Une action de sensibilisation s’est déroulée jeudi 2 juillet sur le Rhône, en présence des Voies navigables de France, la Ville de Lyon et la préfecture du Rhône.
Avec une moyenne d’environ 140 interventions nautiques par an et 5 décès sur la période estivale (1er juin - 30 septembre) dans la métropole lyonnaise, les sapeurs-pompiers sont particulièrement inquiets face aux périodes de canicule que connaît le territoire. 6 personnes ont déjà perdu la vie depuis le début d'année dans le Rhône.
Le constat est aussi alarmant au niveau national. D’après l’enquête Noyades 2025, réalisée par Santé publique France, 169 personnes ont perdu la vie par noyade en cours d’eau ou en plan d’eau entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, soit 21 de plus qu’en 2024 sur la même période.
Lire aussi : Qualité des eaux de baignade : quel bilan pour la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2025 ?
Sensibiliser face "aux risques invisibles"
Alors, pour alerter le grand public sur les risques liés à la baignade sauvage, l’État, la Ville de Lyon, les Voies Navigables de France (VNF) et les sapeurs-pompiers ont mené une opération de sensibilisation sur les quais du Rhône, au niveau du pont de la Guillotière (3e arr.) ce jeudi 2 juillet. "Nous sortons d’un épisode caniculaire qui a fait 90 morts à l’échelle nationale. À Lyon, la baignade dans le Rhône et la Saône est interdite. Ces cours d’eau ne sont pas aménagés, les courants sont forts, il est important de le rappeler", a souligné le sous-préfet Lucas Turgis, aux côtés de Benjamin Badouard, adjoint du 3e arrondissement délégué à la voirie et à la tranquillité publique.
Car face "aux risques invisibles", la prévention est essentielle, explique l’adjoint. "L’ensemble des quais de Saône et du Rhône sont placés sous vidéoprotection afin de faciliter les interventions sur place et d'agir rapidement", ajoute-t-il. Benjamin Badouard poursuit : "C’est naturel de vouloir se baigner lorsqu’il fait chaud, surtout en période de canicule, mais cela doit se faire quand cela est sécurisé." La Ville de Lyon a donc pour ambition de développer les lieux de baignade encadrés, notamment la future piscine Kennedy, dans le 8e arrondissement, ou encore dans la darse de Confluence, dans le 2e arrondissement. "Plus il y a de piscines, moins il y a de risques, donc moins il y a de morts", a-t-il résumé.
Lire aussi : Canicule à Lyon : les piscines passent en horaires d'été
"Toutes les zones sont à risques"
Les professionnels ont ensuite embarqué sur un bateau pour une opération de contrôles sur le Rhône. Le lieutenant-colonel Laurent Meunier, responsable des spécialités nautiques, raconte : "Nos types d’intervention, ce sont les personnes qui sont aux bords de l’eau, qui veulent se rafraîchir, mais glissent sur les berges et se font emporter par les courants, des jeunes qui font des paris ou encore les sauts de pont. C’est là que l’on voit des victimes d’hydrocution." Pour résumer, "toutes les zones sont à risque en raison du courant", martèle-t-il.
Quant à la baignade dans des lieux surveillés, le lieutenant-colonel rappelle l’importance de bien se mouiller avant de rentrer dans l’eau, de s’immerger progressivement, et de garder un œil attentif à ses enfants.
Lire aussi : Les 10 meilleurs lieux de baignade autour de Lyon selon Google
