas moi qui prendrait la décision depuis le siège parisien ce seront les élus locaux, qui savent ce qu'ils ont à faire au deuxième tour pour protéger leurs électeurs", a répondu Marine Tondelier en affirmant que les écologistes n'allaient pas "laisser Jean-Luc Mélenchon rendre tout ça impossible."
De son côté Bruno Bernard espère ne pas avoir à faire face à ce cas de figure : "Je fais tout pour que nous soyons en tête sur une majorité et que nous ne dépendions de personne" a lancé le président sortant, avant d'affirmer néanmoins : "Si pour combattre les listes de l'extrême-droite il faut faire des alliances à gauche nous le ferons, y compris avec la France Insoumise."
Lire aussi :
- Pollution au PFAS : "Nous sommes des raffineurs d'eau"
- "C’est inédit : mesurer l’imprégnation réelle des PFAS dans le sang des habitants" assure Jean-Marc Hourse
- PFAS au sud de Lyon : près de 200 riverains assignent Arkema et Daikin en justice
- PFAS au sud de Lyon : la préfecture confirme la nette baisse des rejets d’Arkema et Daikin
