Maxence Curtenaz, fondateur-gérant de la galerie MC2M, et Julien Paganetti, expert en manuscrits et spécialiste de Serge Gainsbourg, sont les invités de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Du 18 juin au 29 août, la galerie MC2M, située dans le 2e arrondissement de Lyon, accueillera Serge Gainsbourg, trait de génie, une exposition-vente inédite consacrée à l'auteur de La Javanaise. Plus de cinquante pièces seront présentées au public, parmi lesquelles des photographies rares, des manuscrits originaux, des brouillons de chansons, des dédicaces, des vinyles signés ou encore des sculptures inspirées de l'univers du chanteur. " Nous présentons une exposition totalement inédite qui rassemble plus d'une cinquantaine de pièces ", explique Maxence Curtenaz. Ouverte gratuitement à tous les publics, l'exposition a également été pensée comme un moyen de rendre accessibles des documents habituellement peu visibles. " Nous sommes là pour montrer, accueillir, présenter et partager un moment autour de l'œuvre de Gainsbourg ", souligne le galeriste.
Des manuscrits et photographies jamais montrés au public
L'un des points forts de l'événement réside dans la présence de nombreux documents inédits issus de la collection de Julien Paganetti. Une vingtaine de manuscrits seront notamment exposés, dont des chansons rares des débuts de Serge Gainsbourg, des lettres adressées à son éditeur ou encore son célèbre questionnaire de Proust rempli de sa main. Le public pourra également découvrir plusieurs photographies inédites réalisées dans les années 1960. " Notre volonté était avant tout de présenter des documents qui n'ont jamais été montrés au public ", affirme Julien Paganetti. Pour Maxence Curtenaz, le choix de consacrer une exposition à l'artiste plus de trente ans après sa disparition s'est imposé naturellement : " C'est un artiste qui traverse le temps. Nous connaissons tous son nom, nous avons tous déjà chanté l'une de ses chansons, et il demeure une source d'inspiration. "
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La retranscription complète de l'émission :
Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction Lyon Capitale. Aujourd'hui, nous allons parler de culture et de l'homme à tête de chou, le chanteur, compositeur et poète Serge Gainsbourg.
Du 18 juin au 29 août, la galerie MC2M, à Lyon, au 21 rue Auguste-Comte, lance une exposition-vente inédite consacrée à cette icône de la chanson française.
L'exposition s'appelle Serge Gainsbourg, trait de génie et, pour en parler, nous recevons Maxence Curtenaz, fondateur et dirigeant de la galerie MC2M, ainsi que Julien Paganetti, expert en manuscrits et spécialiste de Serge Gainsbourg. Vous avez même écrit une autobiographie du chanteur.
Je me tourne vers vous, Maxence. Nous allons rentrer dans le vif du sujet. D'abord, qu'allez-vous donner à voir dans cette exposition ? Quels sont les objets qui seront montrés ?
Nous présentons une exposition totalement inédite qui rassemble plus d'une cinquantaine de pièces : des photographies, des manuscrits originaux, des dédicaces, des brouillons de chansons, ainsi qu'un ensemble d'objets, de vinyles dédicacés, de livres signés, de sculptures et de références à Gainsbourg réalisées par d'autres artistes. C'est tout un univers qui permet de mettre en avant le travail du chanteur.
Je continue sur cette lancée. À qui s'adresse cette exposition ? On entend bien qu'il y a des objets pointus et inédits, jamais exposés. Faut-il être un passionné pour venir, ou peut-on simplement être amateur ?
L'exposition est vraiment conçue pour être ouverte à tous. Nous nous adressons à tous les publics, jeunes ou moins jeunes. L'entrée est gratuite.
Nous sommes là pour montrer, accueillir, présenter et partager un moment autour de l'œuvre de Gainsbourg. Nous souhaitons aussi démocratiser certains sujets, présenter au public des pièces inédites et permettre à chacun de se faire plaisir. Nous avons également la volonté de proposer une gamme de prix assez large afin que chacun puisse repartir avec un souvenir.
Oui, c'est une exposition-vente, c'est important de le préciser. Il est donc possible d'acheter tout ce qui est exposé ? Toutes les pièces sont à la vente ?
Toutes les pièces sont à la vente.
Julien, je me tourne vers vous. Quels sont les documents ou les œuvres les plus rares présentés dans cette exposition ? Je crois que vous êtes venu avec des manuscrits inédits. Pouvez-vous nous les montrer et nous expliquer en quelques mots ce qu'ils sont ?
