À l’appel du Medef, de la CGPME et de l’UPA (Union professionnelle artisanale), les chefs d’entreprise sont appelés à se rassembler le 3 décembre à la salle 3000 de la cité des congrès. Pour Laurent Fiard, président du Medef Lyon-Rhône, c’est l’occasion d’exprimer un “ras-le-bol” et de lancer un “signal d’urgence” au Gouvernement. Entretien.
Lyon Capitale : Vous avez annoncé l'organisation d'un nouveau rassemblement des chefs d'entreprise (après celui du 8 octobre 2013), le 3 décembre prochain. Quels sont vos principales revendications ?
Laurent Fiard : C'est qu'on nous laisse travailler ! Il s'agit d'exprimer un ras-le-bol des dirigeants d'entreprise, qui commencent à s'essouffler. Un ras-le-bol sur la créativité fiscale du Gouvernement, un ras-le-bol sur la loi sur la pénibilité, qui est à la fois délirante, inapplicable et anxiogène. Nous voulons lancer un signal d'urgence pour enfin passer des paroles à une action concrète.
Les annonces du Gouvernement, notamment à travers le pacte de responsabilité, n'ont donc pas suffi à apaiser les relations ?
J'ai fait partie des personnes qui se sont levées à l'occasion du discours de Manuel Valls à l'université d'été du Medef. Mais il y a eu par la suite un décalage trop important entre ces paroles et les actes. Chaque semaine, il y a de nouvelles annonces qui ne vont pas dans le bon sens. On passe beaucoup de temps à discuter, mais trop peu à agir. Il faut avoir le courage d'entreprendre les grandes réformes que tout le monde s'accorde à qualifier de nécessaires. Et là encore, pour les mesures annoncées, on nous parle de contreparties en termes d'emploi, c'est inutile...
Pourtant, il y a eu certains précédents, comme la baisse de la TVA dans la restauration, où des aides gouvernementales n'ont pas produit l'effet escompté sur les embauches...
Mais l'emploi ne se décrète pas. Il s'agit d'un cercle vertueux qui prend du temps. Mais les politiques, dans un calendrier de cinq ans avec l'ambition de se faire réélire à l'arrivée, n'ont pas ce temps-là. Malgré tout, demander des contreparties est inutile. Aucun chef d'entreprise ne souhaite licencier. Quand on demande à un entrepreneur de décrire sa société, il donne son nombre de salariés en premier. C'est dans notre culture, c'est une fierté.
Vous organisez à nouveau un rassemblement à la salle 3000. Pourquoi ne pas opter pour un type d'action plus public, qui vous apporterait plus de visibilité ?
On recherche clairement la pédagogie. Il ne s'agit pas de grogner contre le Gouvernement, mais d'expliquer ce qu'on vit au quotidien et les aberrations dans lesquelles on travaille. Nous souhaitons aussi changer l'image de l'entrepreneur. On parle beaucoup de celui qui crée de l'argent, mais trop peu de celui qui prend des risques énormes pour lancer son entreprise et qui ne paient pas toujours.
Haha, quelle langue de bois. La baisse de TVA sur la restauration est un exemple parfait : le patronat avait promis qu’il embaucherait. Il ne l’a bien sur pas fait et a juste empoché la différence, les prix n’ayant pas baissés non plus.L’emploi ne se décrète pas ? Dans la restauration, SI ! Le sous-effectif était évident. La baisse de TVA a donné les moyens aux patrons d’embaucher. Ils ne l’ont pas fait. Pourquoi ?Une pure arnaque, et c’est nous, contribuables, qui l’avons payée.
Le patronat ne tient jamais ses promesses, c'est ainsi depuis toujours; les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Par contre ils ne refusent jamais les emplois subventionnés tout en crachant sur l'Etat.