Bien sûr. Il y aura dans l'exposition une vingtaine de photographies, dont une grande partie est totalement inédite. Il y aura également une vingtaine de manuscrits. Je vous en ai apporté deux ici.
J'ai apporté, par exemple, une épreuve corrigée d'une chanson assez peu connue que Gainsbourg avait écrite pour Petula Clark en 1971, je crois. Une chanson qui s'appelle Flashback. On voit le texte tapé à la machine, corrigé en rouge : Gainsbourg modifie au dernier moment deux ou trois paroles et signe le document en bas de page.
Ce document appartenait à Petula Clark, qui l'a conservé pendant longtemps.
Le second est assez amusant.
Je ne suis pas très fort en musique, je n'y connais même rien, mais il s'agit de la partition de Poupée de cire, poupée de son, que Gainsbourg avait écrite pour France Gall, avec laquelle il avait remporté l'Eurovision en 1965, je crois. Elle est signée en bas de page.
J'ai pris deux documents au hasard. Il y aura, comme je vous le disais, une vingtaine de manuscrits, des chansons très rares de ses débuts dans les années 1950 qui n'ont jamais été présentées, des lettres à son éditeur, ainsi que le questionnaire de Proust, totalement unique, rempli de la main de Gainsbourg.
Il y a donc vraiment de quoi satisfaire ceux qui souhaitent aller plus loin et découvrir des objets totalement méconnus, voire jamais exposés. Je continue avec vous, Julien. Quel est le message de cette exposition ? Comment l'avez-vous pensée ?
Le fil rouge est justement de ne pas en avoir. L'idée est de présenter des documents hétéroclites couvrant toute la carrière de Gainsbourg, des années 1950 jusqu'à sa mort en 1991.
Notre volonté était avant tout de présenter des documents qui n'ont jamais été montrés au public.
Nous allons notamment présenter une série de photographies réalisées par Nicolas Tikhomiroff au début des années 1960, des photos qui n'ont été vues par personne.
C'est donc vraiment l'occasion de les découvrir.
Exactement. Il y a cinq ou six photographies totalement inédites, de mémoire. Il y aura également des clichés de Michel Ginfray, autre photographe parisien qui a immortalisé la célèbre séquence du billet de 500 francs brûlé dans l'émission 7 sur 7.
Il y aura aussi des manuscrits inédits, comme je vous l'ai dit, des sculptures et des livres dédicacés.
L'idée est de présenter environ 55 documents uniques et précieux.
C'est donc véritablement une exposition inédite. Maxence, je me tourne vers vous. Pourquoi avoir choisi aujourd'hui de consacrer une exposition à Serge Gainsbourg, alors qu'une grande partie du public ne l'a pas connu de son vivant ? Nous sommes tout de même plus de trente ans après sa disparition, en 1991, si je ne dis pas de bêtises. Pourquoi maintenant ?
Il y a deux constats.
D'abord, nous avons constaté qu'à Lyon, il manquait malheureusement des événements culturels de ce type. Nous avons réalisé une exposition autour d'Yves Saint Laurent au mois de décembre et nous avons réussi à susciter un véritable intérêt auprès du public lyonnais.
Nous avons donc cherché à renouveler l'expérience et à trouver un nouveau sujet populaire, capable de parler au plus grand nombre.
Après différents échanges avec Julien, nous nous sommes intéressés à Gainsbourg, à sa collection de manuscrits et à la possibilité de construire une exposition autour de cette thématique.
Nous avons donc voulu réitérer l'expérience.
Et je pense que, trente ans après sa disparition, ce n'est pas un problème. Je n'étais pas né non plus, je ne l'ai pas connu de mon vivant, et pourtant c'est un artiste qui traverse le temps. Nous connaissons tous son nom, nous avons tous déjà chanté l'une de ses chansons, et il demeure une source d'inspiration.
Je pense donc que cela parle à un public beaucoup plus large qu'on ne l'imagine, aussi bien à des jeunes de vingt ans qu'à un public plus âgé.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Nous avons déjà dépassé le temps imparti. Merci beaucoup, messieurs, d'être venus sur notre plateau.
Je le rappelle : l'exposition Serge Gainsbourg, trait de génie se tiendra du 18 juin au 29 août à la galerie MC2M, au 21 rue Auguste-Comte, dans le 2ᵉ arrondissement de Lyon. L'entrée est gratuite.
Merci d'avoir suivi cette émission. Retrouvez plus de détails sur l'actualité culturelle sur le site Lyon Capitale. À très bientôt.
